[Concours n°1] Résultats

 
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Mew
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MessagePosté le: Mer 28 Oct - 23:10 (2009)    Sujet du message: [Concours n°1] Résultats Répondre en citant
Enfin !!!
On a enfin réussit à récupérer les prix du concours n°1 de fanfictions que Tritter nous avait perquisitionné ! (Voir les résultats des votes sur [Concours n°1] Les votes)

Bref, on va pouvoir faire un truc un peu plus officiel :

1ère place

Volle-terrienne & Margot57




Nobody won't ever know how all of this happened         
            

Contexte : Tout début de la saison 5, bien avant le 5x05 et le 5x06
Avertissement : NC-17

Hopital de Princeton, 19h03

Foreman et Kutner venaient de vérifier une fois de plus si le patient était toujours stable. Pour l'instant, aucuns des effets secondaires redoutés n'apparaissaient, mais les deux médecins avaient toujours l'air inquiets. Heureusement, le traitement semblait fonctionner. Ils saluèrent brièvement la famille du patient, et quittèrent la grande chambre blanche, leur ayant indiqué qu'une infirmière passerait faire un contrôle dans une demi heure. Ils firent quelques pas dans le couloir, les mains dans les poches, pourtant toujours contrariés. Une voix les interpela :

- J'ai les résultats du labo!, leur annonça Thirteen. Les deux hommes ne s'attendaient pas à avoir la réponse aussi rapidement et ne purent cacher leur surprise. La jeune femme remarqua leur impatience, bien qu'ils soient restés mués, et continua :
- House avait raison, dit-elle sur le ton de la victoire.
Un « ouf! » de soulagement échappa instantanément de la bouche de ses collègues.
- House a toujours raison, nous n'aurions pas dû douter de son diagnostic, affirma Kutner.
- Il aurait pu le tuer aussi, il a pris un gros risque, contesta Thirteen.
- Mais il avait raison, triompha Foreman, le sourire aux lèvres, maintenant habitué à ce genre de situation.
Les deux autres médecins hochèrent la tête en signe d'approbation : le patient était sauvé, c'était l'essentiel.
- Taub est déjà reparti?, demanda Foreman.
- Il a eu les résultats?, continua Kutner.
- Oui, c'est lui qui a fait le test, il n'a pas posé de questions, alors je ne lui ai rien dit de plus, répondit simplement Thirteen.
- Tu lui as rien dit?
- Non, il a juste fait le test et n'a rien cherché à savoir, justifia la jeune femme.
- C'est pas vrai!, lacha Foreman en un soupir.
- Quoi?
Kutner ne disait rien, mais tout comme Foreman, il avait compris ce que cela impliquait.
- Tu connais Taub aussi bien que nous, dès qu'il fait un test il va déposer le compte rendu sur le bureau de Cuddy!
- ...
- Il est parti quand?
- Il y a dix minutes environ... répondit Thirteen, troublée.
- C'est pas vrai! Soupirèrent les deux hommes en choeur.
Les trois médecins comprirent qu'il était trop tard, la doyenne devait probablement être déjà au courant. Ils reprirent leur marche, se dirigeant vers les vestiaires pour prendre leurs affaires et rentrer chez eux.
- Elle va le tuer!, s'exclama Kutner.
- Tu crois?, plaisanta ironiquement Foreman.


19h17

Il était là. Le grand diagnosticien de l'hôpital, celui qui avait sauvé des centaines de vies, qui avait résolu des cas que personne n'osait prendre, CE médecin mondialement connu, oui; c'était bien lui... Les baskets trônant sur le sous-main de son bureau de verre, la couverture de son magazine moto lui couvrant entièrement le visage, les bras appuyés sur le dossier de sa chaise, lui improvisant un oreiller et la respiration lente et régulière; Gregory House était en plein travail : il dormait. Oh habituellement, il serait déjà rentré chez lui, son cas étant résolu, mais ce soir il devait attendre Wilson. Les deux amis avaient prévu d'aller passer la soirée dans un bar, et House s'était dit que ce serait mieux de l'attendre à l'hôpital afin de partir ensemble.
Plongé dans ses rêves, le médecin revint à la réalité et sursauta lorsque son téléphone portable se mit à hurler. Le magazine tomba au sol et il leva lourdement le bras en direction du téléphone. Sans avoir pris connaissance du numéro de l'appelant, il répondit sans attendre, presque certain de savoir de qui il s'agissait :
- Maman s'il te plait laisse moi dormir, j'ai fait mes devoirs et j'ai été sage!, ironisa-t-il en se portant en victime.
- House! Dans mon bureau!
- Mais ma...
- Tout de suite!, rétorqua Cuddy en raccrochant sans lui laisser le temps de répondre cette fois.
Comprenant qu'elle n'avait pas l'air de plaisanter, House s'exécuta malgré lui. Il quitta son bureau en sortant une sucette de sa poche puis l'inséra dans sa bouche, avançant péniblement jusqu'au bureau de la doyenne.
Il fit quelques remarques déplacées à deux ou trois infirmières qui se trouvèrent malheureusement sur son chemin, avant d'arriver devant les portes de l'enfer : le bureau de Lisa Cuddy.
- Je viens pour ma punition, cria-t-il en débarquant dans son bureau.
Surprise, car elle ne l'avait pas vu arriver, la doyenne sursauta. Elle leva le regard vers lui, ses yeux le transpercèrent :
- House! Qu'est-ce qui ne va pas chez vous?, l'interrogea-t-elle, manifestement en colère.
- Et bien puisque vous demandez, Greg junior se sent un peu seul en ce...
- House! Répliqua-t-elle à nouveau. Depuis quand traite-t-on un patient avant de poser un diagnostic?
- Attendez, qui a lâché le morceau? Je parierais sur Foreman, il a toujours été jaloux de moi, ironisa-t-il en faisant quelques pas vers le bureau auquel elle était assise.
- Votre patient aurait pu mourir.
- Mon patient est sauvé!
- Mais vous auriez pû le tuer!
- Heureusement pour vous... : je suis médecin, répondit House en replongeant sa sucette dans la bouche.
- Malheureusement pour vous, le conseil n'est pas de cet avis, dit-elle en rentrant dans son jeu, affichant victorieusement un large sourire. House leva les yeux au plafond :
- Je suis prêt à recevoir ma punition maitresse, lui lança-t-il, ayant adopté un air infligé.
- Si vous recommencez, ils vous convoqueront et je ne serai pas de votre côté, l'informa Cuddy.
House hocha simplement la tête mais resta au même endroit. La doyenne ne l'ayant pas entendu partir, leva à nouveau les yeux dans sa direction et lui lança un regard interrogatif :
- Un problème?
- Nope!, répondit House, la sucette toujours à la bouche.
- Bien alors sortez, lui dit Cuddy en lui indiquant la porte.
House se retourna et s'installa dans le petit fauteuil à côté de l'entrée. Cuddy ne comprenait pas vraiment ce qu'il voulait. Oh si, il voulait jouer ou la mettre en colère. Elle se leva et commença à rassembler ses affaires. Lui, était toujours occupé avec sa sucette.
- Vous partez?, demanda-t-il.
- Oui, voyez vous, certaines personnes ont une vie après 19h30, dit-elle, amusée.
House l'ignora complètement. Cuddy finissait de ranger ses affaires, et il en profita pour se lever et avancer vers la porte. La doyenne le suivit avec son porte document et sa veste, mais House s'arréta devant la porte. Cuddy dût stopper sa marche également. Surprise, et surtout lassée, elle demanda :
- Qu'est-ce qu'il y a encore? A ces mots, House se retourna.
- En fait je me demandais si vous accepteriez de me donner CE fauteuil pour mon bureau, dit-il en pointant du doigt le siège sur lequel il venait de s'asseoir.
- Dans vos rêves, très certainement, lui répondit Cuddy.
- Mais je suis un pauvre petit infirme, comment osez-vous? Dit-il avec un ton théâtrale.
- Le fauteuil de votre bureau est si terrible que ça?, dramatisa-t-elle en se moquant de lui.
- Non, en fait la seule chose de terrible dans cet hôpital c'est votre décolté, dit-il en se rapprochant d'elle, pointant du doigt le magnifique décolté plongeant de la doyenne. Cuddy roula des yeux et baissa son regard sur son décolté. Exaspérée, elle ferma un bouton supplémentaire, House sourit. Elle enchaina :
- Voilà, satisfait? Maintenant si vous le permettez j'ai autre chose à faire, lui dit-elle en avançant.
House lui barra l'accès à la porte avec son bras. Agacée, la doyenne soupira de colère. Mais avant qu'elle n'ouvre la bouche pour l'envoyer balader, House déplaça ses mains vers le haut de son décolté et s'attarda sur le bouton qu'elle venait de refermer. Il réouvrit le malheureux bouton en effleurant légèrement et involontairement la peau douce de la doyenne.
Manifestement en colère, Cuddy lui offrit son pire regard avant d'avancer franchement vers la porte. House enleva son bras, lui libérant ainsi le passage.
- Vos call-girls ne veulent plus de vous alors vous espérez qu'avec moi ça va marcher?, le toisa-t-elle en se moquant de lui. Elle passa la porte et lorsque son visage ne fut plus dans la ligne de mire de House, elle afficha un sourire flatté, révélant à quel point ce contact l'avait transportée, sentant encore la chaleur des longs doigts de House sur sa peau.
House lui, n'avait pas bougé et se retrouvait là tout seul, un peu perdu. Cependant, il se reprit vite et en profita pour hurler, assez fort pour que toutes les personnes à l'accueil puissent l'entendre :
- Ne vous inquiétez pas Dr Cuddy, vos petites fesses étaient parfaites pour ce strip tease!
La doyenne ainsi que toutes les infirmières entendirent la remarque, elle leur adressa un sourire gêné et se pressa pour sortir de l'hôpital, terriblement mal à l'aise.
House était fier de lui et sourit de satisfaction en voyant sa patronne se précipiter vers la sortie, probablement rouge de honte. Sa minute d'auto-vénération et de fierté fut subitement interrompue :

Mmm bop, ba duba dop
Ba du bop, ba duba...

House fouilla les poches de sa veste et en sortit son téléphone. Remarquant que l'appel venait de Wilson, il décrocha :
- C'est pas trop tôt, t'es pire qu'une femme Wilson! L'oncologue sourit à l'autre bout de la ligne.
- Oui mais je suis la femme qui te paye un verre à chaque fois, n'oublie pas ça, plaisanta-t-il.
- Hé, ne crois pas qu'un seul verre va suffire à te faire pardonner!, affirma le diagnosticien.
- House... reprit plus sérieusement l'oncologue. Je ne peux pas venir ce soir, je viens d'être appelé pour un patient à l'autre bout de la ville, ils ont besoin de moi, expliqua-t-il.
- Moi aussi j'ai besoin de toi!
- Tu ne vas pas mourir toi, aussi!
- Qu'est-ce que t'en sais?, dramatisa House.
- On remet ça à vendredi allez, dit Wilson pour en finir.
- Tu préfères un rencard avec un cancéreux plutôt qu'avec moi, je croyais qu'on était amis Jimmy!, pleurnicha faussement House.
- Tu t'en remettras. Et si tu tiens tant à y aller, vas-y sans moi, rien ne t'y empêche.
- Non tout compte fait j'ai d'autres plans pour ce soir, dit House un peu plus sérieusement.
- Laisse-moi deviner, V& B?, demanda Wilson en riant.
- Yep! Allez, tu salueras les petites tumeurs pour moi!
- Bonne soirée House... soupira Wilson avant de raccrocher.

House quitta le bureau de Cuddy et sortit de l'hôpital pour prendre sa moto afin de rentrer chez lui. Les plans avaient changé pour ce soir, au lieu d'une virée en duo avec son meilleur ami; ce serait une partie à trois avec V & B, Vicodine et Bourbon...


Appartement de House, 2h38

Des images qui se succèdent, le noir, des flashs, des couleurs, le silence : une télévision sans son, allumée. En face, un homme, House, affalé sur le canapé de cuir noir, allongé sur le dos, la bouche légèrement entre-ouverte, la tête reposant sur l'accoudoir de droite. Sa jambe ne lui fait pas mal, il ne semble même pas la sentir, il s'en fiche, il est bien. Sur la table, une boite de vicodine abandonnée, presque vide, le bouchon est ouvert; on ne compte que deux comprimés survivants. Au sol, une bouteille de Bourbon achevée, sous le canapé, ayant probablement roulé en échappant des mains de son propriétaire. Absence totale de mouvement, seul le téléphone hurle.

House était rentré directement chez lui après avoir quitté l'hôpital. Déçu de ne pas pouvoir passer la soirée avec son ami, il avait décidé de se réfugier dans l'alcool. Il avait commencé à boire vers 21 heures et s'était nourri sainement avec de la vicodine, tout en regardant sans intérêt un match de baseball. Agacé et assommé par le fabuleux cocktail médoc-alcool, House avait juste eu le temps de couper le son de la télévision avant de s'effondrer sur le canapé.

Il n'entendait même pas le téléphone sonner et ça l'arrangeait bien de toute façon. Un appel manqué. Deux. Trois, quatre, cinq, six, sept. Quatre autres suivirent, rien, pas de réponses : Foreman commençait à perdre patience. Tant pis.

Il utilisa le plan B : Cuddy.

Après s'être excusé de l'avoir dérangée en pleine nuit, il lui expliqua que le patient que House avait – de manière très justifiée – sauvé tout à l'heure, présentait de nouveaux symptomes. Le traitement avait été le bon, mais là c'était quelque chose de nouveau, une nouvelle pathologie. Foreman lui confia que House ne répondait pas au téléphone malgré la douzaine d'appels qu'il avait passé. Cuddy lui conseilla d'aller le voir chez lui et de le tirer du lit, mais le médecin lui confia que ni lui ni aucun membre de l'équipe ne pouvaient y aller, ils étaient tous coincés à l'hôpital à cause du patient. Quand la doyenne proposa à Foreman de contacter Wilson pour lui demander d'aller chercher House, il lui répondit malheureusement que l'oncologue était à l'autre bout de la ville pour un cas médical difficile. Cuddy soupira après avoir raccroché le téléphone, ayant assuré à Foreman qu'elle allait s'en occuper.

Elle l'appela à son tour, un peu plus de cinq fois, mais toujours rien. En colère, elle enfila une tenue avant de se maquiller rapidement. Oh ça, il allait lui payer! La faire sortir du lit au beau milieu de la nuit pour qu'elle aille le chercher, c'était quelque chose dont il allait se souvenir!

A 3h17, Cuddy arriva enfin et gara la voiture juste devant l'entrée de l'immeuble. Elle insista sur la sonnerie trois fois avant de décider de pénétrer dans son appartement. Elle ouvrit la porte et remarqua aussitôt la télévision en marche avant d'apercevoir House, allongé paisiblement sur le canapé. Il avait les yeux clos et un léger sourire pouvait se voir sur ses lèvres. Oh il ne savait pas tout ce qui se passait et ce qu'elle lui réservait, il était si bien.

La doyenne s'empara du plus gros livre de médecine de la table. Le sourire aux lèvres, impatiente de faire le geste, mais le regard noir, impatiente de lui passer un savon aussi, elle lacha avec désintérêt complet le manuel sur le corps de son employé.

Arraché et tiré hors du lourd sommeil dans lequel V & B l'avaient plongé, il émit un cri de surprise et de peur :
- Aaaaaah!
- Réveil difficile?, répondit Cuddy avec sarcasme.
House ne l'avait pas encore vue, mais entendre sa voix dirigea son regard sur la droite, où elle se tenait debout, les bras croisés, manifestement en colère.
- Si vous comptez sur moi pour coucher avec vous, je crois que vous allez devoir vous y prendre autrement, lui envoya House en grimaçant, après avoir passé une main sur son visage.
- Foreman essaye de vous joindre depuis plus de trois quarts d'heure, lui dit-elle, décidant d'ignorer complètement sa remarque.
- J'ai toujours su qu'il était du genre à aimer les parties à trois!, ironisa House.
- House ça suffit!, gronda Cuddy. Votre patient présente de nouveaux symptomes...
- Mon patient est sorti d'affaire, l'interrompit House.
- Il semble qu'il y ait autre chose, insista Cuddy.
House s'apprêtait à répondre lorsque son téléphone se mit à hurler de nouveau. Cuddy s'empara du téléphone et après avoir vu qu'il s'agissait de Foreman, elle tendit le téléphone à House.
- Hé j'en veux pas moi, dit-il en refusant. Cuddy soupira et leva les yeux au plafond avant de décrocher.
- Oui Foreman?
- Dr Cuddy, vous êtes chez House?, demanda-t-il étonné.
- Oui je viens d'arriver, comment va le patient?
House ne disait rien mais roulait des yeux en observant Cuddy. Il se redressa dans le canapé pour s'asseoir. Cuddy s'assit dans le fauteuil qui lui faisait face.
- Kutner et Taub cherchent des pistes et je suis en train de faire de nouvelles analyses avec Hadley, expliqua-t-il.
- Quuuels sooont les symptomes?, hurla House. Cuddy mit le haut parleur.
- Eruption cutané, obstruction momentanée des voies respiratoires, augmentation du rythme cardiaque.
House, Cuddy et Foreman restèrent une dizaine de minutes à proposer toutes sortes de diagnostics possibles, mais aucuns d'eux ne collaient avec le dossier du patient. Cuddy avait prit part à la résolution du cas naturellement, sans s'en rendre vraiment compte; et House s'était emparé des deux comprimés de vicodine restants. Le patient avait quelque chose de totalement indépendant de la première pathologie qu'ils avaient soigné plus tôt dans la journée.
- Nous avons écarté toutes les possibilités, tout ce qui aurait pu causer ce genre de symptomes!, résuma Cuddy.
- Et les tests et analyses ne révèlent rien, continua Foreman.
- Donc on abandonne et on explique à sa famille qu'il va mourir?, toisa House.
- House! Soupira Cuddy, exaspérée. Il y a forcément quelque chose qui nous échappe...
- Quand est-ce que les troubles respiratoires ont eu lieu?, demanda House soudainement.
- A chaque fois que sa femme et sa fille sont venus verser du poison dans sa perfusion quand nous avions le dos tourné, dit Foreman pour en finir, lassé.
- House vous devriez arrêter de croire que les gens veulent toujours se débarrasser de leur famille!, ajouta la doyenne, lassée elle aussi.
- Quel âge a sa fille?, demanda House en se redressant un peu plus dans le canapé.
- En quoi est-ce important médicalement?, rétorqua Foreman.
- Quel AGE a sa fille?, insista House.
- Je ne sais pas exactement, entre 4 et 6 ans je dirai, et alors? Cette enfant essaye de tuer son père, voilà votre idée? Se moqua Foreman.
- Peut être bien, répondit House. Cuddy ne disait rien mais avait l'air perplexe, elle ne comprenait absolument pas où il voulait en venir. Le diagnosticien continua :
- En général à cet âge on croit au père Noël, au bisou magique, que les cigognes apportent les bébés, que Mickey et Minnie ne couchent pas ensemble...
- House!, s'impatienta Cuddy.
- ... Mais aussi que le Doudou a des pouvoirs magiques qui pourraient sauver Papa!, dit House comme s'il racontait une histoire.
Cuddy et Foreman ne disaient rien, surpris et semblaient attendre quelque chose.
- Vérifiez sous l'oreiller!, ordonna House à Foreman. Celui-ci s'exécuta et comme l'avait annoncé House, il dénicha un vieux morceau de tissu de sous l'oreiller du patient qui dormait.
- Foreman?, demanda Cuddy, ne l'entendant plus.
- Le tissu est couvert de pollen, la petite a dit tout à l'heure qu'elle a été jouer dans le parc de l'hôpital et ...
- Le patient est allergique au polleeeeen!, dit House, s'étant levé et ayant prit le téléphone des mains de Cuddy.
- Oui et le...
- Dites à la petite abbeille qu'elle a failli tuer « papa » et traitez le patient pour l'allergie, ordonna House en raccrochant.
Il jeta ensuite le téléphone avec désintérêt dans le canapé et regarda Cuddy :
- Et un patient mort de moins à noter sur votre tableau de la honte, triompha House.
- Et deux heures de consultations supplémentaires pour m'avoir faite lever en pleine nuit!, enchaina Cuddy sur le même ton qu'House.
- Et pour avoir sauvé une vie? Rien?, quémanda-t-il.
- Je vous paye, pour ça, renvoya Cuddy.
- Aucune reconnaissance, dit-il en se dirigeant vers le placard où sa vicodine était stockée. Cuddy se leva et le vit en sortir une boite de vicodine neuve. Elle s'empressa de le rejoindre en lui demandant :
- Vous n'en avez pas déjà prit assez ce soir?, dit-elle en fronçant les sourcils.
- Ma jambe me dit que non, répondit House en enlevant l'emballage de protection avec ses dents.
- Vous ne devriez pas en prendre, s'inquiéta Cuddy.
- Ce n'est pas à vous de me dire si j'ai mal ou pas, lui dit House pour la faire partir.
- House!, soupira Cuddy en lui arrachant la boite.
- Ma vicodine!, grogna-t-il en tendant sa main. Il commençait à perdre patience et ne comprenait pas pourquoi elle s'en souciait tant et agissait de cette façon.
Cuddy leva les yeux vers lui avec hésitation et croisa son regard. Elle était complètement perdue et ne savait plus comment réagir.
- J'ai mal, j'en ai besoin!, dit House, en insistant à nouveau, la main toujours tendue vers Cuddy.
La doyenne ouvrit le tube de vicodine et en sortit un seul comprimé. Sa main hésitante se plaça juste au dessus de celle de House. Il la regardait faire, il voyait à quel point elle semblait génée.

Destabilisée.

Destabilisante...

Au moment où elle lacha le comprimé, il saisit le bout des doigts de la jeune femme. Le médicament tomba au sol. Désemparée et transportée par ce contact si soudain, si rassurant, son autre main perdit tout contrôle et le tube de vicodine lui échappa avant de chuter lui aussi.

C'était finit.

House ne libérait pas ses longs doigts fins, il les tenait toujours, pas vraiment sur de ce qu'il était en train de faire. Il la regardait. Non, il l'admirait.

Ses cheveux...

Il avait eu beau lui dire toutes ces choses sur ses décoltés, ses jupes, ses jambes et ses fesses, depuis des années rien que pour la mettre en colère, cela ne changeait rien au fait qu'il la trouvait belle.

Ses yeux...

Oh, combien de fois lui avait-il fait de fausses avances en se cachant derrière l'apparence de l'humour.

Sa bouche... Il avait toujours détesté apprendre qu'elle avait un rendez-vous avec quelqu'un, l'imaginer avec un autre homme le dégoutait. Un autre homme que lui...

Tout à l'heure déjà, il avait osé un premier contact et tenté une approche en s'occupant du bouton de son décolté, mais il se disait qu'il avait encore dû passer pour le roi des pervers, le roi des cons tout simplement. Il n'avait jamais vraiment réfléchi à une façon de lui faire comprendre qu'il aimerait être autre chose que « l'employé qui se permettait des remarques sur ses fesses ». Là il venait de se lancer dans une entreprise sans issues. Ses doigts, il les tenait.

House, perdu, pour la première fois. Du jamais vu.

Pourtant, il avait remarqué qu'elle ne semblait pas être en colère ou agacée. Elle le regardait, elle aussi, tout aussi transportée, mais ça, il ne pouvait le savoir. Voulant s'assurer qu'elle avait bien conscience de la situation, il augmenta légèrement la pression de ses doigts sur les siens. Un frisson l'envahit.

Il perdait contrôle, n'importe quoi.

Elle, sentit les doigts de House resserrer le contact et baissa les yeux en direction de leur mains. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait rien. Elle n'avait jamais compris... Elle n'osait plus relever les yeux à présent, tellement gênée, tout était bien réel. Mais qu'est-ce qu'il fabriquait?

Il ne savait pas comment il en était arrivé là, il avançait en terrain inconnu. Dans ce chemin il était seul, aveugle.

Il lui avait resserré les doigts comme pour la prévenir, pour la supplier de le gifler si elle n'était pas d'accord. Oh, il aurait reçu la main de la doyenne sur la figure sans contestations, il l'aurait bien mérité de toute façon. Mais le problème pour lui, c'est qu'elle n'avait rien fait de tout cela.

Tant pis, il avait assez attendu.

D'une main tremblante, il l'amena très doucement et très lentement à lui, tirant progressivement sur ses doigts fins. Son autre main se dirigea vers le cou de la doyenne, son pouce se fixa sur sa joue, et le reste de la main sur sa nuque. Avant qu'elle ne parvienne à réaliser tout cela, House posa délicatement ses lèvres sur les siennes. Il l'embrassa doucement, il prit son temps, capturant chaque instant où ses lèvres glissaient lentement et précieusement sur les siennes. Oh il aurait pu mourir sur le champs, rien n'aurait pu lui enlever son plaisir. Il ferma les yeux, elle aussi. Enfin.

Apaisés.

Par un baiser.

Cuddy s'était laissée faire et n'avait montré aucun signe de protestation, envoutée par le fabuleux baiser qu'il lui offrait. Jamais elle n'avait été embrassée ainsi. House n'embrassait pas seulement bien, non; il y avait quelque chose d'indescriptible qui faisait qu'elle pouvait ressentir tout ce qu'il éprouvait lui-même, et cette émotion l'envahissait à chaque caresse de leurs lèvres.

Après le baiser le plus spectaculaire qu'il n'ait jamais osé donner à une femme, House ôta ses lèvres de celles de Cuddy, très lentement, regrettant déjà de l'avoir rompu. Mais contre toute attente, la jeune femme vint se blottir un peu plus contre lui et, ne tenant plus, elle l'embrassa à son tour, laissant échapper un petit soupir incontrôlé. Ses bras trouvèrent naturellement leur place autour du cou de House. Il, remonta une main dans le haut de son dos, et descendit l'autre plus bas. Elle resserra l'étreinte. Lui aussi.

Rapidement, les choses se précisèrent. Le baiser devint plus passionnel, leurs langues entrèrent en contact, pour leur plus grand bonheur. House tremblait de plaisir et Cuddy gémissait déjà dans sa bouche. D'un geste contrôlé, il pivota et plaqua Lisa contre la porte du placard, pressant son corps contre le sien. Elle voulu gémir mais il l'en empécha, imposant sa langue dans la bouche de la doyenne. Leurs mains découvraient leur corps, caressaient chaque endroit qui s'offrait si généreusement à eux. Leur respiration devenait de plus en plus courte et saccadée.
Lisa descendit lentement ses mains au col de sa chemise et, se décollant doucement de la paroi de la porte, elle le guida vers le mur opposé, avançant sans hésiter, le faisant reculer avec détermination. A son tour elle le colla contre la paroi du mur, entreprenant de déboutonner les boutons de sa chemise, alors qu'elle goutait avec envie à ses lèvres. House sourit contre sa bouche et parvint à glisser sa main sous son haut, remontant progressivement, caressant la peau douce de la femme qui s'offrait à lui. Avec l'aide de son autre main, il parvint à enlever le morceau de tissu noir, tandis qu'elle fit glisser sa chemise au sol. Il se retrouva torse nu, elle se retrouva en soutient-gorge. Il pressa son corps contre le sien, la collant avec fureur, exaltant de plaisir à la sensation de sa poitrine contre lui.

Descendant à nouveau ses mains, il fit coulisser la fermeture de sa jupe, celle-ci tomba immédiatement au sol, sans protester. S'étant débarassée de ses escarpins, Lisa s'attarda sur le jean de House. Elle enleva le premier bouton et continua, abaissant la fermeture éclair. Profitant de l'occasion, House l'emporta avec lui dans un demi tour, et la colla à nouveau au mur, pressant son bas ventre contre ses petites mains qui n'avaient pu bouger, lui faisant sentir son membre gonflé, brulant de désir. Brulant pour elle.

Animée et excitée par ce contact, elle déchaina son envie sur ses lèvres, mordillant légèrement sa lèvre inférieure au même moment où elle inséra une main dans son boxer. House grogna de plaisir en sentant sa petite main agile entourer son membre. Ils n'avaient pas rompu leur baiser et House gémit encore un peu plus fort lorsqu'elle se mit à le caresser de haut en bas.

Il ne tenait plus, elle allait le faire atteindre l'orgasme avant même qu'il n'ait pu commencer. Se reprenant difficilement, il dégrafa son soutient gorge, libérant sa délicieuse poitrine, avant de l'emmener avec lui dans la chambre. Elle se laissa faire, et sortit sa main de son boxer, afin d'abaisser son jean sur le chemin qui menait au lit. House la fit basculer sur le matelas et ne perdit pas de temps pour la rejoindre. Il recouvrit son corps avec le sien, se collant à elle si fort qu'elle avait l'impression qu'il pensait qu'elle pourrait encore avoir envie de s'enfuir. Oh non.

Pas après tout ça. Non.

Elle succomba de plaisir lorsqu'il mordilla son téton, caressant avec soin son sein, alors qu'il massait l'autre avec envie. Lui aussi savait comment la combler. Après quelques minutes de caresses acharnées, Lisa lui fit comprendre qu'elle le voulait tout en elle. Maintenant.

Il enleva rapidement son boxer et fit glisser doucement la petite culotte en dentelles de sa patronne. Alors qu'il s'apprêtait à entrer en elle, il lui offrit un baiser langoureux, puis tendre, la dévorant des yeux. Elle croisa son regard.

Il la pénétra avec une douceur exceptionnelle, lui arrachant un gémissement de plaisir. Elle positionna ses mains autour de son cou, mourant devant le regard que lui donnaient ses yeux bleus. House débuta son mouvement de va-et-vient, se voulant d'abord lent, puis rapide. Il la sentait trembler dans ses bras, ses yeux se fermaient à chaque poussée et elle ne pouvait contenir la vague de plaisir qu'il avait réussi à lui procurer. Il l'admirait, elle était si belle.

Il la possédait.

Elle était à lui. Toute entière.

Il se donnait à elle sans retenue, voulant la combler comme jamais elle n'aurait pu imaginer l'être. Il souhaitait si fort qu'elle se souvienne de cette nuit pour toujours... Lorsqu'il sentait qu'elle était proche de l'extase, il ralentissait le mouvement. Il la torturait. Il le savait. Elle, ne pouvait plus rien faire, elle lui appartenait déjà...

House se sentait plus fort à chaque cri qu'il parvenait à lui arracher, il se serait tué pour elle. Il approchait de plus en plus du but, il le savait. Continuant toujours le mouvement de ses hanches, il l'embrassait passionnément, sur la joue, les lèvres, dans le cou. Sa langue arrivait encore à trouver la sienne, et il l'entendait gémir de plus en plus fort. House précisa les choses, accélérant franchement la cadence. Aussitôt, elle se mordit fermement la lèvre inférieure, mourant de plaisir. Quelques secondes après, elle étouffa un cri dans le creux de l'épaule de son amant.

Se sentant proche, House saisit avec douceur la cuisse de Lisa, faisant remonter sa jambe dans son dos pour permettre un accès plus grand. Il insista cette fois, plus fort : de tout son membre il entra en elle encore plus profondément qu'il ne l'avait été jusqu'à présent, atteignant un point qu'il n'avait encore jamais touché. Il lui fit perdre la tête, et elle gémit de plaisir bien plus fort, ne pouvant contrôler ces mots qui lui échappèrent :
- Oh mon diiieu! House...
Quelques secondes après, une vague de plaisir sans pareille lui parcourra le corps alors qu'elle atteignait l'orgasme. House la suivit immédiatement, explosant, se déversant en elle...

Jamais un homme ne lui avait fait aussi bien l'amour.

House resta en elle encore quelques instants et l'embrassa une dernière fois avant de se retirer. Elle resta du côté droit, et lui prit le côté gauche. Il respirait avec difficulté, elle encore plus et aucuns des deux n'osaient parler. Elle pouvait le sentir encore en elle, et essayait de réguler sa respiration avec peine. Au bout de quelques instants, House osa un regard sur le côté et s'aperçut qu'elle avait déjà fermé les yeux, probablement endormie.

Il sourit de plaisir, mêlé à un sentiment de fierté, de bien être. Il était si bien.

Après quelques minutes à se rappeler de l'expression de son visage à chaque fois qu'il s'était osé un peu plus en elle, il s'endormit, apaisé.

Cependant, ce qu'il ne savait pas, c'est qu'elle, était bien loin d'être endormie. Elle avait peur maintenant, presque gênée de ce qui venait de se produire. Regrettait-elle déjà? Oh elle ne savait le dire, mais une chose était sure, elle n'était pas aussi détendue que lui. Avait-elle honte? Peut être...
Terriblement perdue, elle sortit du lit en prenant grand soin de ne pas le réveiller. Elle ramassa hâtivement ses vêtements et se précipita dans le salon, désemparée. Elle voulait quitter cet appartement tout de suite. Non elle était incapable de rester, sa raison lui disait non et son coeur n'était jamais assez fort pour l'emporter. En quelques minutes, elle était déjà de nouveau habillée. Se dirigeant vers la porte pour partir, elle trébucha dans la boite de vicodine qui était restée au sol depuis tout à l'heure. Le bruit réveilla House, qui sursauta. Un peu perdu, il regarda autour de lui, mais ne trouva qu'une place vide, encore chaude... Lorsqu'il réalisa enfin qu'elle n'était plus là, il entendit la porte de l'entrée claquer, suivi de petits bruits de talons qui s'effacèrent peu à peu.

Pourquoi? Pourquoi était-elle partie?

Noooooon! Hurla-t-il.

Soudain, le silence fut rompu par des pleurs. Les pleurs venaient d'un enfant, un bébé. Mais qu'est-ce qui se passait bon sang? Ou était-elle? Et pourquoi personne ne faisait taire ce bébé? Il allait craquer. Il ne comprenait plus rien.

Tout à coup, il se réveilla dans une chambre qui n'était pas la sienne. Il ne la reconnaissait pas encore. Ou était-il? Qu'est-ce qui se passait? C'était à rien y comprendre. Mais...

Il réalisa enfin qu'il avait rêvé.

Wilson, le patient, l'équipe, le coup de fil, Cuddy... ce n'était qu'un rêve. Oh tout cela avait parut pourtant si réel, si vrai. Non, un simple rêve.

Il savait où il était. Il savait pour la chambre. Oh... il savait parfaitement où il était.

Les pleurs ne cessaient pas, et ça par contre il ne comprenait toujours pas. Bon sang! Est-ce que ce bébé allait enfin se taire, se demanda-t-il.

Soudain, une voix se fit entendre :

- C'est ton tour!
- Mon tour? De quoi?, demanda-t-il.
- J'y suis allée il y a deux heures!

Oh. La réalité faisait enfin surface. Il se leva, enfila un caleçon et fit quelques pas dans la chambre, en direction de la porte.

- Elle tient vraiment de toi pour ça, dit Cuddy...

[Fin]






Jaune citron
        

Il n’était pas venu la voir.

Elle savait qu’il était sorti depuis deux semaines, et il n’était toujours pas venu.

 Il passait la majeure partie de son temps avec Wilson. Il avait besoin de reprendre ses repaires, lui avait assuré l’oncologue. Quand elle lui avait demandé si elle ne faisait pas partie de ses repaires, elle qui le connaissait depuis vingt ans, elle qui passait ses journées à lui courir après, il avait fait un pâle sourire et avait répondu qu’il ne savait pas. La vie était drôlement mal faîte… Avant son internement, n’était-ce pas à elle qu’il s’était adressé en premier ? N’était-ce pas à elle qu’il avait avoué qu’il n’allait pas bien ? N’était-ce pas sa main qui avait caressé sa joue ? Elle secoua la tête et sourit à Rachel qui s’amusait à empiler des cubes et qui riait aux éclats dés qu’elle les faisait tomber.  Peut-être y avait t-il autre chose, après tout.  Peut-être qu’il l’avait simplement oublié, qu’il l’avait rayé de sa vie comme on raye un vieil ami de son carnet d’adresse. Elle se disait que ce n’était pas grave, qu’elle n’avait pas besoin de lui. Alors pourquoi se sentait elle aussi seule, pourquoi les larmes envahissaient ses yeux dés qu’elle voyait son bureau désespérément vide ?

Sa fille se frotta les yeux et laissa échapper un bâillement. Le regard de Cuddy s’attarda un peu sur la pendule du magnétoscope, dont les chiffres digitaux lui apprirent qu’il était neuf heures moins cinq. Elle souleva la petite, la câlina un moment avant d’aller la mettre au lit. Dés que sa respiration se fit plus régulière, la jeune femme quitta la chambre de l’enfant et se dirigea vers son salon. La pièce était uniquement éclairée par la lampe de chevet posée sur la table basse, des jouets jonchaient le sol, la télévision allumée annonçaient qu’il y avait encore eu un attentat suicide en Afghanistan. Wilson lui avait conseillé de l’appeler, pour commencer. Elle y avait pensé, bien sûr, mais n’avait toujours pas osé le faire.

Elle contempla un instant son téléphone et composa le numéro de House, qu’elle se surprit à connaître par cœur. Elle porta l’appareil à son oreille et attendit.

Une sonnerie…

Deux sonneries…

Trois sonneries…

« _ Allo ? »

Elle fronça les sourcils en identifiant une voix de femme.

« _ Bonsoir, pourrai-je parler à Gregory House s’il vous plaît ?

_ Je vous le passe. C’est de la part de qui ?

_ De la part de Lisa. Lisa Cuddy. »

Elle crû entendre une discussion, puis la voix du diagnosticien retentit dans le combiné.

« _ House ?

_ Non, St Nicolas.  Qu’est-ce que vous voulez ?

_ Juste prendre de vos nouvelles. Vous vous êtes rabiboché avec les call-girls à ce que j’entends.

_ Heu… Ca m’étonnerait que Sally apprécie la comparaison.

_ Sally ?

_ C’est bien ce que je viens de dire. Je vais bien Cuddy. Pas la peine de vous faire du souci pour moi.

_ Quand est-ce que vous reprenez votre poste ? » demanda t-elle pour changer de sujet.

Elle l’entendit soupirer.

« _ Pas tout de suite. Laissez-moi un peu de temps.

_ Bien sûr. Foreman se débrouille très bien.

_ Je vous laisse. A plus. »

Il raccrocha sans qu’elle n’ait le temps de placer un mot.

« _ C’était qui ? demanda Sally, les bras croisés sur sa poitrine.

_ Mon boss.

_ Cuddy ?

_ Yép. Chinois, Thaï, Italien ?

_ Indien. Poulet tandoori pour moi.Qu’est-ce qu’elle voulait ?

_ Savoir si j’étais toujours partant pour l’accompagner dans une boîte échangiste.

_ Greg ! Tu ne peux pas répondre directement ? »

Il leva les yeux au ciel et se leva pour poser ses mains sur ses hanches. Elle le chassa et alla s’asseoir sur le canapé, une moue boudeuse sur le visage.

« _ Elle voulait simplement savoir comment j’allais. Pas la peine d’en faire un plat.

_ Eh ben tu vois ! »

Il prit place à côté d’elle et ne protesta même pas quand elle posa sa tête sur son épaule. Il se mit à jouer avec une de ses mèches de cheveux et pianota sur sa cuisse.

« _ Tu devrais peut-être lui dire de venir.

_ C’est bon, je viens de l’avoir au téléphone…

_ Arrête, c’est totalement différent.

_ Elle n’a pas envie de me voir.

_ Qu’est-ce que tu en sais ?

_ Sally, j’ai dit à tout son hôpital que j’avais couché avec elle !

_ Mais tu croyais que c’était la réalité ! Je suis sûre qu’elle t’a pardonné.

_ Dans le genre rancunier, je peux te dire qu’elle est tenace. En plus, elle a une gosse et elle va pas la laisser toute seule en plein milieu de la nuit.

_ C’est toi qui vois. Mais promets-moi que tu la rappelleras. »

Il soupira et fini par accepter.

Cette femme faisait de lui ce qu’elle voulait…

Entendre Cuddy l’avait ramené à la réalité. Fini l’hôpital, fini le traitement. Il était plus libre qu’il ne l’avait jamais été ; plus de Vicodin, plus de dépendance...

Mais une petite amie qui semblait beaucoup trop tenir à lui. Sally était aide soignante à Mayfield et elle avait immédiatement senti que House avait besoin d’aide.  Il avait eu un peu de mal à l’accepter parce qu’elle était vraiment curieuse ; elle passait son temps à lui poser des questions sur sa vie personnelle et à essayer de le comprendre.

Un jour il l’avait embrassé pour la faire taire et elle avait pris ce baiser pour une invite à aller plus loin. Encore aujourd’hui, il se demandait ce qu’elle lui trouvait ; il s’était montré plus aigri que jamais, lui avait dit de se la fermer un bon millier de fois, l'avait traiter de tous les noms d'oiseaux... Mais elle n'avait pas laché le morceau.

Sally était la seule alliée d’House à l’hôpital et elle s’arrangeait toujours pour lui autoriser la prolongation des promenades ou des appels. Il n’était surement pas amoureux d’elle, mais il appréciait sa compagnie. En plus, elle était plutôt jolie et ne se laissait pas faire… Il posa les mains sur ses hanches et lui offrit un de ses rares sourires.

Cuddy raccrocha maladroitement le téléphone et s’allongea sur le canapé, ses yeux fixant le plafond. Les larmes ne tardèrent pas à couler sur ses joues, suivies des inévitables sanglots qui secouèrent son corps.

House avait une petite amie.

Probablement rencontrée à Mayfield. A quoi s’attendait-elle ? Elle devrait être heureuse pour lui, heureuse qu’il est trouvé quelqu’un… Mais maintenant, c’était elle qui était toute seule. Elle se demanda à quoi pouvait ressembler cette Sally… Surement blonde, avec une poitrine généreuse. Elle se leva de son canapé et alla directement dans sa chambre où, dés que sa tête entra en contact avec l’oreiller, elle s’endormit.

Le lendemain, elle fut réveillée par la sonnerie du téléphone. Encore groggy, elle décrocha et marmonna un « Allo » emprunt de sommeil.

« _ Lisa ? Je vous réveille ? »

Elle jeta un coup d’œil à l’horloge au dessus de sa commode et se demanda qui était déjà debout à 7 heures un dimanche matin.

« _ J’allais me lever de toutes façons. Que me vaut votre appel Wilson ?

_ Je sais qu’il est très tôt mais je voulais vous demander si vous aviez appelé House.

_ Ca ne pouvait pas attendre 9 ou 10 heures ?demanda t’elle, exaspérée. »

Il se perdit en excuses et elle soupira.

« _ Je lui ai téléphoné hier. Il a l’air d’aller bien.

_ Il vous a parlé de S…

_ C’est elle qui a décroché le téléphone.

_ Ah. Il s’éclaircit la gorge et Cuddy devina qu’il se grattait la tête.

_ Ils se sont rencontrés à Mayfield ?

_ D’après ce que j’ai compris, c’était une aide soignante qui s’occupait particulièrement bien de House.

_ Je vois, dit-elle amèrement. Juste… En quoi est-ce que cela me concerne ?

_ J’ai pensé que vous aimeriez savoir. Je sais que vous vous êtes beaucoup rapproché cette année et…

_ Foutaises. L’interrompit-elle, un peu trop brutalement. Il a refusé obstinément tous mes appels, toutes mes visites. Il a crié sur tous les toits que nous avions couchés ensemble.

_ Il y croyait vraiment Lisa… Il… Il était persuadé que c’était vrai.

_ Et ? Quand vous couchez avec quelqu’un vous le dîtes à tous les gens que vous croisez dans la rue ? Vous n’avez pas à vous excuser pour lui Wilson. Je me fiche pas mal qu’il sorte avec cette fille. Il est totalement libre. »

Elle trouva que son ton n’était pas vraiment convaincant et s’empressa de mettre fin à la conversation.

« _ Rachel vient de se réveiller. On se voit demain.

_ Ok. Bon dimanche… Encore désolé de vous avoir réveillé. »

Elle raccrocha et poussa un profond soupir. Elle n’arriverait jamais à se rendormir et décida qu’une bonne douche froide lui ferait le plus grand bien.

Elle s’entoura d’une grande serviette de bain et se dirigea vers la chambre de sa fille qu’elle avait entendue pleurer quelques minutes plus tôt. La petite était assise dans son lit et jouait tranquillement avec son lapin en peluche. Cuddy ne put retenir un sourire ; Rachel était vraiment adorable, elle ne s’énervait que quand elle était fatiguée et écoutait tout ce qu’on lui disait. Dés qu’elle vit sa mère elle lui tendit les bras et enfouit sa petite tête dans son cou.

Cuddy la posa sur le canapé pendant qu’elle faisait chauffer son biberon. La sonnette retentit et elle enfila rapidement un sweat et un jean avant d’aller ouvrir. Une jeune femme blonde aux cheveux coupés au carré était devant la porte. Elle tenait dans sa main un sachet de beignets qui sentaient diablement bon.

« _ Bonjour. Je m’appelle Sally Salander, je suis la petite amie de Gregory  House.

_ Lisa Cuddy. Entrez. Vous voulez un café ? »

La jeune femme acquiesça en souriant et Lisa se rendit compte qu’elle était vraiment jolie. Rachel dévisagea « l’étrangère » avec méfiance tout en suçotant son pouce.

« _ Ma fille Rachel.

_ Elle est adorable. Elle a quel âge ?

_ 13 mois. Vous vouliez me parler de quelque chose ? demanda Cuddy en versant du café dans deux tasses en porcelaine.

_ Pas spécialement. C’est juste que Greg m’a beaucoup parlé de vous, j’avais donc envie de vous rencontrer. » 

La doyenne faillit répliquer qu’House n’était pas du genre à « beaucoup parler de quelqu’un » mais s’abstint et avala une gorgée de café.

« _ Vous êtes proche de lui ? »

Cuddy fronça les sourcils, trouvant la question un peu trop personnelle. Pourtant, elle y répondit.

« _ Je ne sais même pas si on peut être qualifié d’amis.

_ C’est drôle, Jimmy m’a dit que vous vous connaissiez depuis 20 ans… Un beignet ? »

Jimmy… Elle parlait de Wilson, se dit Cuddy. La seule personne qui appelait l’oncologue ainsi était House… Décidément, elle détestait cette femme.

« _ C’est plus ou moins vrai. Mais nous ne sommes pas proches pour autant.

_ Greg est quelqu’un de vraiment fantastique. Il est tellement gentil… »

Lisa ne put retenir un éclat de rire. C’était bien de Gregory House qu’elle parlait ?

« _ Je ne le connais pas comme ça, à vrai dire.

_ C’est sûr que sa carapace est épaisse, admit Salander avant de mordre dans son beignet. Mais en réalité, il est vraiment sensible. »

Cuddy se demanda encore une fois si elles parlaient de la même personne. Et si House avait autant changé qu’elle le prétendait ? Et si… Il n’était plus du tout le même ? Il fallait qu’elle en ait le cœur net.

« _ Vous faîtes quelque chose de particulier demain soir ?demanda Sally en souriant un peu maladroitement à Rachel, qui ne la quittait pas des yeux.

_ Comme tous les lundis soirs, je vais remplir toute la paperasse qui n’a pas été faîte le week-end.

_ Oh, c’est vrai que vous avez un métier un peu prenant… »

Lisa lui fit un sourire crispé. Un peu prenant ?! Elle passait sa vie au travail ! Rachel grimpa sur les genoux de sa mère et s’amusa avec la médaille qu’elle portait autour du cou.

« _ Ce week-end, vous pourriez passer prendre l’apéritif chez Greg ? Je suis sûre qu’il serait très content de vous voir. »

Refuse Lisa… Mauvaise idée…

« _ Avec plaisir.

_ Génial. 18 heures samedi, ça vous va ?

_ Je vais m’arranger. »

Sur ce, Sally se leva, dit au revoir à Rachel et quitta la maison. A côté d’elle, Cameron pouvait passer pour Satan, se dit Cuddy alors qu’elle emmenait sa fille dans la salle de bain pour la changer. Non vraiment, elle ne comprenait pas comment House aurait pu changer à ce point…

Cuddy se regarda dans le miroir, replaça une mèche de cheveux derrière son oreille et fini d’appliquer son rouge à lèvre. Ce n’était qu’un apéritif entre « amis » et pourtant, elle voulait se faire belle pour… Pour rien du tout. Surtout pas pour plaire à House ! Elle sourit en fermant sa robe grise, décoltée juste comme il faut.

La baby-sitter arriva avec dix minutes d’avance et c’est un peu coupable que Cuddy lui abandonna Rachel, en se disant que c’était la dernière fois ce mois-ci… Elle embrassa sa fille une dernière fois et monta dans sa voiture. Elle n’était venue chez House qu’une ou deux fois, et pourtant elle connaissait son adresse par cœur.

C’était parce qu’elle était facile à retenir, se justifia t’elle en appuyant sur la sonnette.

 La porte s’ouvrit sur Sally Salander, qui abordait un chemisier jaune citron avec une jupe noire, un peu trop longue pour plaire à House, se dit Cuddy en faisant la bise à la jeune femme.

« _ Je suis ravie que vous ayez pu venir. Vous avez laissé Rebecca chez vous ?

_ C’est Rachel. Oui, je l’ai laissé à la baby-sitter. Elle se couche tôt et se réveille au moindre bruit, je ne voulais pas qu'elle soit dérangée. »

Elle entra dans l’appartement et fut presque soulagée de voir que rien n’avait vraiment changé. Elle s’attendait presque à voir des pots pourris et des bougies parfumées… House était assis sur le canapé, plongé dans la lecture d’un magazine de motos.

« _ Bonsoir. »

Il leva le nez de sa revue et sourit, ce qui surprit grandement Lisa. Ce qui l’a surprit encore plus, c’est quand il lui fit la bise.

« _ Salut Cuddy ! »

Depuis quand House se levait-il pour la saluer ? Son regard se porta machinalement sur sa cuisse, mais à travers le jean, elle ne pouvait pas voir grand-chose. Il lui sembla cependant qu’il boitait moins, et cela la fit sourire.

« _ Asseyez vous Lisa… Je peux vous appeler Lisa n’est-ce pas ? »

Non.

« _ Bien sûr ! »

La soirée se déroula de la manière la plus étrange qu’il soit, c'est-à-dire bien. Il était prés de 22 heures quand Sally se rappela soudain qu’elle était de garde et qu’elle devait y aller. Elle salua Lisa, déposa un baiser sur la joue de House et sorti de l’appartement.

« _ Alors ?

_ Alors quoi ? demanda Cuddy, légèrement agacée.

_ Elle vous plaît ?

_ Super. Tout à fait votre genre de fille. Marmonna Lisa en vidant son verre de sherry. »

Le regard bleu de House se fit rieur et elle soupira. Elle ne pouvait s’empêcher d’exprimer sa jalousie. C’est vrai quoi, comment pouvait on avoir une relation aussi idyllique avec quelqu’un qu’on connaissait seulement depuis 3 mois ?

« _ Je flaire la jalousie !

_ Oh, ne commencez pas House !

_ Aaah, nos petits affrontements m’ont diablement manqués ! Les fous manquent un peu de repartie. »

Cuddy se sentit immédiatement gênée à l’emploi du mot « fou ». Elle avait presque oublié que House avait fait un séjour en hôpital psychiatrique…

« _ Sally est vraiment super, mais je dois avouer… Qu’elle n’a pas votre poitrine.

_ Je l’attendais celle-là. Vous ne pouvez donc pas vous adresser à moi pour parler d’autre chose que de mes seins ?

_ Votre postérieur est un bon sujet de conversation, se moqua t’il en engloutissant une cacahuète.

_ Vous avez un peu maigrit. Et vos cheveux sont plus courts.

_ Ca me donne un petit air voyou, vous ne trouvez pas ? »

Cuddy haussa les épaules et commença à jouer avec un cure-dent.

« _ Je suis contente de voir que vous allez mieux. Vous étiez si mal quand vous êtes entré à Mayfield…

_ Vous aviez raison, finalement. La Vicodin n’était pas là uniquement pour m’aider à supporter la douleur.

_ Alors vous avez vraiment décroché ? demanda Cuddy, peu convaincue.

Qui disait que les gens ne changent pas ?...

_ Yép. Je suis plus clean qu’un nouveau né. »

Il y eu un silence quelque peu pesant qu’House interrompit en s’éclaircissant la gorge bruyamment.

« _ Alors, vous avez été sage pendant mon absence ? Vous en avez profité pour sauter sur tout ce qui bouge ?

_ Comme si vous m’empêchiez de faire ce que je veux ! Il est tard House. Je vais y aller. »

Elle se leva et à sa grande surprise, sentit une main sur son bras. Le diagnosticien se leva et regarda Cuddy dans les yeux.

« _ Wilson m’a dit que je vous manquai.

_ Wilson raconte n’importe quoi. Soupira-t-elle en enfilant sa veste.

 _ Vous, vous m’avez manqué.

_ Oh s’il vous plaît, gardez vos salades pour Salander…

_ J’en étais sûr ! S’exclama-t-il d’un air triomphant. Vous êtes jalouse !

_ Exactement. Je vais d’ailleurs me teindre en blonde et m’acheter un chemisier jaune citron.

_ Un point pour vous. Ce chemisier est horrible. »

Cuddy ne put retenir un sourire et prit son sac à main. Elle fit quelques pas vers la porte mais se retourna au dernier moment.

« _ Sérieusement, qu’est-ce que vous lui trouvez ? Elle est tellement… Différente des autres femmes avec qui vous êtes sorti. »

House s’approcha dangereusement de Lisa, si bien que leurs visages n’étaient séparés que de quelques centimètres. Il plongea son regard dans le sien et elle frissonna malgré elle.

« _ ELLE m’a beaucoup aidé à m’en sortir.

_ Ce n’est pas un reproche quand même ? Je vous ai appelé 8 fois et j’ai fais 3 demandes de visite !

_ Il fallait que je guérisse Cuddy !

_ C’est de ma faute si vous avez eu des hallucinations peut-être ? S’emporta t-elle en se reculant légèrement.

_ Ce n’est peut-être pas votre faute mais… Les dernières hallucinations que j’ai eu vous concernait et…

_ Qu’est-ce que vous voulez dire ? »

Elle fronça les sourcils, reposa son sac par terre et croisa les bras.

« _ Elles ne vous concernaient pas seulement vous à vrai dire… J’étais également de la partie. Ainsi que le mur de mon salon.

_ Ahem. Wilson avait omis les détails.

_ Je suis un gentleman. Je ne lui ai dis que la version soft. Mais je peux vous assurer que vous étiez vraiment à la hauteur…

_ H-a-l-l-u-c-i-n-a-t-i-o-n. C’était dans votre tête House !

_ Ca avait l’air tellement réel… murmura t-il en s’approchant un peu plus de Cuddy. Il saisit son menton entre ses doigts et elle lutta de toutes ses forces pour rester impassible.

_ Arrêtez… Pensez à votre PETITE AMIE.

_ Ca fait 3 mois que j’attends de vous revoir. Je tenais à m’excuser. D’avoir nuit à votre réputation. Les gens ont vraiment cru qu’on avait couché ensemble ?

_ Je ne sais pas. Cependant, Cameron faisait un peu la tête ces derniers temps... »

Il posa ses mains sur hanches de Lisa et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Elle ferma les yeux. Ce n’était pas bien, c’est vrai, mais c’était tellement bon…

« _ Je m’attendais à une gifle. Ironisa t-il en replaçant une mèche de cheveux de Cuddy derrière son oreille.

_ Vous auriez préféré ? »

Il lui sourit et il se rendit compte à quel point ce sourire, aussi rare soit il, lui avait manqué.

« _ HOUSE ! »

Le concerné tourna la tête, les sourcils froncés. Il plia lentement son journal, le posa sur la table basse et regarda la jeune femme, sans comprendre la cause de sa colère soudaine.

« _ Heu... Ouais ?

_ Rien. C'est juste que ça m'avait tellement manqué, de ne plus pouvoir te hurler dessus... se justifia t-elle en prennant place sur le canapé à côté de lui. »

Il la contempla avec des yeux ronds. Décidement... Cette femme l'étonnait de plus en plus.

« _ Tu n'aurais pas des cacahuètes ? Demanda t-elle d'un air si sérieux qu'il éclata de rire.

_ Dans le placard sous la télé. »

Elle se pencha et fouilla un instant dans le meuble avant d'en ressortir un paquet de Bénénuts qu'elle brandit d'un air victorieux. House fronça d'autant plus les sourcils, se demandant la cause de cet entrain soudain.

« _ Ne me regarde pas comme ça. Je n'ai pas prit d'exctasie, je te jure... C'est juste que... »

Sa phrase resta en suspend une bonne minute et, abandonnant tout espoir qu'elle est une suite, il attrappa le programme télé et l'ouvrit à la page d'aujourd'hui. Super, il y avait une rediffusion de Take the Money and Run, sur la deux. Woody Allen l'avait toujours fait penser à Wilson... Allez savoir pourquoi.

« _ Que... »

Il s'empara d'une poignée de cacahuétes qu'il s'amusa à lancer en l'air afin de les gober une par une.

« _ Oh, génial, un documentaire sur l'influence franco-espagnole en Mongolie... Ils vont faire péter l'audience avec ça ! Ironisa t-il, en avalant une dernière cacahuète.

_ Que...

_ Tu essaies de me dire quelque chose peut-être ? Se moqua t-il, toujours plongé dans la lecture du programme télé.

_ Il vaut mieux que je me taise. Soupira t-elle, en posant sa tête sur son épaule.

_ C'est sûrement une sage décision. »

Il réprima un baillement et passa son bras sur le canapé, juste derrière la tête de la jeune femme.

« _ Tu viens te coucher ? Demanda t-il, tout en embrassant sa compagne dans le cou.

_ Que je...

_ C'est bon, te fatigue pas ! Tu as eue une grosse journée et patati et patata alors on peut dire au revoir au sexe ce soir... soupira t-il, en se relevant aussi brusquement que sa jambe le permettait.

_ Que je t'aime.

_ Euh... Faut mettre ça sur le compte de la grosse journée ou bien ?...

_ Nope. »

Il murmura un « ok » à peine audible et se rassit immédiatement sur le canapé.

« _ Ecoute...

_ Greg, pas la peine de me sortir le speech du « je-suis-pas-un-gars-bien », l'interrompit elle, posant une main sur son épaule. Je ne m'attends pas à ce que tu éprouves les mêmes sentiments, je veux juste que tu sâches que si tu veux fuir, et ben... C'est le moment.

_ Euh... C'est là que je dois te serrer dans mes bras et te dire que je ne te laisserai jamais tomber ?...

_ On est pas dans General Hospital.

_ Ouais. Se contenta t-il de répondre, les sourcils froncés. »


Bien sûr, c'était trop beau... Elle était venue chez lui, avait fait garder Rachel pour la troisième fois ce mois-ci... Il aurait dû se douter qu'il y avait anguille sous roche. Lui dire qu'il ne l'aimait pas serait un mensonge. Il l'appréciait à sa manière, et quand il lui faisait des remarques sur ses tenues, c'était en quelque sorte des compliments... Mais... Est-ce qu'il était amoureux d'elle ? Probablement.        
            
« _ Tu voulais te coucher il me semble ?... murmura Cuddy au creux de son oreille.

_ T'es incroyable.

_ Je sais. »

Un éclat jaune citron apparut dans son champs de vision. Il soupira et attrappa sa canne, claudiquant vers son ex.

« _ Sally, jete moi ce chemisier, j'te jure, il fait mal aux yeux...

_ Je fais comme bon me semble ! T'avais oublié ça chez moi. »

Elle lui tendit un vieux T-shirt à l'effigie des Rolling Stone et il l'observa d'un air méfiant.

« _ Tu l'a bourré de poil à gratter ?

_ Non mais, pour qui me prends-tu... Ce serait carrément puéril.

_ Tu as lavé les chiottes avec ma brosse à dents, lui rappella t-il. Si ça c'est pas puéril...

_ Tu t'es vite rendu compte que le dentifrice sentait le canard WC. »

Sally croisa les bras et jeta un coup d'oeil à l'intérieur.

« _ Elle est là ?

_ Qui ça ?

_ A ton avis ?! La reine des fraises !

_ Euh... On est en avril, c'est pas encore la saison tu sais... répliqua House avec son plus bel air niais.

_ Laisse tomber. Bon vent.

_ Ouais ouais. Marmonna t-il en la chassant d'un geste de la main. »

Il ramassa le journal qui était devant la porte et rentra chez lui. Cuddy était allongée sur le canapé, occupée à fixer le plafond.

« _ C'était qui ?

_ La reine des agrumes. P'tit déj ? »

Elle acquiesa et poussa un soupir à vous fendre l'âme.

« _ Qu'est-ce qui t'arrive ? »

Il suivit son regard et haussa les épaules.

« _ Tu sais, si tu as peur des toiles d'araignées, je peux toujours demander à Wilson de...

_ Tu te souviens de ce donateur hyper sexy qui voulait m'inviter au resto ?

_ Celui à qui j'ai cassé deux dents ?

_ Non, l'autre. Celui qui fait cinq centimètres de plus que toi. Et qui a un corps de rêve...ajouta t-elle, sâchant bien que ces propos allaient le faire enrager.

_ Ouais. Et ? »

Elle soupira à nouveau et saisit le verre de jus d'orange qu'il lui tendait.

« _ Il m'a dit qu'il était... Amoureux de moi.

_ Mais quel imbécile, s'emporta t-il en répendant un peu de jus d'orange sur le tapis, il t'a vu deux fois !

_ Greg... Tu me le diras un jour ? »


Un silence pesant envahit la pièce. House faisait rebondir sa canne entre ses mains et Cuddy se remit à fixer le plafond.        
            
« _ C'est pas vraiment de le dire qui est difficile. « Je t'aime », c'est comme « Amen »... C'est pas très dur. Je veux dire... Les mots sont justes des mots. Rien de plus. Si ça compte tant pour toi, je peux te le dire...

_ Mais tu ne le penseras pas. Finit-elle à sa place, les larmes envahissant ses yeux.

_ C'est pas ça du tout. C'est juste que trois petits mots ne peuvent pas résumer ce... Ce que j'éprouve pour toi. »


Il baissa les yeux, un peu honteux de se dévoiler ainsi. Cuddy laissa échapper une larme, puis deux, puis cent. Sa tête trouva sa place au creux de son épaule, et ses bras entourèrent son cou.         
            
« _ Greg... Pourquoi est-ce qu'il y a une grosse tâche jaune sur ton T-shirt des Stones? On dirait de la moutarde...

_ Non... C'est de la crème au citron. Et c'est vraiment, mais vraiment puéril... »

« _ Et blanc cassé, c'est pas mal non ?
_ Trop blanc. »


Elle soupira et se remit à feuilleter le nuancier. Il avait décider d'emménager chez elle à condition de refaire une grande majorité des pièces. Cela faisait donc deux jours qu'ils parcouraient les magasins de bricolage à la recherche de la couleur de peinture parfaite.        
            
« _ Oh regarde, ça c'est sympa... »
Il fronça les sourcils.

« _ Jaune citron ? »

Fin




2ème place
 

Izabel & krisztina



CHANGEMENT‭  (O‬u‭ ‬la formule du bonheur‭)        
            

"L'amour est à la portée de tous,‭ ‬mais l'amitié est l'épreuve du cœur.‭"        
‬A.‭ ‬d'Houdetot            


Chapitre‭ ‬1 :‭ ‬Le choc‭ (Le ‬réactif‭)        
            
Seul‭ ‬le‭ ‬bruit d'une canne tapant le sol résonnait dans le couloir vide menant au bureau du diagnosticien.‭ ‬Il était plus de huit heures du soir et House attendait les derniers résultats d'examen de sa patiente.‭ ‬Il poussa la porte de son bureau avec l'épaule,‭ ‬les mains prises par sa canne d'un côté et par un sandwich et un café de l'autre.

Il alluma sa télé,‭ ‬s'installa dans son fauteuil,‭ ‬allongea les jambes,‭ ‬les croisa,‭ ‬posa ses pieds sur son bureau.‭ ‬Prit‭ ‬la télécommande et‭ ‬chercha la chaîne diffusant la course de Monster Trucks.

Wilson ferma son bureau à clef et‭ ‬regarda sa montre en soupirant,‭ ‬il n'était que‭ ‬8h30.‭ ‬Malgré les dossiers qu'il venait d'étudier,‭ ‬il n'était pas fatigué.‭ ‬C'est la lueur de l'écran du téléviseur qui attira son regard en passant devant le bureau de House.‭  ‬Il tourna la tête et le vit.‭ ‬Il hésita un moment.‭ ‬C'est vrai,‭ ‬il était revenu travailler à l'hôpital,‭ ‬revoyait House en dehors du boulot.‭ ‬Mais il sentait au fond de lui que quelque chose avait changé dans ses‭ ‬relations avec lui.‭ ‬Le problème c'est qu'il ne trouvait pas ce que c'était.‭ ‬Il‭ ‬poussa finalement la porte,‭ ‬discuter un peu lui ferait passer le temps.‭ ‬Il n'avait pas envie de rentrer.‭

House pivota légèrement la tête quand il entendit que l'on poussait la porte de son bureau.‭ ‬Il‭ ‬ croyait voir son équipe,‭ ‬mais c'est Wilson qu'il vit.‭ ‬Ce‭ ‬dernier jeta sa sacoche et son imper sur le fauteuil à l'entrée du bureau et alla s'asseoir sur la chaise appuyée contre le mur,‭ ‬devant‭ ‬ce‭ ‬dernier‭ ‬.‭ ‬Il n‭’‬avait pas prononcé un seul mot.

House :‭ ‬Généralement c‭’‬est moi qui entre dans ton bureau,‭ ‬pose mes fesses sur ton canapé sans prononcer une parole‭…‬..Tu‭…‬.vas bien ‭?
Wilson :‭ ‬Hum‭…‬oui,‭ ‬ça va‭…
House :‭ ‬Je vais te croire ‭! ‬Tu as l‭’‬air‭ «‬ ennuyé ‭»…‬.un de tes patients qui est mort ‭? ‬Quoique qu‭’‬avec ta spécialité ça leur arrive fatalement dans‭ ‬95%‭ ‬des cas‭…
Wilson :‭ ‬Non‭…‬c‭’‬est rien‭…‬.juste la fatigue‭…‬tu fais quoi ce soir ‭?
House :‭ ‬J‭’‬attends que ma joyeuse petite bande m‭’‬apporte les résultats d‭’‬examen de ma patiente‭…‬.si j‭’‬ai raison,‭ ‬elle va devenir ta patiente.
Wilson :‭ ‬Je vais attendre avec toi,‭ ‬après s‭’‬il n‭’‬est‭…‬.

Mais‭ ‬Wilson ne termina pas sa phrase,‭ ‬car à l’écran venait d‭’‬apparaître le logo d‭’‬une chaîne de TV locale,‭ ‬avec au milieu un gros‭ ‬‘FLASH SPECIAL‭’‬.‭ ‬Dix secondes plus tard,‭ ‬le visage de la présentatrice envahit l’écran.

‭«  Chers téléspectateurs, nous allons rejoindre en direct notre reporter, John Laimon qui se trouve actuellement devant la banque occupée par un groupe  de quatre hommes armés, depuis maintenant presque 3h00.

‭- John, quelles sont les dernières informations ?
- Et bien Kathy nous avons appris que‭ ‬la police a fait amener une voiture devant la banque.‭ ‬Comme leur avaient demandé les malfaiteurs.
- En savez-vous un peu plus sur le nombre de victimes ‭?- ‬Il semblerait que l‭’‬un des gardiens et une des employées aient été‭ ‬tués lors de l‭’‬attaque,‭ ‬et au moins cinq autres personnes blessées,‭ ‬dont‭ ‬l‭’‬un des ravisseurs.
- Derrière vous John ‭! ‬Que se passe-t-il ‭? ‬Il y a beaucoup de mouvement ‭!
- Je crois qu‭’‬ils s‭’‬apprêtent à sortir de la banque avec un ou plusieurs otages ‭!‬....Oui,‭ ‬c‭’‬est ça ‭! ‬La porte s‭’‬ouvre lentement‭…‬les voilà ‭!‬ ‭»

House et Wilson se levèrent d‭’‬un bond,‭ ‬dans un parfait accord,‭ ‬quand ils reconnurent l‭’‬otage‭ ‬dont l‭’‬un‭ ‬des hommes se servait comme bouclier,‭ ‬le canon de son arme braqué sur sa tempe.

Ensemble :‭ ‬CUDDY ‭!‬..... ‭?
House :‭ ‬Que‭…‬qu‭’‬est-ce‭……‬NON ‭!
Wilson :‭ ‬OH MON DIEU ‭!

Ils n‭’‬avaient pu retenir un cri devant ce‭ ‬qui se déroulait en direct sous leurs yeux.‭ ‬Le SWAT venait d‭’‬attaquer,‭ ‬il y avait eu des explosions,‭ ‬des tirs,‭ ‬des cris.‭ ‬Même John Laimon tenait des propos confus en essayant de commenter ce qui se passait.

‭« Mon Dieu, c’est terrible, il y a plusieurs corps à terre, mais les fumigènes m’empêchent de voir  correctement…Le SWAT vient d’investir la banque….Bon sang ! Un des otages est à terre….c’est la femme apparemment…. »

House était comme‭ ‬tétanisé,‭ ‬les yeux rivés sur l’écran,‭ ‬il regardait le corps inanimé de Cuddy.‭ ‬Car c’était bien elle,‭ ‬le cameraman avait réussi à s‭’‬approcher et faisait un gros plan sur elle.‭ ‬Il vit des secours arriver,‭ ‬puis le plan changea.
Il avait du mal‭ ‬à respirer,‭ ‬son rythme cardiaque avait augmenté.‭ ‬Il entendait la voix du journaliste sans écouter ce qu‭’‬il disait,‭ ‬regardait les images sans les voir,‭ ‬les yeux embués par les larmes qu‭’‬il n‭’‬avait pas retenues.

Wilson se ressaisit en premier et‭ ‬tourna la tête vers son ami.‭ ‬Il semblait incapable d‭’‬avoir la moindre réaction si ce n‭’‬est les larmes qui coulaient sur ses joues et un regard angoissé.‭

Il s‭’‬approcha de lui,‭ ‬sachant parfaitement ce qu‭’‬il pouvait ressentir.‭ ‬Encore plus maintenant,‭ ‬car House était amoureux de Lisa Cuddy et,‭ ‬depuis plus d‭’‬un mois maintenant.‭ ‬En fait depuis le soir du fameux baiser chez Cuddy,‭ ‬il faisait d’énormes efforts pour se rapprocher d‭’‬elle.‭ ‬Deux sorties au cinéma,‭ ‬une fois au théâtre et quatre fois au restaurant.‭ ‬Elle avait accepté ses invitations à chaque fois.‭ ‬Et‭ ‬à chaque fois les soirées se terminaient par un simple baiser,‭ ‬de plus en plus intense.‭ ‬Aucun des deux n‭’‬ayant eu le courage d‭’‬aller plus loin pour l‭’‬instant.‭ ‬L‭’‬avantage d’être ami avec les deux personnes concernées permettait à Wilson de savoir qu‭’‬ils‭ ‬ appréciaient tous les deux ces soirées.‭ ‬Cuddy lui avait même dit que‭ ‬‘Greg‭’‬ se montrait aimable et attentionné.‭ ‬Il avait aussi remarqué que House la faisait moins hurler contre lui,‭ ‬que ses allusions sur ses fesses ou son décolleté étaient moins agressives.

Il fit se rasseoir‭ ‬House,‭ ‬qui se laissa faire.‭ ‬Il se passa les mains sur le visage comme s‭’‬il voulait se réveiller d‭’‬un mauvais rêve.‭ ‬Il leva des yeux rougis vers Wilson,‭ ‬il venait d’être touché en plein cœur à cause des sentiments qu‭’‬il éprouvait‭ ‬pour Lisa et ça,‭ ‬il ne savait pas le gérer,‭ ‬il était anéanti.
Mais dans son état de confusion,‭ ‬les derniers mots prononcés par le reporter,‭ ‬se firent‭  ‬un chemin jusqu’à sa conscience.

‭« …au Princeton Plainsboro. »

Au même moment l’équipe de House revenait du labo.‭ ‬Quand‭ ‬ils virent leur patron se lever,‭ ‬ils se dirigèrent vers la grande salle mais furent surpris de constater qu‭’‬il sortait de son bureau.‭ ‬Aussi vite que lui permettait sa jambe,‭ ‬suivi de près par Wilson.

Kutner :‭ ‬Où vont-ils ‭?‬
Taub :‭ ‬Vous avez vu leurs têtes ‭?
Treize :‭ ‬S‭’‬il ne s‭’‬agissait pas de House,‭ ‬j‭’‬aurais juré qu‭’‬il avait les yeux rougis par des pleurs.
Foreman :‭ ‬Avec lui il faut s‭’‬attendre à tout‭…‬.Bon,‭ ‬maintenant que les analyses confirment‭  ‬le diagnostic de House,‭ ‬on va changer le traitement de la patiente,‭ ‬puis on la fait transférer dans le service de Wilson.
Kutner :‭ ‬Je m‭’‬en occupe et après je rentre‭…

House et Wilson arrivèrent aux urgences et cherchèrent des yeux le médecin de garde.‭
C’était Cameron.‭ ‬Elle donnait ses ordres pour l‭’‬accueil de plusieurs victimes d‭’‬une fusillade.‭ ‬Les équipes se préparèrent et attendirent l‭’‬arrivée des ambulances.‭ ‬Cameron eut un mouvement de recul quand House se rua vers elle.‭ ‬Il paraissait tellement énervé.

House :‭ ‬Ils arrivent quand ‭?
Cameron :‭ ‬Que‭…‬
House :‭ ‬LES BLESSES ‭! ‬ILS ARRIVENT QUAND ‭!
Cameron :‭ …‬..‭
Wilson ‭(‬posant une main sur l’épaule de House‭)‬ :‭ ‬Calme-toi ‭! ‬Hurler ne les fera pas arriver plus tôt.‭
House‭ ‬(à Cameron‭)‬ :‭ ‬Désolé.‭ ‬(à Wilson‭)‬ :‭ ‬Je‭ ‬vais attendre à l‭’‬entrée‭…
Cameron ‭(‬le regardant partir‭)‬ :‭ ‬Vous pouvez m‭’‬expliquer ‭?
Wilson :‭ ‬Cuddy est l‭’‬une des victimes‭…
Cameron‭ ‬(sous le choc‭)‬ :‭ ‬Oh mon Dieu ‭!

Lorsque les ambulances arrivèrent,‭ ‬il se précipita sur les brancards,‭ ‬dévisageant chaque malade.‭ ‬Il désespérait,‭ ‬il en avait vu quatre et toujours pas de Lisa.‭ ‬Un doute affreux s‭’‬insinua en lui et si elle était‭…‬ morte ‭? ‬Cette pensée le terrifia au point qu‭’‬il n‭’‬osa pas s‭’‬approcher du dernier brancard que l‭’‬on sortait de l‭’‬ambulance.‭ ‬Un soulagement de courte durée l‭’‬envahit lorsqu‭’‬il reconnu la chevelure de sa patronne.‭ ‬Mais cela lui fit l‭’‬effet d‭’‬un électrochoc et il se renseigna sur son état tout en accompagnant les ambulanciers.‭ ‬Ce n’était pas bon,‭ ‬elle était touchée à la poitrine et au flanc gauche,‭  ‬sa tension était faible,‭ ‬elle respirait avec difficulté.‭
Dès qu‭’‬elle arriva dans le service des urgences,‭ ‬Cameron la prit en charge.‭ ‬Wilson dût retenir son ami pour qu‭’‬il ne s‭’‬en mêle pas.‭ ‬Cinq minutes après que Cameron l‭’‬ait stabilisée et intubée,‭ ‬Cuddy fut amenée au bloc.‭

House restait silencieux,‭ ‬appuyé dans l‭’‬angle que‭ ‬formaient le mur et la paroi de verre de la salle d‭’‬observation.‭ ‬Il regardait le chirurgien qui opérait Cuddy,‭ ‬la pendule affichait‭ ‬11h45.‭ ‬Cela‭ ‬faisait maintenant‭ ‬2h20‭ ‬qu‭’‬il était là,‭ ‬impuissant,‭ ‬à surveiller le déroulement de l‭’‬intervention.‭ ‬Il sortit son tube de vicodine et en goba deux.‭ ‬Wilson le vit faire,‭ ‬c’était la‭ ‬3ème fois qu‭’‬il en prenait en moins de trois heures,‭ ‬beaucoup trop.‭ ‬Cependant il‭ ‬ne fit aucun commentaire,‭ ‬il souffrait,‭ ‬ça se voyait à la façon qu‭’‬il avait de se tenir.‭ ‬La‭ ‬jambe droite légèrement fléchie et le poids du corps sur la jambe gauche aidé par sa canne du même côté.‭

Ils n’étaient pas seuls,‭ ‬toute l’équipe était là,‭ ‬prévenue par la rumeur.‭ ‬La nouvelle avait fait le tour de l‭’‬hôpital malgré le personnel réduit.‭ ‬Foreman et Treize revenaient avec le café qu‭’‬ils étaient partis faire.‭ ‬House prit la tasse que Foreman lui tendait et le remercia d‭’‬un hochement de tête,‭ ‬croisant son regard une fraction de seconde.‭ ‬Le neurologue fut troublé par l‭’‬impression que ce regard lui donna.‭ ‬Il avait vu House dans beaucoup d’états et‭ ‬d‭’‬humeurs différentes,‭ ‬mais jamais il lui avait paru si‭…‬vulnérable et désarmé.‭ ‬Il avait déjà vu ce regard et,‭ ‬en tendant la tasse à Wilson,‭ ‬il se rappela.‭ ‬Wilson‭ ‬avait eu le même regard face à la perte d‭’‬Amber.‭ ‬Foreman arriva à une seule conclusion,‭ ‬son‭ ‬patron était amoureux de Lisa‭  ‬Cuddy.‭

Une heure plus tard,‭ ‬Lisa était transférée en soins intensifs.‭ ‬Wilson accompagna son ami jusqu’à sa chambre,‭ ‬le chirurgien les informa que‭ ‬bien que‭ ‬délicate‭ ‬l‭’‬opération s’était bien passée.‭ ‬La première balle s’était logée au-dessus du cœur entre l‭’‬aorte et l‭’‬artère‭ ‬pulmonaire.‭ ‬La deuxième s’était fragmentée en fracturant au passage deux côtes,‭ ‬les morceaux éparpillés se fichant sous la troisième.‭ ‬Heureusement aucun fragment n‭’‬avait touché la plèvre du poumon gauche.

House se tenait maintenant à côté d‭’‬elle,‭ ‬d‭’‬une main tremblante il dégagea une mèche de cheveu de son visage,‭ ‬caressant sa joue du dos de sa main.‭ ‬Elle dormait,‭ ‬il fallait attendre plusieurs heures avant qu‭’‬elle ne se réveille.‭ ‬Il sentit qu‭’‬on l‭’‬attrapait par le bras,‭ ‬il pivota vers sa droite,‭ ‬c’était Wilson.

Wilson :‭ ‬Assieds-toi au moins,‭ ‬lui dit-il en‭ ‬l‭’‬attirant vers le fauteuil qu‭’‬il avait amené près du‭ ‬lit.‭ ‬Elle va s‭’‬en sortir‭…‬.il lui faudra juste du temps.
House :‭ ‬J‭’‬ai cru que‭…‬.que‭  ‬je l‭’‬avais perdue je‭…‬sa voix se brisa,‭ ‬il fut incapable de terminer sa phrase.
Wilson :‭ ‬Ca ira maintenant.‭  ‬On se voit‭ ‬demain,‭ ‬essaie de dormir un‭  ‬peu,‭ ‬te rendre malade ne la fera pas guérir plus vite.

Wilson quitta la chambre,‭ ‬se retourna une dernière fois et vit son‭  ‬ami prendre la main de Lisa dans la sienne.‭ ‬Cette image le ramena plusieurs mois en arrière,‭ ‬mais les rôles étaient inversés.‭ ‬Il s‭’‬en rappela les raisons et subitement,‭ ‬il trouva.‭ ‬Enfin il comprit ce qui le tourmentait dans sa relation avec House.‭ ‬Il se traita intérieurement de sale con égoïste,‭ ‬il se sentit mal à l‭’‬aise tout d‭’‬un coup.‭ ‬Il hésita un instant mais décida que ce n’était pas le bon moment pour en parler avec son ami.‭ ‬Il passa récupérer ses affaires dans le bureau et rentra chez lui.

House resta longtemps à regarder Cuddy‭ ‬ avant que le sommeil‭ ‬ne‭ ‬finisse par avoir raison de‭  ‬lui.‭ ‬Une infirmière‭ ‬vint dans la nuit pour vérifier que tout allait bien.‭ ‬Lorsqu‭’‬elle reconnu le médecin endormi dans le fauteuil et tenant la main de la directrice de l‭’‬hôpital,‭ ‬elle se dit qu‭’‬il était peut-être humain en fin de compte.‭

Vers‭ ‬6h30‭ ‬Lisa émergea,‭ ‬elle se demanda où elle était,‭ ‬puis le braquage et ce qui avait suivi lui‭  ‬revint en mémoire.‭ ‬La douleur à la poitrine,‭ ‬sa chute comme dans un‭  ‬ralenti,‭ ‬la brûlure sur son côté et le néant.‭ ‬La bonne nouvelle,‭ ‬c‭’‬est qu‭’‬elle était en vie et à l‭’‬hôpital.‭ ‬Elle prenait peu à peu conscience de son environnement,‭ ‬elle sentait les aiguilles des perfusions dans son bras gauche,‭ ‬l‭’‬oxygène qu‭’‬on lui envoyait grâce aux deux petites canules enfoncées dans ses narines.‭ ‬Mais qui pouvait lui tenir la main ‭? ‬Elle tourna la tête et le‭ ‬vit.‭
Il était là,‭ ‬près d‭’‬elle,‭ ‬veillant sur elle,‭ ‬cette simple présence l‭’‬emplit d‭’‬une joie immense.‭ ‬Des larmes roulèrent sur ses joues,‭ ‬Wilson avait raison,‭ ‬comme la plupart du temps,‭ ‬il tenait à elle.‭ ‬Elle ne résista pas bien longtemps et serra la main‭ ‬du diagnosticien‭  ‬à plusieurs reprises pour le réveiller.

House ouvrit les yeux presque aussitôt,‭ ‬il fixa d‭’‬abord cette main qui pressait la sienne et ensuite posa son regard sur le visage de Cuddy qui lui souriait.‭ ‬A son tour un sourire fendit son visage.‭ ‬Il se leva,‭  ‬s‭’‬approcha et‭ ‬s‭’‬assit sur le bord du lit tout en portant la main de Lisa vers ses lèvres pour y déposer un baiser.‭ ‬Elle apprécia le contact rugueux de sa barbe de trois jours sur peau.

Cuddy :‭ …‬bon‭…
House :‭ ‬N‭’‬essaie pas de parler‭…‬.repose-toi.‭

Cuddy acquiesça d‭’‬un signe de tête et referma les‭ ‬yeux,‭ ‬une chaleur n’étant pas‭ ‬due à la fièvre l‭’‬envahissant.‭ ‬House venait de la tutoyer,‭ ‬chose qu‭’‬il n‭’‬avait pas encore osé faire durant leurs sorties.‭ ‬Elle perçut ses mouvements quand‭ ‬ il se rassit dans le fauteuil.‭ ‬Deux minutes plus tard elle dormait à nouveau.
House resta auprès d‭’‬elle encore un moment,‭ ‬il était soulagé,‭ ‬jamais il n‭’‬avait eu aussi peur pour quelqu‭’‬un.‭ ‬Ce qu‭’‬il y avait de positif dans tout ceci,‭ ‬c‭’‬est que cela lui avait permis de libérer et de montrer ses sentiments pour Lisa.‭ ‬Il finit par se lever,‭ ‬embrassa Lisa sur la joue et quitta la chambre.

Après un passage par les vestiaires pour prendre une douche et se changer,‭ ‬il retourna dans son bureau.‭ ‬7h30.‭ ‬Il passa dans la grande salle et prépara du café.‭ ‬Il examinait le dossier de sa patiente quand toute son équipe arriva.‭ ‬Il soupira,‭ ‬reposa le dossier sur la table,‭ ‬et répondit à leur question muette.

House :‭ ‬Cuddy va bien,‭ ‬ses constantes sont stables,‭ ‬aucune complication suite à‭ ‬l‭’‬intervention,‭ ‬il lui faut juste du repos et elle se rétablira vite.‭ ‬
Foreman :‭ ‬Et vous‭…‬.ça va ‭?
House :‭ ‬Certainement mieux que vous si vous continuez à poser ce genre de questions.‭ ‬Oui je vais bien.
Kutner :‭ ‬Vous et Cuddy ensemble,‭ ‬c‭’‬est plutôt cool.‭ ‬Dit-il avec un large sourire.
Taub :‭ ‬Qui sait cela va peut-être vous rendre plus aimable,‭ ‬rajouta-t-il‭  ‬l‭’‬air amusé.
House :‭ ‬En attendant cet hypothétique moment,‭ ‬allez donc faire mes heures de consultation.‭
Foreman :‭ ‬Vous allez où ‭? ‬demanda-t-il‭  ‬en voyant House se lever et quitter la pièce avec un dossier à la main.
House :‭ ‬Refiler la patiente à Wilson,‭ ‬c‭’‬est son tour maintenant.

Quelques secondes plus tard il voulut entrer dans le bureau de Wilson,‭ ‬mais ce‭ ‬dernier était fermé.‭ ‬Il regarda l‭’‬heure.‭ ‬8h15.‭ ‬Etrange.‭ ‬Wilson n’était jamais en retard.‭ ‬Il descendit dans le hall et demanda à l‭’‬infirmière si Wilson avait prévenu d‭’‬une absence ou d‭’‬un retard.‭ ‬Elle lui répondit que non.‭
Il essaya de le joindre‭ ‬ au téléphone,‭ ‬sans succès.‭ ‬Quelque chose n‭’‬allait pas,‭ ‬il commença à s‭’‬inquiéter.‭ ‬Il‭ ‬prévint Foreman qu‭’‬il s‭’‬absentait et‭ ‬20‭ ‬minutes plus tard,‭  ‬il était devant la porte de‭ ‬chez‭ ‬Wilson.‭ ‬Il cogna avec sa canne à plusieurs reprises,‭ ‬toujours aucune‭  ‬réponse.‭  ‬Pourtant il était là,‭ ‬il entendait le bruit de la télé.‭ ‬A tout hasard il tourna la poignée,‭ ‬la porte s‭’‬ouvrit,‭  ‬elle n’était pas verrouillée.‭ ‬Il entra et stoppa net en découvrant le spectacle qui s‭’‬offrait à lui.‭ ‬Wilson était affalé sur son canapé en tee-shirt et caleçon,‭ ‬à demi conscient,‭ ‬sa‭ ‬main droite fermement serrée sur le goulot d‭’‬une bouteille de Whisky vide,‭ ‬des bouteilles de bières vides trainaient également sur la table basse et le sol.‭ ‬Il n‭’‬en revenait pas,‭ ‬ce n’était pas le style de James de‭ ‬se mettre dans un état pareil.‭ ‬Il s‭’‬approcha de son ami,‭ ‬qui le fixait d‭’‬un air béat.‭ ‬Il réussit à lui faire lâcher la bouteille,‭ ‬et le saisissant sous les aisselles le souleva,‭ ‬il avait du mal à tenir debout.

House :‭ ‬Merde Jimmy,‭ ‬aide-moi un peu ‭! ‬Avec ma jambe ce n‭’‬est pas facile de te tenir.
Wilson :‭ ‬Je‭…‬cru‭…‬cri‭…‬crois‭…‬ il se mit à rire en voyant qu‭’‬il n‭’‬arrivait pas à aligner deux mots cohérents à la suite.
House :‭ ‬Une bonne douche froide s‭’‬impose,‭ ‬allez direction la salle de bain ‭!

House mit son‭ ‬ami dans la baignoire,‭ ‬lui ôta son tee-shirt,‭ ‬attrapa le pommeau de douche,‭ ‬ouvrit le robinet d‭’‬eau froide et l‭’‬aspergea.‭ ‬Ce dernier ne réagit pas de suite mais,‭ ‬recevant pour la‭ ‬5ème fois de l‭’‬eau en plein visage,‭ ‬lui coupant‭ ‬ la respiration,‭ ‬il eut enfin un sursaut de lucidité.

Wilson :‭ ‬Merde ‭! ‬Arrête ‭! ‬Tu veux me tuer ou quoi ‭?!
House :‭ ‬Mais c‭’‬est qu‭’‬il est hargneux le criquet quand il a bu ‭!‬ Je te laisse,‭ ‬tu vas pouvoir te débrouiller maintenant‭…‬ Eh attention ‭! ‬cria-t-il en faisant un bond de côté,‭ ‬évitant ainsi que Wilson lui gerbe dessus.

House laissa son ami‭  ‬et se rendit dans la‭ ‬cuisine pour y préparer du café.‭ ‬Il venait de terminer de couler quand Wilson,‭ ‬vêtu d‭’‬un peignoir arriva.‭ ‬Il s‭’‬assit à la table prenant sa tête entre les mains en proie à un mal de crâne phénoménal.‭ ‬House ne lui adressa pas la parole,‭ ‬se contentant de lui tendre une tasse de café et aussi un comprimé de Vicodine.‭ ‬Il bu le café et avala le comprimé dans l‭’‬espoir que les tambours qui résonnaient dans son crâne s‭’‬arrêtent.‭ ‬Il en était à sa troisième tasse quand House lui posa enfin la question.

House :‭ ‬Pourquoi ‭?
Wilson :‭ ‬Je te demande pardon.‭ ‬Il avait dit ça d‭’‬une traite en regardant son ami droit dans les yeux.

House s‭’‬attendait à tout mais certainement pas à des excuses de la part de son ami.‭ ‬Il était perplexe,‭ ‬qu‭’‬avait-il à se reprocher.‭ ‬Il voyait que Wilson essayait de‭ ‬trouver le courage de continuer.‭ ‬Après avoir longuement fixé le fond de sa tasse,‭ ‬il releva‭ ‬la tête.‭ ‬House ne sut comment réagir en voyant les yeux humides de son ami.‭

House :‭ ‬Qu‭’‬est-ce-que tu‭…‬.
Wilson :‭ ‬Ferme-la et écoute-moi ‭!
House :‭ …‬..
Wilson :‭ ‬Depuis mon retour et le fait que l‭’‬on se revoit,‭ ‬j‭’‬avais l‭’‬impression que quelque chose n’était‭ ‬pas‭ ‬entièrement redevenu comme avant,‭ ‬j‭’‬ai d‭’‬abord pensé‭ ‬ qu‭’‬inconsciemment je t‭’‬en voulais encore.‭ ‬Or,‭ ‬hier soir,‭ ‬en te voyant près de Cuddy,‭ ‬j‭’‬ai compris,‭ ‬j‭’‬ai enfin trouvé ce qui n‭’‬allait pas‭…‬.
House :‭ ‬C‭’‬est‭  …
Wilson :‭ ‬Laisse-moi finir ‭! ‬Il respira un‭ ‬grand coup et reprit,‭ ‬je ne suis qu‭’‬un sale con égoïste,‭ ‬j‭’‬ai cherché désespérément des raisons de t‭’‬en vouloir mais‭…‬mais je ne t‭’‬ai jamais dit‭  ‬merci,‭ ‬alors que tu n‭’‬as pas hésité à risquer ta vie pour tenter de sauver Amber.‭ ‬Et cela inconsciemment et consciemment.

House était troublé et profondément touché par les excuses de son ami.‭ ‬Wilson baissa la tête en partie pour cacher ses larmes mais aussi ce sentiment de honte‭ ‬qui l’étreignait,‭ ‬face à son égoïsme.‭ ‬Il attendait stoïquement une remarque acerbe qui le remettrait à sa place mais au lieu de ça il sentit une main se poser sur son épaule.‭ ‬ La pression de la main s‭’‬accentua et se relâcha enfin.‭ ‬House enleva sa main,‭ ‬continuant à se diriger vers la sortie,‭ ‬mais avant de quitter la pièce.‭ ‬Il prononça d‭’‬une voix rauque à peine audible.

House :‭ ‬Merci Jimmy‭…‬

House sortit s‭’‬en rien ajouter,‭ ‬c’était inutile.‭ ‬Wilson,‭ ‬quant à lui,‭ ‬était soulagé et il regarda les bouteilles vides.‭ ‬Il fut prit de nausée et eut juste le temps d‭’‬atteindre l’évier.‭ ‬Il appela l‭’‬hôpital pour les prévenir qu‭’‬il serait absent pour la matinée.

House‭  ‬retourna à l‭’‬hôpital.‭ ‬Il n‭’‬avait pas de cas et il laissa‭ ‬donc son équipe.‭ ‬Il rejoignit la chambre de Lisa et s‭’‬installa dans le fauteuil.‭ ‬Son cerveau était en ébullition,‭ ‬il ne cessait de penser à la vision du corps inerte de Lisa allongé au sol,‭ ‬aux divers sentiments qui l‭’‬avaient alors assailli‭…‬ le doute,‭ ‬la crainte,‭ ‬la panique‭  ‬et l‭’‬amour qu‭’‬il éprouvait pour Lisa.‭ ‬Il pensa aussi aux excuses de Wilson.‭ ‬Il soupira tout en souriant.‭ ‬ Lisa sur un lit d‭’‬hôpital,‭ ‬Jimmy faisant des excuses pour s’être conduit en parfait imbécile et lui,‭ ‬laissant paraître ses sentiments.‭ «‬ C‭’‬est le monde à l‭’‬envers,‭ ‬d‭’‬habitude c‭’‬est moi qui suis à leur place ‭»

‭«‬ L’amour est cette merveilleuse chance qu’un autre vous aime encore quand vous ne pouvez plus vous aimer vous-même. ‭»
‬Guéhenno‭ (‬Jean‭)

« Pour bien aimer une vivante,‭ ‬il faut l’aimer comme si elle devait mourir demain. ‭»‬
Proverbe Arabe



Chapitre‭ ‬2 :‭ ‬Convalescence‭ (‬La réaction‭)        
            

Wilson‭ ‬ferma‭ ‬le dernier dossier‭ ‬financier‭ ‬qu‭’‬il venait d‭’‬examiner et regarda l‭’‬heure à sa montre,‭ ‬16h00‭ ‬c’était l‭’‬heure.‭ ‬Il quitta le bureau de Cuddy,‭ ‬qui par décision du conseil d‭’‬administration était devenu le sien depuis maintenant‭ ‬15‭ ‬jours.‭ ‬Encore six semaines à tenir,‭ ‬le temps de sa convalescence.‭ ‬Il prit l‭’‬ascenseur et monta à l’étage où se trouvait son bureau,‭ ‬celui de House et comme par un heureux hasard la chambre de Cuddy.‭ ‬Elle devait rentrer chez elle aujourd‭’‬hui et son chauffeur n’était autre que House.‭
Depuis quinze jours House était devenu l‭’‬employé modèle,‭ ‬il avait fait ses heures de consultations sans rechigner,‭ ‬lui avait demandé de faire des examens dangereux mais à chaque fois‭  ‬son argumentation avait démontré la nécessité de tels actes.‭ ‬Une chose aussi avait changé,‭ ‬il ne jouait plus à la balle,‭ ‬ou à la PSP,‭ ‬ni ne regardait sa télé pendant qu‭’‬il ne faisait rien.‭ ‬Si quelqu‭’‬un avait besoin de lui,‭ ‬il suffisait à cette personne d‭’‬aller dans la chambre‭ ‬341‭ ‬et elle était sûre de le trouver.‭ ‬Quand il arriva devant la chambre,‭ ‬il vit les rideaux tirés,‭ ‬comme toujours.‭ ‬Il fit coulisser la porte et entra.‭ ‬Aucun des deux ne le remarqua,‭ ‬ils étaient trop occupés à se chamailler.‭

Cuddy :‭ ‬Je suis une grande fille,‭ ‬je sais m‭’‬habiller toute seule ‭!
House :‭ ‬Tête de mule ‭! ‬Tu vois bien que tu ne peux‭ ‬pas‭ ‬mettre ton bras complètement en arrière.
Cuddy :‭ ‬Mais laisse-moi faire ‭!
House :‭ ‬Arrête de gigoter,‭ ‬je n‭’‬y arrive pas ‭!
Cuddy :‭ ‬Ca c‭’‬est sûr,‭ ‬t‭’‬es certainement plus doué pour déshabiller une femme que pour la‭ ‬rhabiller ‭!
House :‭ ‬Pour faire la comparaison,‭ ‬il faudrait me laisser te‭ ‬déshabiller.
Cuddy :‭ ‬Continue comme ça et c‭’‬est pas demain la veille ‭!

Wilson qui assistait à la scène ne put se retenir plus longtemps et éclata de rire.‭ ‬Ce qui suffit à les calmer tous les deux.‭ ‬Lisa se sentit confuse et rougit de honte,‭ ‬depuis combien de temps était-il là ‭? ‬Toujours là au moment inopportun.‭ ‬House foudroya son ami du regard ce qui eut l‭’‬effet inverse de celui désiré.‭ ‬Il termina d‭’‬aider Cuddy à mettre son chemisier en attendant que Wilson se calme.‭ ‬Ce dernier finit par reprendre son sérieux.

Wilson :‭ ‬Vous préparez un nouveau duo comique ‭?
House :‭ ‬Non,‭ ‬mais au cas où l‭’‬envie nous en prendrait tu serais le premier informé.
Wilson :‭ ‬Alors,‭ ‬contente de quitter enfin cette chambre ‭?
Cuddy :‭ ‬Vous ne pouvez pas imaginer à quel point ‭! ‬Et vous comment vous vous en sortez avec la paperasse ‭?
Wilson :‭ ‬Dépêchez-vous de revenir,‭ ‬ou vous risquez de me retrouver au dernier étage de cet hôpital,‭ ‬au service psychiatrie.‭
Cuddy :‭ ‬Bienvenue dans mon monde.
Wilson :‭ ‬Profitez donc de ces vacances forcées pour vous reposer.
House :‭ ‬Je veillerais personnellement à ce qu‭’‬elle respecte les consignes de son médecin.‭
Wilson :‭ ‬Ca j‭’‬en suis certain.‭

Wilson salua Cuddy et regagna son propre bureau pour y lire les comptes-rendus de la journée.‭ ‬Il soupira,‭ ‬longue soirée en perspective.‭ ‬Pendant ce temps Lisa avait pris place dans le fauteuil roulant mis à sa disposition pour sa sortie.‭ ‬House lui donna sa canne et poussa le fauteuil.‭ ‬Si Cuddy souhaitait une sortie discrète,‭ ‬c’était plutôt raté.‭ ‬Elle eut l‭’‬impression que tout le personnel s’était donné rendez-vous dans les couloirs et dans le hall.‭ ‬Ils se retrouvèrent enfin sur le parking,‭ ‬House l‭’‬aida à s‭’‬installer et bloqua la ceinture avec une pince afin qu‭’‬elle soit un peu lâche et ne vienne pas appuyer sur les blessures de Cuddy.‭ ‬Il appela un infirmier qui fumait une clope pas très loin et lui demanda de ramener le fauteuil.‭
Il ne parlait ni l‭’‬un ni l‭’‬autre,‭ ‬pourtant ils étaient à mi-parcours quand Lisa pensa qu‭’‬il lui fallait faire des courses,‭ ‬le contenu de son réfrigérateur étant certainement périmé ou abîmé.

Lisa :‭ ‬Il va falloir s‭’‬arrêter pour faire quelques achats,‭ ‬je n‭’‬ai plus rien.
House :‭ ‬C‭’‬est fait,‭ ‬j‭’‬ai fait le plein hier soir‭…‬.‭ ‬Pas de viande rassure-toi.
Lisa :‭ ‬Toi ‭! ‬Tu as fait des courses ‭?
House :‭ ‬Je ne vois pas ce qu‭’‬il y a d’étrange,‭ ‬j‭’‬en fais bien pour moi.
Lisa :‭ ‬Je‭…‬merci.

House lui sourit pour toute réponse.‭ ‬Dix minutes plus tard il garait sa voiture devant chez Lisa.‭ ‬Il l‭’‬accompagna,‭ ‬elle le fit entrer et lui proposa à boire.

House :‭ ‬Je ne veux rien merci et maintenant tu t‭’‬allonges et tu te R.E.P.O.S.E.S.‭
Cuddy :‭ ‬Mais je dois faire‭…
House :‭ ‬Rien du tout,‭ ‬pour ce soir c‭’‬est moi qui m‭’‬occupe de toi,‭ ‬tu peux t‭’‬installer sur ton canapé,‭ ‬inutile de te coucher dans ton lit.‭ ‬Et puis si‭ ‬tu veux t‭’‬occuper,‭ ‬j‭’‬ai mis tout‭ ‬ ton courrier sur ta table basse.

Elle lui‭  ‬obéit,‭ ‬attrapant la pile de lettres et de prospectus,‭ ‬elle s‭’‬allongea sur son canapé,‭ ‬appuyant son dos contre l‭’‬accoudoir et se cala avec des coussins.‭ ‬Elle était plus fatiguée qu‭’‬elle ne voulait l‭’‬admettre et finit par s‭’‬assoupir,‭ ‬lâchant le courrier qui s’éparpilla sur le sol.‭ ‬Lorsqu‭’‬elle se réveilla deux heures plus tard,‭ ‬elle était plongée dans une semi-obscurité,‭ ‬il n‭’‬y avait que la lampe posée sur‭ ‬le‭ ‬buffet qui était allumée,‭ ‬donnant une lumière diffuse.‭ ‬Elle avait aussi une couverture sur elle et un petit gobelet contenant sa médication‭  ‬était posé sur la table basse‭  ‬à côté de son courrier.‭ ‬Elle attrapa ses médicaments et vit alors le petit mot posé juste à côté,‭ ‬elle reconnu immédiatement l’écriture.

‭«‬ Je n‭’‬ai pas voulu te réveiller
Un gratin de pâtes‭  ‬et une salade t‭’‬attendent
dans ton frigo si tu as faim.
Je t‭’‬appelle demain

Greg ‭»

Elle sourit et se leva,‭ ‬elle grimaça de douleur,‭ ‬elle avait été trop vite et ses côtes fracturées venaient‭  ‬de la rappeler à l‭’‬ordre,‭ ‬lui signifiant ainsi qu‭’‬elle était en convalescence et non en vacances.
Elle resta donc sagement chez elle,‭ ‬House l‭’‬appelait tous les midis et passait tous les soirs s‭’‬assurer qu‭’‬elle n‭’‬avait besoin de rien.‭ ‬Pendant les dix jours qui suivirent sa sortie tout se passa bien.‭ ‬Ses parents qui revenaient d‭’‬un voyage en Italie,‭ ‬cadeau de‭ ‬son père à sa mère pour leur‭ ‬45ème anniversaire de mariage,‭ ‬étaient arrivés chez elle.‭ ‬Ils n’étaient‭ ‬restés que trois jours,‭ ‬rassurés par la venue régulière de Grégory,‭ ‬qui veillait sur leur fille.

Toutes les personnes dans le hall pouvaient entendre les hurlements qui provenaient du bureau de Lisa Cuddy,‭ ‬à un détail près,‭ ‬c’était Wilson qui criait de la sorte et il était inutile de demander après qui.‭ ‬Lui,‭ ‬debout derrière le bureau,‭ ‬brandissant un dossier et House,‭ ‬assis sur une chaise en face de lui,‭  ‬tellement impressionné par la crise de colère de Wilson‭ ‬qu‭’‬il osait à peine bouger.

Wilson :‭ ‬TU ES CINGLE ‭! ‬TU AS FAILLI TUER TON PATIENT ‭!
House :‭ ‬Mais je‭…‬.
Wilson :‭ ‬CETTE BIOPSIE CEREBRALE A PRATIQUEMENT VIRE AU CAUCHEMAR ‭! ‬TU PEUX REMERCIER FOREMAN SUR CE COUP ‭!
House :‭ ‬Il est‭  ‬vivant de quoi il se plaint ‭?
Wilson ‭(‬se calmant un‭  ‬peu‭) ‬:‭ ‬Lui de rien,‭ ‬mais sa femme est hors d‭’‬elle,‭ ‬elle parle de porter plainte ‭!‬ Tu lui as menti et tu m‭’‬as menti,‭ ‬pour obtenir cet examen ‭!
House :‭ ‬elle se calmera quand son mari pourra à nouveau lui parler et lui faire l‭’‬am‭…
Wilson‭ ‬(épuisé‭)‬ :‭ ‬Je commence sérieusement à plaindre Cuddy,‭ ‬Comment a-t-elle fait pour ne pas t‭’‬avoir encore tué ‭?‬demanda-t-il s‭’‬affalant dans son fauteuil.‭
House :‭ ‬Un :‭ ‬parce qu‭’‬elle ne peut pas résister à mon charme et deux :‭ ‬parce que je sais exactement quoi lui dire pour qu‭’‬elle‭…‬.

Il ne termina pas sa phrase,‭ ‬son téléphone s’étant mis à sonner,‭ ‬il décrocha.

House :‭ ‬Lui-même
X :‭ ‬Je suis le directeur de la‭ ‬‘National Bank‭’‬,‭ ‬vous connaissez le Dr Lisa Cuddy ‭?
House‭ ‬(inquiet‭)‬ :‭ ‬Oui,‭ ‬pourquoi ‭?
Directeur :‭ ‬Elle se trouve actuellement dans mon bureau,‭ ‬vous serait-il‭  ‬possible de venir la chercher ‭?
House :‭ ‬J‭’‬arrive tout de suite.‭ ‬A Wilson :‭ ‬Tu me passes les clefs de ta voiture.
Wilson :‭ ‬Que se passe-t-il ‭? ‬Tu as l‭’‬air inquiet‭…‬qui‭  ‬c’était ‭?
House :‭ ‬Le directeur de la National‭ ‬Bank‭ ‬,‭ ‬il faut que j‭’‬aille chercher Lisa,‭ ‬elle est dans son bureau.
Wilson :‭ ‬Mais c‭’‬est la banque qui‭…
House :‭ ‬Je sais,‭ ‬alors ces clefs,‭  ‬j‭’‬ai pris ma moto aujourd‭’‬hui ‭!
Wilson :‭ ‬Viens je t‭’‬emmène ‭!

Wilson‭  ‬gara sa voiture juste devant la banque sur la place pour handicapé.‭ ‬House descendit et se précipita,‭ ‬aussi vite que lui permettait sa jambe,‭ ‬à l‭’‬intérieur.‭ ‬Il se présenta à l‭’‬un des gardes qui le conduisit directement au bureau du directeur.‭ ‬Une fois dans le bureau,‭ ‬il ne prêta aucune attention à l‭’‬homme de‭ ‬35ans en costume‭ ‬3‭ ‬pièces qui venait à sa rencontre,‭ ‬laissant à Wilson le soin de s‭’‬en occuper.‭ ‬Une seule personne l‭’‬intéressait et elle était repliée sur elle-même dans un coin du canapé,‭ ‬pleurante et tremblante.‭ ‬Il ne supportait‭ ‬pas de la voir ainsi,‭ ‬il s‭’‬assit près d‭’‬elle et la serra dans ses bras,‭ ‬lui parlant doucement d‭’‬une voix calme et rassurante.

House :‭ ‬Je suis là maintenant,‭ ‬tu n‭’‬as rien à craindre.‭
Lisa ‭(‬entre deux sanglots‭)‬ :‭ ‬J‭’‬ai eu si peur‭…‬j‭’‬ai cru que‭…‬.rentrons‭…‬je t‭’‬en prie.
House :‭ ‬Viens,‭ ‬et il l‭’‬aida à se relever.

Ils sortirent de la pièce,‭ ‬alors que Wilson remerciait et saluait le directeur.‭ ‬House s‭’‬installa à l‭’‬arrière avec Lisa,‭ ‬la serrant toujours contre lui.‭ ‬Wilson resta silencieux,‭ ‬il stoppa enfin sa voiture devant chez Cuddy.‭ ‬Une fois à l‭’‬intérieur de sa maison,‭ ‬Lisa commença à se détendre un peu.‭ ‬House l‭’‬amena jusque dans sa chambre.‭ ‬Il fit asseoir Lisa sur son lit et disparut quelques minutes dans la salle de bain.‭ ‬Il trouva‭ ‬ce qu‭’‬il cherchait dans l‭’‬armoire à pharmacie et retourna près de Lisa avec un verre d‭’‬eau et un comprimé.

House :‭ ‬Tiens,‭ ‬prends ça,‭ ‬c‭’‬est un de tes somnifères.
Lisa :‭ ‬Je dois te‭…
House :‭ ‬Plus tard les explications,‭ ‬tu te couches et tu dors un peu.
Lisa :‭ ‬Oui p‭’‬pa,‭ ‬répondit-elle,‭ ‬un timide sourire apparaissant sur son visage.
House :‭ ‬Je reste,‭ ‬ne t‭’‬inquiète plus d‭’‬accord ‭?

Elle acquiesça d‭’‬un signe de tête et s‭’‬allongea.‭ ‬House prit un plaid dans son armoire pour la couvrir,‭ ‬tira les rideaux et quitta la chambre,‭ ‬rejoignant Wilson dans‭ ‬la cuisine.‭ ‬Celui-ci avait prit deux bières dans le frigo,‭ ‬il en tendit une à House.

Wilson :‭ ‬Comment va-t-elle ‭?
House :‭ ‬Je lui ai donné un somnifère,‭ ‬elle devrait dormir un petit moment.‭ ‬Elle s‭’‬est calmée dès qu‭’‬on a franchi la porte.‭ ‬Choc post-traumatique ‭?
Wilson :‭ ‬Plutôt une grosse crise d‭’‬angoisse.‭ ‬Le directeur m‭’‬a expliqué que tout allait bien jusqu’à ce que l‭’‬enfant d‭’‬un des clients‭ ‬ne renverse un des poteaux qui‭ ‬retiennent les cordons des files d‭’‬attentes.‭ ‬Le bruit qu‭’‬il a fait en tombant a pu faire penser à un coup de feu.‭ ‬Cuddy qui se trouvait au guichet s‭’‬est,‭ ‬d‭’‬après l‭’‬employé,‭ ‬mise à suffoquer et s‭’‬est effondrée.‭ ‬Les gardes l‭’‬ont immédiatement amené dans son bureau.‭ ‬Il a plus ou moins réussi à‭  ‬la calmer et elle lui a demandé de t‭’‬appeler.
House :‭ ‬Bon sang,‭ ‬que faisait-elle dans cette banque ‭?
Wilson :‭ ‬Elle te le dira bien‭…‬et toi ça va ‭?
House :‭ ‬J‭’‬en sais rien Jimmy,‭ ‬j‭’‬en sais foutrement rien‭…

A la demande de House,‭ ‬Wilson passa à son appartement lui prendre quelques affaires de rechange.‭ ‬Comme c’était vendredi,‭ ‬House avait décidé de rester chez Lisa tout le week-end.‭ ‬Il ne voulait pas la laisser seule.‭ ‬Wilson repassa un peu plus tard avec ses‭ ‬affaires et après s’être assuré qu‭’‬il n‭’‬avait plus besoin de rien rentra chez lui.
House se fit à manger,‭ ‬vérifia que Cuddy dormait bien et s‭’‬installa sur le canapé après avoir allumé la télé.‭ ‬Vers minuit,‭ ‬il entendit des pas dans le couloir,‭ ‬il se retourna et vit Lisa qui arrivait.‭ ‬Elle lui sourit et vint se pelotonner contre lui.

Lisa :‭ ‬Merci d’être venu me chercher‭…
House :‭ ‬De rien.‭ ‬Mais s‭’‬il-te-plait,‭ ‬arrête de me faire faire du souci à ton sujet.
Lisa :‭ ‬Désolée‭…‬C‭’‬est juste que j‭’‬ai eu un instant de panique,‭ ‬j‭’‬ai cru‭ ‬que‭…‬que ça recommençait‭…‬J‭’‬ai‭…‬Je‭…‬ elle éclata en pleurs enfouissant sa tête dans le cou de House.
House :‭ ‬Tu veux en parler ‭?
Lisa :‭ ‬D‭’‬accord,‭ ‬dit-elle entre deux hoquets.

Elle lui fit alors le‭ ‬récit de l‭’‬attaque à main armée de la banque.‭ ‬La terreur qu‭’‬elle avait éprouvée en les voyant tuer le garde qui essayait de les arrêter.‭ ‬Puis‭ ‬en exécutant la caissière de sang froid,‭ ‬car les négociations ne tournaient pas à leur avantage.‭ ‬Elle devait être la suivante,‭ ‬mais elle s‭’‬en était sortie en disant qu‭’‬elle était médecin et qu‭’‬elle pouvait aider leur complice touché au bras par le garde.‭ ‬Puis‭ ‬il y avait eu la fusillade à l‭’‬extérieur,‭ ‬la douleur et le néant.‭

House :‭ ‬C‭’‬est du passé,‭ ‬il faut que tu oublies.‭ ‬Je t‭’‬y aiderais.
Lisa :‭ ‬Dis-moi,‭ ‬tu aimes la France ‭?
House :‭ …‬..
Lisa :‭ ‬Si j’étais à la banque ce jour-là,‭ ‬c‭’‬est parce que je venais faire‭ ‬une demande de devises.‭ ‬Je voulais échanger des dollars contre des euros.‭ ‬Je vais avoir trois semaines de vacances en juillet et je comptais visiter Paris et aussi faire un petit tour sur la‭ ‬‘Côte d‭’‬Azur‭’‬.
House :‭ ‬Et tu voudrais‭…
Lisa :‭ ‬Que tu m‭’‬accompagnes,‭ ‬oui.
House :‭ ‬J‭’‬ai justement des congés à prendre,‭ ‬ça tombe bien ‭!
Lisa :‭ ‬Je sais,‭ ‬je les ai déjà acceptés.‭
House :‭ ‬Mais,‭ ‬j‭’‬ai rien demandé moi‭!
Lisa :‭ ‬Je sais,‭ ‬répliqua-t-elle avec un large sourire.

House se mit à rire,‭ ‬elle ne‭ ‬le‭ ‬lui proposait pas pour le remercier non,‭ ‬car elle avait déjà tout prévu avant l‭’‬attaque.‭ ‬Cuddy ne tarda pas à rire elle aussi devant son sourire enfantin. ‭ «‬ Un gosse découvrant ses cadeaux un matin de Noël ‭»‬.‭ ‬Elle‭ ‬approcha ses lèvres des siennes,‭ ‬les frôlant dans un premier‭ ‬temps,‭ ‬puis les pressant un peu plus jusqu’à que leurs deux langues se trouvent et commencent une valse sans fin.‭ ‬A bout‭ ‬de‭ ‬souffle,‭ ‬ils rompirent le contact,‭ ‬tous deux conscients que ce baiser avait été plus intense que tous les autres.‭ ‬Réveillant en eux‭ ‬un désir brûlant.‭ ‬Pourtant House lui déposa un baiser sur la joue en lui souhaitant une bonne nuit.‭ ‬Elle accepta sa décision,‭ ‬sans aucune déception ou frustration.‭ ‬ Elle lui donna des draps,‭ ‬une couverture et un oreiller et après une douche,‭ ‬se changea et‭ ‬se coucha.‭ ‬Elle l‭’‬entendit s‭’‬enfermer dans la salle de bain à son tour.‭ ‬Elle s‭’‬endormit apaisée et avec la perspective de vacances de rêves.

Le lendemain,‭ ‬elle rejoignit Greg dans la cuisine.‭ ‬Elle portait un déshabillé qui laissait voir le début de sa poitrine.‭ ‬Elle remarqua aussitôt les yeux de Greg se porter sur‭ ‬‘les jumelles‭’‬  comme il aimait parfois appeler ses seins.‭ ‬Il se rapprocha d‭’‬elle,‭ ‬écarta un peu plus le haut du déshabillé et posa sa main sur sa poitrine.‭ ‬Lisa ne le repoussa pas,‭ ‬trop heureuse de sentir sa main chaude lui procurer un léger frisson.‭ ‬Avec une douceur extrême,‭ ‬il laissa glisser ses doigts le long de la cicatrice,‭ ‬elle était à peine visible,‭ ‬le chirurgien avait fait du bon boulot.‭ ‬Seul l‭’‬impact de la balle laissait un petit cercle‭ ‬disgracieux.‭

House :‭ ‬Si tu‭ ‬veux,‭ ‬on pourra demander à Taub de faire quelque chose pour ça.
Lisa :‭ ‬Plus tard,‭ ‬pour l‭’‬instant,‭ ‬j‭’‬ai d‭’‬autres‭ ‬ projets.‭  ‬Dit-elle s‭’‬avançant‭  ‬tout contre lui.
House :‭ ‬Je crois deviner de quel projet‭ ‬il s‭’‬agit.‭ ‬Répondit-il,‭ ‬sa main passant sous le décolleté de sa nuisette.

De sa main libre,‭ ‬il défit la ceinture du déshabillé,‭ ‬que Lisa aida à enlever.‭ ‬Ensuite il‭ ‬posa sa main sur son ventre,‭ ‬passant ainsi sous la nuisette et la relevant délicatement en faisant remonter sa main vers sa poitrine.‭ ‬Avec des gestes de plus en plus fébriles,‭ ‬Lisa l‭’‬aida encore une fois et la nuisette alla rejoindre le déshabillé sur le sol de la cuisine.‭ ‬Vêtue d‭’‬un simple tanga,‭ ‬elle s‭’‬abandonna avec volupté aux caresses,‭ ‬à la fois douces et énergiques du diagnosticien.‭ ‬Il l‭’‬embrassa et commença à déposer des baisers dans son cou,‭ ‬sa gorge,‭ ‬descendant jusqu’à ses seins dont il mordilla délicatement les tétons,‭ ‬avant de les sucer l‭’‬un après l‭’‬autre.‭ ‬Cuddy se sentait électrisée,‭ ‬son‭ ‬corps entier brûlait d‭’‬un désir contenu depuis trop longtemps.‭ ‬Elle passait à son tour ses mains sous le tee-shirt de House lorsque la sonnerie du téléphone se fit entendre.
House‭ ‬(dans un souffle‭)‬ :‭ ‬Laisse sonner.
Lisa :‭ ‬C‭’‬est peut-être ma mère‭…‬dit-elle décrochant le téléphone mural de la cuisine.

House décida de continuer ses caresses,‭ ‬il descendait sa‭ ‬main vers son bas ventre.‭ ‬Provoquant ainsi des spasmes incontrôlables chez Lisa qui eut du mal à garder une voix neutre.‭ ‬Mais il stoppa net quand il entendit le nom que Cuddy venait de prononcer.

Lisa :‭ ‬Bonjour James.
Wilson :‭ ‬Je voulais savoir comment vous alliez ce matin.
Lisa :‭ ‬Très bien,‭ ‬j‭’‬ai‭…‬Greg venait de lui arracher le combiné des mains.
House :‭ ‬EH ‭! ‬LE CRIQUET ‭! ‬C‭’‬EST PAS LE MOMENT LA ‭!
Wilson :‭ ‬Mais‭…
House :‭ ‬LA PROCHAINE FOIS ATTENDS QUE J‭’‬AI FINI DE TRIPOTER MA PATRONNE ‭!‬ Et il raccrocha.

A l‭’‬autre bout du fil,‭ ‬Wilson resta quelques secondes à écouter la tonalité.‭ ‬Le temps pour lui d‭’‬assimiler l‭’‬information.‭ ‬D‭’‬abord surpris,‭ ‬il‭ ‬finit par‭ ‬éclater de rire.‭ ‬Enfin ils s‭’‬étaient décidés,‭ ‬pas trop tôt.‭ ‬Il commençait à trouver leur côté réservé désespérant.

House :‭ ‬L‭’‬abruti,‭ ‬il a rompu le charme ‭! ‬Pleurnicha-t-il amusé.
Lisa :‭ ‬Viens,‭ ‬elle‭ ‬l‭’‬attrapa par la main,‭ ‬je connais un moyen de retrouver la magie du moment.
House‭ ‬(se‭ ‬laissant entrainer‭)‬ :‭ ‬Je n‭’‬en doute pas une seconde quand je vois cette lueur lubrique dans tes grands yeux bleus.

Ils arrivèrent dans la chambre,‭ ‬Lisa le poussa sur le lit où il tomba sur le dos.‭ ‬Elle commença alors à le déshabiller,‭ ‬faisant des mouvements lascifs.‭ ‬Frottant‭  ‬intentionnellement sa poitrine contre son visage lorsqu‭’‬elle lui ôta son tee-shirt.‭ ‬Elle voyait la bosse enflée dans son boxer.‭ ‬Elle jouait avec lui‭ ‬et il adorait ça.‭ ‬Il leva légèrement les fesses pour l‭’‬aider à se débarrasser de ce dernier rempart.‭ ‬Elle émit un petit rire en se mettant à califourchon sur lui.‭ ‬Elle poursuivit ses caresses entrecoupées de baisers passionnés.‭ ‬House était de plus en plus excité par les ondulations de Lisa sur son entrejambe.‭ ‬Il n‭’‬y tint plus,‭ ‬il saisit Lisa par les épaules et la bascula.‭ ‬Maintenant c‭’‬est lui qui la dominait.‭ ‬Il entama ses caresses,‭ ‬embrassa ses seins,‭ ‬son ventre.‭ ‬La moindre parcelle de son corps.‭  ‬Ses mains descendirent vers le tanga rouge de Lisa,‭ ‬qui s‭’‬ajouta bientôt à la pile de vêtements sur le sol.‭  ‬Leur respiration se faisait de plus en plus rapide,‭ ‬plus forte.‭ ‬Il s‭’‬allongea sur elle,‭ ‬lui murmurant à l‭’‬oreille ‭«‬ guide-moi ‭»‬.‭ ‬Lisa attrapa sa verge tendue à son maximum et l‭’‬amena jusqu’à son entrée‭ ‬intime.‭ ‬Il la pénétra tout en plongeant son regard dans le sien.‭ ‬Il l‭’‬embrassa,‭ ‬longuement,‭ ‬langoureusement,‭ ‬commençant un lent va-et-vient.‭ ‬Bientôt,‭ ‬entre les murs de la chambre résonnèrent‭  ‬des gémissements de plaisirs,‭ ‬de désirs.‭ ‬Des prénoms furent criés,‭ ‬à quelques secondes d‭’‬intervalles,‭ ‬donnant suite à deux vagues de plaisir intense.
Les deux amants,‭ ‬à bout de souffle,‭ ‬restèrent étendus l‭’‬un près de l‭’‬autre.‭ ‬Après quelques minutes de silence,‭ ‬Greg et Lisa,‭ ‬couchés sur le côté,‭ ‬se faisaient face.‭ ‬L’éclat de leurs yeux pétillait,‭ ‬ils affichaient un sourire qui ne semblait jamais vouloir s‭’‬effacer.‭

House :‭ ‬WOAW‭!‬ ….comme dirait le criquet,‭ ‬tu es redoutable.
Lisa :‭ ‬Tiens en parlant de Wilson,‭ ‬elle se pencha au dessus de Greg et décrocha son‭ ‬téléphone.
House :‭ ‬Tu fais quoi là ‭?
Lisa :‭ ‬Je m‭’‬assure que tu finisses de tripoter ta‭ ‬‘patronne‭’‬ cette fois-ci.
House :‭ ‬Humm‭…‬Intéressant‭…‬Viens par là ‭!

House amena Lisa à lui et l‭’‬embrassa.‭ ‬Lui et Lisa ne quittèrent la chambre que très tard dans la journée.


‭«‬ Si c‭’‬est la raison‭ ‬qui fait l‭’‬Homme,‭ ‬c‭’‬est le sentiment qui le conduit ‭»        
Rousseau‭ (‬Jean-Jacques‭)            


Epilogue        
            

14‭ ‬mois plus tard,‭ ‬par une belle journée d‭’‬avril.‭

Wilson :‭ ‬Tu vas te calmer‭ ‬ à la fin ‭!
House :‭ ‬Facile à dire ‭! ‬J’étouffe avec ce truc.
Wilson :‭ ‬Cesse de tripoter‭ ‬cette cravate,‭ ‬elle‭ ‬t‭’‬a rien fait ‭!
House :‭ ‬Mais j‭’‬ai l‭’‬air d‭’‬un idiot‭…‬.Mais pourquoi je lui ai demandé ‭?
Wilson‭ ‬(faisant mine de réfléchir‭)‬ :‭ ‬Parce que tu l‭’‬aimes ‭?
House :‭ ‬Pourquoi elle‭ ‬a dit oui ‭?
Wilson :‭ ‬Pour la même raison,‭ ‬enfin je crois.
House :‭ ‬Je crois que je vais vomir‭…‬merde ‭! ‬Jimmy ‭! ‬Arrête de te foutre de ma gueule ‭!
Wilson :‭ ‬Certainement pas,‭ ‬je m‭’‬amuse trop ‭! ‬Tu es mort de trouille,‭ ‬avoue ‭!
House :‭ ‬Je me‭…

Il fut interrompu par l‭’‬entrée de sa mère dans la pièce.‭ ‬Elle s‭’‬approcha de lui pour le serrer dans ses bras.

Blythe :‭ ‬Tu es magnifique mon grand.
House‭ ‬(embrassant sa mère‭)‬ :‭ ‬Merci maman.‭ ‬Tu es très jolie aussi.‭
Blythe :‭ ‬Flatteur‭…‬Lisa est sublime et aussi nerveuse que toi‭…‬.‭ ‬Si cela peut te rassurer.
House :‭ ‬Je ne l‭’‬ai pas vu depuis avant-hier soir.‭
Blythe :‭ ‬Dans ce cas dépêche-toi,‭ ‬c‭’‬est l‭’‬heure.‭ ‬Les invités attendent.‭ ‬Ils sont déjà tous dans le jardin,‭ ‬assis à leur place.
House :‭ ‬Jimmy t‭’‬as les alliances ‭?
Wilson‭ ‬(tapotant la poche droite de son costume‭)‬ :‭ ‬Elles sont là,‭ ‬pas de panique.

House attrapa la canne offerte par son équipe,‭ ‬une canne épée du‭ ‬19ème,‭ ‬avec pommeau en argent en forme de tête de serpent.‭ ‬Il suivit sa mère et Wilson jusqu’à l‭’‬autel.‭  ‬Sa mère s‭’‬assit au premier rang à côté de la mère de Lisa.‭ ‬Wilson prit place à côté‭ ‬de l‭’‬autel où se trouvait déjà la sœur de Lisa.‭ ‬Ils n‭’‬avaient pas cherché longtemps pour savoir qui seraient leurs témoins.‭ ‬House évitait autant que possible de regarder les invités,‭ ‬il vit Kutner lever son pouce en signe d‭’‬encouragement.
Enfin la musique‭ ‬se fit entendre et Lisa apparut au bras de son père.‭ ‬House en eut le souffle coupé.‭ ‬Ses cheveux bouclés descendaient en cascade sur ses épaules.‭ ‬Elle avait une couronne de fleurs de‭ ‬Lys dans les cheveux.‭  ‬Sa robe‭ ‬blanche parsemée de fils d‭’‬argent absorbait la lumière de telle façon qu‭’‬on avait l‭’‬impression qu‭’‬elle brillait de mille feux,‭ ‬comme un diamant.‭ ‬A partir de ce moment-là,‭ ‬il perdit toute notion du monde qui l‭’‬entourait.‭ ‬Il n‭’‬avait d‭’‬yeux que pour Lisa.‭ ‬Il était sûr qu‭’‬aucune Déesse n‭’‬aurait pu rivaliser avec sa beauté.
Tout se passa comme dans un ralenti,‭ ‬les paroles rituelles,‭ ‬Wilson leur tendant les deux anneaux en platine.‭ ‬Avec simplement leur prénom gravé à l‭’‬intérieur.‭ ‬Et enfin,‭ ‬les mots magiques qui soudaient leur union

Rabin :‭ ‬Vous pouvez embrasser la mariée.

House‭  ‬se pencha vers Lisa et captura tendrement les lèvres de sa femme.‭ ‬Une main dans son dos,‭ ‬l‭’‬autre posée sur son ventre arrondi par sa grossesse.‭ ‬Ils brisèrent le verre ensemble et les invités applaudirent.‭ ‬Wilson fut le premier à‭ ‬les féliciter.

Wilson :‭ ‬Tous mes vœux de bonheur,‭ ‬Monsieur et Madame House.
Lisa‭ ‬(émue‭)‬ :‭ ‬Merci James‭…‬et elle le serra dans ses bras pour le remercier.‭

Deux mois et demi plus tard,‭ ‬Lisa donnait naissance à des jumeaux.‭ ‬Et à la maternité,‭ ‬Grégory House regardait avec fierté les deux petits êtres qui gigotaient dans leurs berceaux.‭  ‬Grégory James et Lisa Blythe.

FIN




ON PREND LES MÊMES ET ON RECOMMENCE !
        

CHAPITRE 1 :

La porte se referma sur lui. Seul. Pour la première fois depuis longtemps.
Seul face à lui-même, face à ce désastre mental.
Avec la perspective d'heures et de jours de douleurs physiques insoutenables, le manque et la douleur... Il n'était plus temps de faire demi-tour. Trop tard.
Et il allait devoir parler à ces gens-là, côtoyer des dingues.
Laisser Cuddy.
Laisser Cuddy.
Il n'arrivait pas à réaliser que cette nuit de rêve n'était qu'une construction de son esprit malade...
-« Monsieur House? Monsieur House? Revenez avec nous... «
« Quoi? «
«  Vous étiez ailleurs... Nous avons besoin de remplir quelques formulaires pour votre admission «
«  Oui, j'étais ailleurs... Je visualisais d'ors et déjà mon évasion... Non, pardon... »
« Votre amie, le docteur Cuddy, nous a faxé vos pièces d'identité, votre assurance, vos dernières ordonnances et votre dossier médical... Vous venez ici de votre propre volonté et nous allons donc confirmer votre admission avec vous... «
Cuddy, mon amie...Sous-entendu ma petite amie... Si seulement ça pouvait être vrai... Plutôt que ce cauchemar!
- « Monsieur House, Docteur?? «
La jeune femme le toucha. Il se dégagea de sa main.
«  Bon, je suis là, la porte est fermée, normalement je ne vais pas me sauver, hein? Surtout avec les deux cerbères qui m'encadrent... «
Putain, il n'arrivait même plus à parler agressivement... Quel désastre...
- «  Docteur House, vous avez bien compris où vous êtes? Vous avez bien compris que vous signiez votre internement volontaire dans cet hôpital ? »
- «  Oui, j'ai compris tout ça. Je viens vomir, avoir mal, m'emmerder, et arrêter mes fichues hallucinations «
- «  C'est bien. Vous avez donné votre téléphone, tous les liens vers l'extérieur au Docteur Wilson. Nous allons vous conduire à votre chambre tout à l'heure. Vos affaires restent ici en vue d'être fouillées. Vous allez rencontrer immédiatement votre médecin référent. Il s'agit du Docteur Nolan. «
House partit vers un autre bureau, délesté de ses quelques affaires, de sa veste... La confiance régnait... Pourtant, pour une fois, il n'avait pas dissimulé de Vicodine ou autre drogue... Il était trop abattu, trop triste, tout simplement, pour pouvoir ne serait-ce qu'envisager de tromper son monde comme un foutu drogué qu'il était en temps normal.
« Normal », d'ailleurs, quelle étrangeté de penser à ce mot, ici, après ce qui venait de se passer...
Oh Putain... Il soupira...
Cette dernière année n'était qu'un gros cauchemar dont il allait se réveiller un jour.
Avoir mal, prendre la vicodine, avoir moins mal, se coltiner Cuddy, la désirer, la faire tourner en bourrique, la provoquer, admirer ses fausses colères, plonger dans son décolleté, attendre qu'elle lui envoie une réplique cinglante, tourner les talons en étouffant un sourire... Dieu qu'elle est belle en colère! Triste, heureuse, amoureuse, aguicheuse..; Elle était toujours belle...

« Docteur House? Nous sommes arrivés chez le docteur Nolan! »
«  Bonjour Monsieur House... Je suis le docteur Nolan. Enchanté de vous connaître, cher confrère »
« Bonjour. Je ne vais pas vous dire que je suis enchanté d'être ici. »
« Mais vous avez choisi d'y venir, vous avez signé votre entrée de votre plein gré, avez donné vos affaires personnelles. Vous avez donc conscience d'avoir besoin de nous pour vous aider à sortir de vos problèmes qui sont, d'après ce que j'ai appris par votre amie le docteur Cuddy, l'addiction à la Vicodine, et des hallucinations dues probablement à cette addiction et à une dépression nerveuse à la suite de décès consécutifs dans votre entourage proche «
Eh bien, Cuddy vous a mâché le travail! C'est une merveilleuse professionnelle! Dit-il d'un ton amer... » J'aurais dû lui demander d'habiter chez elle finalement, elle m'aurait bordé le soir, chanté des berceuses... Ah j'oubliais, Je lui ai demandé d'habiter avec moi! Elle a pris ça pour une blague!! »
C'est intéressant
Oh ça va! On commence tout de suite l'analyse, c'est ça...
L'analyse a commencé à votre entrée dans cet établissement, dr House! Mais nos présentations sont terminées. Vous allez maintenant aller regarder à quoi ressemble votre chambre, et vous pourrez découvrir l'hôpital avec nos infirmiers.
J'ai mal!
Nous allons estimer la prise en charge de votre douleur. J'ai eu peu de temps pour examiner votre dossier médical. Un médecin spécialisé dans le traitement de la douleur va venir demain discuter avec vous de cela. Dans l'intervalle, l'infirmier va vous donner un médicament qui vous soulagera.
Un petit shoot de morphine?
Non, pas aujourd'hui... On verra plus tard...
J'ai mal!
Ce n'est que le début.
Ca promet!
Je n'ai pas besoin de vous faire un dessin, vous êtes médecin, vous avez déjà, sans doute, essayé de vous abstenir de Vicodine par le passé? N'est-ce pas?
Par la force des choses, en effet... Pas volontairement. J'ai mal, je me soigne, je me shoote... Mais les inconvénients commencent à devenir gênants! Halluciner de sexe sans sexe, ça salit les draps!
Intéressant...
Je sens que ce mot ne va pas tarder à me porter sur les nerfs!
Alors nous tâcherons de vous calmer.
Vous pouvez sortir maintenant et aller découvrir votre antre, dr House!
Voici une façon tout à fait élégante de me mettre à la porte!
Oui, je trouve aussi
Et mes cachets?
L'infirmier vous les donnera dans votre chambre!
Surprise donc...
Non, aujourd'hui ce sera paracétamol, juste paracétamol!
Ça ne me fait rien!
Ca soigne la douleur. Un petit anxiolytique en plus et ça se passera bien.
Au-revoir House, à plus tard...
A plus, cher collègue...
Le docteur House tourna les talons, avec une furieuse envie de débarrasser le bureau avec sa canne, de taper ce con de médecin pour tarés... Mais il était un peu plus grand que lui, près de 2m, avec des épaules de catcheur... Pas assez en manque pour se faire mal...
D'ailleurs, cet hôpital était principalement peuplé de catcheurs professionnels...

Le Docteur Nolan songeait quant à lui que House allait lui donner du fil à retordre. On sentait l'homme brillant derrière la carapace d'agressivité, on sentait l'homme blessé, et l'enfant... On sentait décidément beaucoup l'enfant en lui. Le père décédé dans l'année... Intéressant...

House sortit du bureau avec un sentiment d'oppression. La douleur explosait dans sa jambe.
La douleur vrillait sa tête. Il avait mal de tout. Envie de tout casser sur son passage.
Il partit vers l'ascenseur avec les deux infirmiers.
Sa chambre, 1er étage, 119...
A partager...
Un jeune homme était allongé. Brun. Qui lui jeta un regard haineux avant de se tourner vers le mur.
Michael, voici ton nouveau voisin de chambre! Il s'appelle Gregory House!
Mr House, voici Michael Bernstein. Vos affaires sont dans ce placard. La salle-de-bain est là. Les serviettes sont changées tous les deux jours. Les draps aussi. Vous ferez connaissance plus tard. Nous allons vous faire visiter les lieux de vie, les salles communes.
Je n'ai pas envie de me mêler aux autres. Je veux me désintoxiquer, vite, et partir. Vite aussi.
Vos repas seront toujours pris en salle commune, sauf si votre état nécessite l'isolement, c'est la règle.
Vous verrez Monsieur, notre salle de gym est très bien, la bibliothèque est bien fournie et dans la grande salle, nous avons même deux pianos!!
Le plus grand des deux infirmiers, un gros bébé tout blond avec une voix de chanteur d'opéra s'exprimait avec un enthousiasme écoeurant...
Ca va ! C'est pas la peine de me faire l'article! Je sais que ce n'est pas le Carlton!

Il arriva dans une grande salle très lumineuse, en opposition avec les longs couloirs des chambres.
Il y avait deux-trois tarés qui se balançaient, quatre pantins baveux, une belle fille aux yeux vides, et surtout un jeune homme en train de se taper la tête contre la vitre qui donnait sur le parc.
Autour de lui, des malades d'âge indéterminé qui criaient en tapant des pieds, et quelques hommes en blanc qui essayaient d'accéder au garçon mais ne progressaient que difficilement avec les hystériques de service.

waouh, les mecs, vous êtes dingues!

Ce furent les dernières paroles qu'il prononça distinctement durant deux semaines!
Les premières heures dans un mutisme total.
Il sombra ensuite dans un délire permanent, un monde parallèle fait de douleur extrême, de souffrance quasi-fatale, un cauchemar permanent durant lequel il ne vit que des fantômes autour de lui, des fantômes morts et des vivants, des figures blanches qui le maintenaient, son père ce fantôme si grand et si brutal qui le maltraitait, qui l'enfermait dans un placard ou le liait sur son lit...
Aucune figure amie, sa jambe comme une ouverture béante sur la folie, un cataclysme de haine et de tristesse...


CHAPITRE 2 :

Lisa Cuddy arriva à l'hôpital, un peu stressée à l'idée du mensonge qu'elle avait passé le week-end à réciter ...
Elle avait longuement parlé avec Wilson, ils avaient mis une version au point, pas si éloignée de la vérité : House avait eu un malaise dû à la vicodine et à l'absence de sommeil...
Il avait pris la décision de suivre une cure de désintoxication dans un centre anti-douleur.
Elle avait pris elle-même la décision de ne pas nier les propos qu'il avait tenus au balcon de l'hôpital. Elle assumait...
Pour la cohérence de l'ensemble...
Tant pis...
Après tout, tout le monde pensait qu'ils étaient amants...
Ce n'était pas si grave.
Il serait toujours temps d'en parler avec House à son retour.
Elle n'arrivait pas à réaliser qu'il souffrait à ce point, qu'il en était devenu fou...
Elle avait pleuré toute la nuit précédent le mariage de Cameron et Chase, s'était accrochée à Rachel comme à une bouée de sauvetage.
Elle était restée quelques heures avec eux deux. House lui tenant la main, le regard perdu, ou donnant quelques indications pour sa valise. Des heures de silence, de longs regards douloureux, chez lui...
Elle avait l'impression que ces pièces étaient pleines de fantômes.
Wilson lui avait raconté le voyage vers l'hôpital, le silence. Ce monstrueux bâtiment écrasant, le temps plombé...
Ils avaient l'impression d'avoir pris 20 ans, tous les deux.
Il pensait avoir passé la nuit avec elle, qu'elle l'avait aidé à se désintoxiquer, et qu'ensuite, ils avaient fait l'amour, comme des fous... En un sens, tout était cohérent.
Cohérent à la House.
Il l'aimait. A sa façon, mais il l'aimait.
De toute façon, ça ne serait jamais simple avec lui. S'il pouvait aller mieux, s'il pouvait réussir, pour une fois... Il serait toujours House. Il serait toujours un con. Il serait toujours trop franc. Il serait toujours à regarder le cul des filles. Mais elle était prête à ça. Il l'aimait.

Cameron débarqua dans son bureau, rayonnante.
Ca : «  J'ai un cas pour House, un homme de 45 ans sans fièvre, au contraire, il est à 34°! Aucun autre symptôme...Il est en train de mourir. «
C : «  House n'est pas là. «
Ca : «  Il est encore en retard. «
C : «  Non, il a eu un malaise, il est souffrant «
Ca: «  Où est-il, dans quel service? «
C : «  Il n'est pas ici. Et je ne vous dirai pas où il est hospitalisé. Il a besoin de faire le vide. Il a besoin de faire le point. «
Ca : «  La vicodine «
C : « Oui. «
Elle se regardèrent d'un air accablé, désolé.
C : «  Ecoute Allison, le mieux serait que tu n'ébruites pas trop la nouvelle dans l'hôpital. Je parlerai personnellement aux membres de son équipe. Je pense demander à Foreman de remplacer House pendant le temps de son hospitalisation. J'ai trouvé deux médecins pour l'équipe de chirurgie, et les urgences pendant votre voyage de noces...
Autant dire que ce week-end, je n'ai pas chômé «
Ca : «  Lisa, je suis désolée... House est un con, mais je l'aime vraiment beaucoup, et à l'idée de ne pas le voir pendant un mois ou plus, ça me fait drôle... Et puis je sais... pour vous deux... «
C : «  Oui, tout l'hôpital sait, la moitié de la ville doit être au courant... C'est House... «
Elle se força à sourire...
Ca : «  Vous allez aller le voir? «
C : «  Pour le moment, je n'ai pas le droit d'aller le voir. Pendant tout le temps du sevrage, il doit être seul. Aucun contact. «
Ca : «  Je suis désolée pour vous deux. Vous aviez des projets? C'est étrange tout de même, de craquer alors qu'il venait juste d'avoir ce qu'il voulait«
C : «  Je n'ai pas envie d'en parler, Allison, tout est bouleversé, House me manque. Je vous souhaite beaucoup de bonheur, à Chase et à vous. Il faut laisser du temps au temps... Et puis ça arrive, justement, quand on concrétise quelque chose qui tient à coeur, de décompenser, de prendre aussi la décision de se désintoxiquer «
Ca commençait à énerver Lisa, cette sollicitude. Décidément, elle aimait bien Cameron, mais le côté Barbie rose lui pesait parfois... Et puis elle avait toujours une petite méfiance vis-à-vis d'elle... D'elle et de ses sentiments pour House.

Lisa se leva.
Elle raccompagna Cameron vers la porte de son bureau et se dirigea vers les ascenseurs en vue d'aller s'expliquer avec les diagnosticiens.
Elle vit James dans le hall. Il se saluèrent d'un air entendu, un sourire triste aux lèvres.
Elle entra dans la salle de réunion d'un pas décidé.
Les trois survivants l'attendaient, Treize en train de bouquiner, Taub absorbé par son café, Foreman appuyé contre la porte du bureau de House.
Elle prit une longue inspiration :
C :«  Bonjour ! Avant toute chose, House est absent pour un temps indéterminé. «
F : «  Vous l'avez viré après l'esclandre de vendredi? «
Elle s'y attendait, et répliqua :
C : «  Je lui ai dit que je le virai. Mais je ne l'ai pas fait. Il a fait un malaise dans mon bureau. «
Treize se leva, ses yeux agrandis instantanément par la peur.
T: «  Il est où? Il est rentré chez lui, chez vous? Après tout vous... «
Elle ne termina pas sa phrase, foudroyée du regard par Foreman...
C : «  Nous avons en effet une relation, tous les deux. J'aurais préféré que tout l'hôpital ne soit pas au courant, mais c'est trop tard..
. Non, il est hospitalisé ailleurs. Il a décidé d'entamer un sevrage de la vicodine.
Il va également suivre un programme dans un centre anti-douleur . Je ne sais pas quand il reviendra ni dans quelles conditions.
Elle leva la main en haussant la voix quand elle vit Foreman, Treize et Taub ouvrir simultanément la bouche.
C :A ce propos, je vous charge de ce service, Foreman, si vous êtes d'accord, bien sûr... Et si vous ne l'êtes pas, je vous vire.
Ce n'est ni le jour ni la semaine pour m'emmerder!
Voici votre premier cas en tant que patron par interim! Au boulot !!! 
Lisa tourna les talons après avoir balancé le dossier sur la table. Elle n'arrivait pas à regarder vers le bureau de House. Elle quitta l'étage en passant par les escaliers, pour ne rencontrer personne. Elle était au bord des larmes, une boule dans la gorge l'empêchant de respirer correctement.
Merde, elle n'allait pas faire une dépression nerveuse, elle aussi!!
CHAPITRE 3 :


House émergea lentement de ses cauchemars.
Il savait qu'ils étaient dus aux médicaments qu'on lui avait donnés, au sevrage, à toute cette merde de vicodine qu'il traînait dans son corps.
Sa jambe le faisait souffrir, mais de façon raisonnable.
Il se vit dans le miroir, amaigri, gris... 15 ans de plus...
Pas envie de parler.
Pas envie de manger.
Envie de crever.


CHAPITRE 4 :

La thérapie avait commencé.
Nolan : Vous êtes capable de produire de la souffrance à la tonne. En lot. Vous êtes un cas. Merveilleux cas...
H : tu parles d'un compliment!
N : C'en est un. Les malades sont d'un banal souvent. Vous me changez du vulgus.
H : L'aristocratie de la folie.
N : Oui, vous êtes un prince.
H : Vous mangez quoi?
N : des donuts. Servez-vous...
H : de la vraie nourriture, alors qu'ici, c'est haricots et viande sans gras... On veille sur mon cholestérol. Pas d'alcool, pas de pétards, pas de sexe...
N : Pas de sexe? Il y a bien quelques obsédés pourtant, une nymphomane... Mais elle est en train de comprendre des choses... Ahhh, vous seriez arrivés il y a encore 4 mois, elle vous aurait retiré la santé à force de vous provoquer, de vous tripoter dans les placards...
H : Merde, j'aurais dû venir dès que j'ai commencé à salir mes draps à cause de Cuddy!

Il se mordit la langue, s'arrêta net. Elle avait surgi comme ça. Il essayait de toutes ses forces de ne pas penser à elle, et cet enfoiré avait tout fait ressurgir entre deux donuts!

H : Sale connard de peau d'boudin! T'es fier de toi, je parie?
N: Oui!
Vous avez évoqué LA femme. Cherchez la femme, disent les Français... Je me demandais combien de temps vous alliez mettre pour me parler de la délicieuse Lisa...
H : Délicieuse... Vous la connaissez? Elle a une paire de seins à damner un homme et elle bouge du cul comme une reine... Et avec ça, vicieuse,vous n'imaginez pas...
N : Et inquiète pour vous...
H: ma chérie s'inquiète? Et je dois tomber en pâmoison ? C'est ça?
N'empêche que lorsque j'allais mal, elle est retournée torcher sa bâtarde au lieu de s'occuper de son grand amour...

Il avait envie de hurler mais il n'arrivait qu'à siffler ces mots...

N : C'est comme ça que vous appelez sa fille? Et après vous vous étonnez qu'elle vous laisse pour aller s'occuper de cette enfant qui, elle, lui donne tout son amour...
Si vous n'arrivez pas à comprendre cette évidence, vous êtes partis pour passer votre vie à bouffer des haricots verts et du filet de dinde sans sauce! Je serai à la retraite avant que vous ne sortiez!
H : Pourquoi prendre un gosse? Pourquoi s'encombrer alors qu'elle pouvait vivre, s'occuper de ce qu'elle sait le mieux faire, être la maman de l'hôpital!
N : Et de vous?
H : Et de moi... Sauf que c'est un peu incestueux. Je n'ai que des rêves pervers, la concernant.
N : je ne crois pas. Je pense que vous n'êtes que romantique vis-à-vis d'elle. Et c'est la raison pour laquelle vous ne la sautez pas!
H : Ah mais moi je veux la sauter! Je veux la baiser dans tous les sens! Je veux qu'elle crie grâce! Je veux qu'elle hurle de bonheur à chacun de mes coups de rein!
N : Vous voulez de la baise démonstrative!De l'amour démonstratif? Sûr? Vous êtes sûr de ça? Vous voulez que tout le monde la voit amoureuse de vous, folle d'amour de vous? Mais vous? Etes-vous prêt à vous montrer fou d'amour pour elle?
H : JE me suis montré fou d'amour pour elle, si je me souviens bien...
N : Oui, sur quelque chose de faux. Avec vous, il manque toujours un morceau. Le début, ou la fin, ou le milieu. Vous vous arrangez toujours pour que quelque chose n'aille pas, vous êtes un hypocrite House!
H : Moi? C'est vous qui êtes dingue!
N : Vous êtes un hypocrite sous vos airs j'm'enfoutiste! Vous faites sciemment toujours foirer quelque chose pour vous laisser une porte entrouverte pour vous barrer! Vous êtes un hypocrite, House! Vous êtes un trouillard!
Ca ne vous fait pas peur de cogner un géant, mais à l'idée d'affronter un bébé, ou une femme, vous vous sauvez dans vos comprimés, dans votre drogue, ou dans vos rendez-vous avec des putes!
Ca, je suis sûr qu'elles savent plein de choses, ces putes! Que même votre meilleur ami ne sait pas! Vous cloisonnez! Vous trichez!
H : arrêtez de m'emmerder avec vos suppositions débiles. Vous m'avez eu une fois, pas deux!!
N : Ca y est, vous allez bouder, maintenant...
Allez, barrez-vous!
Vous avez un atelier de musique à suivre.
H : je vais dans ma chambre
N : Non, vous allez jouer du piano, l'artiste! C'est un ordre!
H : Allez vous faire foutre!
N : Vous irez parce que j'ai besoin de vous sur ce coup!
Le docteur Nolan marqua un temps d'arrêt, espérant avoir suscité de la curiosité chez House.

N : Nous avons une jeune femme, une violoncelliste, qui a besoin de jouer avec un accompagnateur. Elle est un peu spéciale, comme vous... Une aristocrate, elle aussi. Je n'arrive pas à savoir ce qui a pu transformer une artiste reconnue épanouie dans son art en un chat sauvage prêt à mordre quiconque s'approche d'elle ou de son instrument.
Vous êtes diagnosticien, et d'après Lisa, le meilleur du pays. Vous n'êtes pas psy, mais
vous verrez peut-être des choses que je ne sais pas voir.
N'ayez pas l'air étonné. A force de côtoyer toujours les mêmes personnes, le même type de folie, il se crée une espèce de routine ronronnante qui empêche de trouver la solution.
Je suis comme vous House, je suis un diagnosticien...
Vous vous attaquez au concret.
Je m'attaque à l'abstrait.
Nous sommes faits pour nous entendre.
H : J'ai l'impression d'être votre rat de laboratoire.
Je ne vous aime pas.
N: Je n'ai pas envie de votre amour. Ca tombe bien. Je suis votre médecin et je suis là pour vous guérir. Si vous pouvez me servir en prime, c'est un bonus.
H : Nous n'avons même jamais parlé de mes hallucinations. Des personnages qui m'apparaissent.
N: Ca viendra en temps utiles. Nous avons parlé de Lisa, aujourd'hui. C'est un début. C'est la première fois en un mois que nous communiquons. A ce rythme-ci, nous en avons pour des années!
H : Vous êtes un connard.
N : Vous avez perdu votre licence. Et je suis la seule personne qui vous aidera à la récupérer. C'est entre vos mains, ou plus exactement dans vos méandres, dans votre abstrait. Toute cette partie de vous que vous laissez de côté.
Allez, du balai!!! Rendez-vous utile, ça vous changera!


CHAPITRE 5 :

House débarqua en salle commune. Les deux pianos étaient là, comme prévu.
Une femme vint à sa rencontre.
B : Bonjour ! Je suis le docteur Beasley! Comment puis-je vous appeler? Gregory?Monsieur House?
H: House... Comme tout le monde...
Elle l'énervait déjà la blondasse. Il avait l'impression de voir le même air gentillet que Cameron. Et autant il supportait Cameron parce qu'elle était un bon médecin, et en totale fascination pour lui, autant son côté gentil le gonflait profondément.
H : Alors on fait quoi, là? On m'a donné l'ordre de venir pour une thérapie par la musique mais je vous préviens que je ne vais pas faire do re mi fa sol pour que trois débiles me parlent de leurs envies incestueuses pour leur mère!
N : Ce n'est pas du tout le but, je vous rassure.
Elle lui sourit d'un air avenant.
N : Pour la première séance, vous allez juste jouer, ce que vous voulez, ça vous fera du bien...
H : Vous vous foutez de ma gueule? Vous décidez que ça va me faire du bien? Comme ça...Je ne joue pas dans ces conditions moi... Je ne suis pas un robot...
N : Calmez-vous! Voyons...Le docteur Nolan ne vous a pas expliqué que nous essayons de reprendre contact avec la jeune fille que vous voyez au fond de la salle, accrochée, que dis-je, arrimée à son violoncelle?
H : Si, il me l'a dit... Mais ça ne change rien au fait que je ne suis pas votre boy!
N : Regardez-la... On n'arrive pas à croire qu'elle a pu être la plus grande découverte musicale classique il y a 2 ans, Classical Music awards à New York, en Grande-Bretagne, BBC young musicians, Tchaïkovsky competition... Que s'est-il passé? Nous n'arrivons pas à savoir...
Elle nous crache dessus, nous ne pouvons pas l'approcher, elle a le comportement d'un autiste alors qu'elle parle.
Nous n'avons rien trouvé aux examens, qui ont été réalisé sous anesthésie... Une vraie terreur des autres. Elle ne s'apaise qu'en jouant...
House examina la jeune femme de loin, car ce n'était plus une jeune fille, en apparence au moins. Elle tenait son instrument comme si sa vie en dépendait. Il nota qu'elle semblait avoir du mal à avaler sa salive.

Il se décida à aller vers elle:

Margot : «  Me touche pas!, siffla-t-elle lentement en le fixant de ses grands yeux marrons, «  Me touche pas ou t'es mort! «
H : je n'ai pas l'intention de te toucher, t'es pas mon type de fille!
M : Touche pas mon violoncelle non plus! Sinon t'es mort aussi!
H : J'ai peuuur, je suis terrorisé... Fit-il en roulant des yeux...
M : Connard!
H : Connasse! Enchanté de te connaître! Tu sais en jouer ? De ton biniou? Ou c'est juste un style.
M : Pauv' con!
H : On joue quoi alors? Du classique, du jazz?
M : Je joue pas beaucoup le jazz, c'est mauvais pour le classique, on perd la précision.
H : On gagne en maîtrise. L'un n'empêche pas l'autre. Alors, Beethoven? Debussy? Rachmaninov? Schubert?
M : Tu connais tout ça? C'est ton métier?
H : Non, mon métier c'est malade, comme toi... Ca empêche pas de savoir jouer du piano.
M : J'ai chaud. Il fait toujours trop chaud. J'ai mal aux jambes, j'arrête pas de transpirer et j'ai trop chaud! Mais putain d'hôpital de merde! On peut même pas ouvrir les fenêtres!!!!!
La jeune femme était chatain, elle avait un visage au traits un peu grossiers, sa peau était un peu luisante. On voyait qu'elle crevait littéralement de chaleur.
M : je ne peux pas jouer, il fait trop chaud!
Son visage était assez inexpressif, sans doute un peu trop droguée pour exprimer autre chose que de la rage.
H : Je vais jouer un peu de Schubert alors... La partition qu'on a gentiment laissé sur le piano... Dit-il d'un air narquois à l'intention de la blondasse...

Il s'assit, se mit à jouer doucement l'intro de la sonate Litanei de Schubert...
Elle s'apaisa doucement...
Puis prit son instrument et commença à jouer, de tête, cette sonate...
Les autres malades s'arrêtèrent dans leurs occupations diverses. Le son du cello était parfait, la maîtrise parfaite, la respiration de l'artiste un peu lourde, la transpiration constante...
Elle termina le morceau littéralement trempée, le visage rouge, de la bave aux coins des lèvres.
M : je suis trop fatiguée. J'ai trop chaud.
Elle parlait très lentement, de façon un peu sifflante... C'était très étonnant de l'entendre insulter les autres de façon à la fois si virulente et si calme.
M : Je veux rentrer dans ma chambre. Donnez-moi un fauteuil...
Elle se leva difficilement, mit son instrument dans le fauteuil roulant et partit lentement vers le couloir, l'air épuisée, sans un regard pour House ou le docteur, et encore moins pour les autres patients.


CHAPITRE 6 :

H : Alors vous jouez le rôle de la femme médecin gentille, en opposition au méchant docteur noir, c'est ça?
B : Nous n'avons pas la même spécialité, le docteur Nolan et moi. Il est psychiatre en chef, il diagnostique... Je suis psychiatre aussi mais avec une spécialité en psycho-motricité...
D'ailleurs, en parlant de motricité, votre traitement anti-douleur a l'air de fonctionner... Vous boitez raisonnablement. Je vous ai vu, tout à l'heure, sans votre canne, au terrain de sport, et vous marchiez assez bien.
H : Depuis que Cuddy m'a injecté de la kétamine, ça va mieux qu'avant.
Il se maudit intérieurement d'avoir parlé d'elle.
B : Les anti-dépresseurs que vous prenez sont très utiles contre les douleurs chroniques comme les vôtres. Ils soignent la souffrance.
H : Si vous pouviez éviter de me faire un cours de médecine ou de pharmacologie, ça m'arrangerait. J'ai testé quasiment tout ce qui peut se prendre, y compris la métadone, qui est indubitablement la plus grande réussite comme traitement anti-douleur, souffrance...
Malheureusement, ça m'engourdit tellement le cerveau que je ne suis même plus capable d'analyser une appendicite.
Avec ce truc, je me marie, j'achète une maison, un chien, trois canaris et des poissons rouges, et je fais même des gosses... Mais pas à Cuddy, c'est le problème... Vous avez bien envie que je parle d'elle, puisque je l'hallucine, non?
Dit-il, provocateur...
B : Vous me parlez d'elle si ça vous apporte quelque chose. Mais pourquoi le gentil House ne pourrait pas se marier avec Mlle Cuddy?
H : Cuddy? Elle ne peut pas se marier avec un homme tout lisse. Ca peut la tenter, mais elle ne va pas plus loin. Elle n'est jamais allée plus loin. Elle aime trop la difficulté. C'est la seule femme que je connaisse qui ne soit pas facile. On croit que c'est dans la poche, et d'une pirouette, elle en veut plus. Ou elle n'en veut plus. Elle serait trop contente d'avoir gagné la partie, et au bout d'une semaine en serait à me dresser des pièges sophistiqués pour que je me remette à jouer avec elle. Non, le gentil House ne pourrait même pas se marier avec une Cameron puisqu'il ne souffrirait plus. D'ailleurs, je ne suis même pas sûr que je banderais, avec une Cameron, sous métadone...
Ce serait triste. Non? Et ça serait plus compliqué pour faire des mômes...
B : Vous êtes drôle, House...
H: Vous succombez à mon charme, déjà...
B : Vous jouez tout le temps House. Vous n'avez pas grandi, en fait. Tout à l'heure, au terrain de sport, vous avez terrorisé ce pauvre Mark, juste pour deviner le diagnostic. Vous n'avez pas de limite. Et même si je vous trouve charmant, je n'aimerais vraiment pas vous avoir pour compagnon.
H : Je vous ferais peur?
B : Peur n'est pas le mot. Certaines femmes ont besoin d'une certaine stabilité dans leur vie affective pour s'épanouir, et vont épouser le premier homme rassurant. D'autres vont attendre de rencontrer le bon. D'autres encore ne seront jamais satisfaites ou auront besoin de vivre dangereusement. Cette Mlle Cuddy a l'air de cette trempe, tout comme vous. Mais il serait nécessaire pour vous de vous demander si vous êtes réellement amoureux de cette femme ou amoureux de l'amour en ce moment. Peut-être avez-vous juste embelli une tentation amoureuse pour vous rassurer. Nous sommes là pour vous aider à vous retrouver dans le labyrinthe que vous avez créé dans votre esprit pour vous protéger.
H : C'est très joli comme expression « amoureux de l'amour »...Il va falloir que je trouve quelqu'un à embrasser,voire plus, pour me rendre compte de mes sentiments, c'est ça?
B : Non, ce n'est pas ça... C'est un processus...
H : Vous allez vous dévouer...
B : Ne dites pas de bêtises, House...
H : Je suis fou, j'en dis si je veux... Je suis libre d'en dire, ça ne tuera pas un patient...
B : Vous tournez tout à la dérision. On dirait que vous avez peur de sortir... On peut le comprendre. Comment l'affronter???
H : Et si on parlait plutôt de notre violoncelliste? Là, j'en ai marre de toutes ces supputations... Je vous propose de mettre en pratique vos déductions, et vous me repoussez. Je ne peux pas progresser dans ces conditions.
House sentait monter une vague de haine en lui. Il avait encore une fois envie de tout casser, envie de s'enfuir, envie de se bourrer de comprimés. Ils n'arrêtaient pas de parler de Lisa, de lui et Lisa, de l'amour...
Alors que tout de même, Kutner était mort, son père était mort, Amber était morte...Et eux, on n'en parlait pas. Ils venaient le visiter régulièrement, mais ça n'était pas grave, hein...
Ils étaient juste morts et ils lui parlaient. Ils lui parlaient de la violoncelliste. Pratique.
Il faisait son différentiel avec eux...
B : Donc vous continuez de les voir, vos morts? Je pensais que c'était fini depuis l'arrêt de la vicodine.
H : J'ai pensé tout fort...
B : oui! Je suis contente d'avoir entendu ça.
H : je suis complètement taré, comme les autres.
B : Nous pensions que ces hallucinations avaient cessé avec l'arrêt de la Vicodine.
Ca remet beaucoup de choses en perspective.
Il faut prévenir le docteur Nolan tout de suite. Ce n'est pas normal du tout.
H : Vous me donnez quoi comme traitement. Je ne reconnais pas les pilules. Des neuroleptiques, je suppose, de quelle classe?
B : Je ne vous répondrai pas. Et ne me faites pas ces yeux, et arrêtez de serrer les poings. Je sais que vous savez être violent, vous nous l'avez prouvé en agressant votre infirmier.
H : J'ai agressé un infirmier, moi?
B : Arrêtez de jouer, House!
H : Je ne joue pas, et maintenant vous allez me dire ce qui se passe. Je ne suis pas schizophrène. Hurla-t-il...
B : Non, non, je ne pense pas... Nous ne le pensons pas...
J'appelle le docteur Nolan...
H : Vous me donnez quoi comme médicaments?
B : Des neuroleptiques...De la tiapride. C'est un …
H : Neuroleptique atypique, antagoniste sélectif des récepteurs dopaminergiques D2 et D3,qui agit aussi bien sur les symptômes positifs que négatifs, et qui a une action anti-douleur...
Tu parles d'un spécialiste en diagnostic! Vous n'en savez rien, de ce que j'ai!
Voilà, dites-le une bonne foi pour toutes!
J'ai mal, merde!
B : Vous n'aviez pas mal tout à l'heure!! Calmez-vous!
House balaya la table du médecin qui recula, terrorisée par ce brusque accès de violence pure. Il frappa des deux mains le bureau.
Les infirmiers déboulèrent pour le maîtriser. Vue sa carrure et sa force physique, ils n'étaient pas trop de deux! Il se retourna et renversa le premier arrivé avec son fauteuil. Le deuxième s'écroula contre la porte en effet domino. House abattit son poing par deux fois sur l'infirmier au sol avant que le deuxième ne réussisse à le maîtriser. Le docteur Nolan apparut et lui fit une injection dans le cou qui le terrassa en quelques secondes...
N : Emmenez-le en isolement!
B : Ce n'est pas de sa faute! Nous nous sommes trompés dans son traitement.
N : Vous êtes bien une femme!
Mais écoutez-vous parler, bon sang! « Ce n'est pas de sa faute »...
Toutes les femmes sont folles de lui, ma parole!
Entre le docteur Cuddy qui me téléphone tous les deux jours mais qui doit mourir d'envie de m'appeler à longueur de journée, et maintenant le docteur Cameron qui prend aussi de ses nouvelles! Je vais finir par lui interdire les femmes s'il vous transforme toutes en baby sitters!
B : Il a toujours des hallucinations, il a mal, visiblement, mais par accès. Je suis inquiète pour lui. Il ne progresse pas. Il faut que nous l'intéressions davantage à son propre cas, mais aussi aux autres.
N : Je le sais qu'il est altruiste! Il mourrait d'avoir à le reconnaître, mais c'est incontestablement une des personnes les plus hétérocentriques et sensibles que nous ayions eu dans ce service! Nous avons un problème car le tiapride avait pour avantage de diminuer ses douleurs en même temps qu'il était apaisé. House souffre incontestablement de bouffées délirantes aïguës.
Je pense que le diagnostic évoluera favorablement.
Maintenant, on ne pourra pas le lâcher dans la nature avant plusieurs mois. Je n'aimerais pas que ça revienne. Je n'aimerais pas qu'il soit schizophrène. Il est réellement passionnant, cet homme. Le docteur Wilson m'a dit que son père était un militaire extrêmement strict, qu'il n'y avait aucune communication entre eux. Il m'a dit aussi que House, enfant, a compris que sa mère avait eu un amant. Il a déduit que cet homme était son père biologique. Au décès de son père, il a réussi à prélever sur son cadavre un échantillon pour une recherche génétique qui a prouvé qu'il avait raison!! C'est Sherlock Holmes que nous soignons!
B : C'est dévastateur sur une personnalité enfantine, toutes ces découvertes... Même s'il s'est montré heureux de ne pas être le fils de ce père détesté, l'image de la mère et surtout de la femme en a pris un gros coup.
N : La confiance et la défiance. Relâcher la pression. Se confier sont des tâches surhumaines pour lui. Il a va souffrir. Normal qu'il ne se confie qu'à des prostituées, qu'il n'ait confiance qu'en elles...
Le problème, c'est que je ne vois pas comment lui trouver un médicament efficace qui agisse aussi sur sa douleur qui est là. Les interactions peuvent être redoutables chez un hypersensible comme lui. On vient de le voir... Je ne veux pas en arriver à la sismothérapie avec lui...
B : Nous devons l'impliquer davantage dans son processus de guérison. Nous devons l'impliquer dans son traitement. Nous devons l'impliquer dans le traitement des autres malades!
N : J'ai l'impression, oui. Ca va swinguer! Il va falloir le laisser un peu plus libre et ça fait peur!


CHAPITRE 7 :

Cuddy tournait et virait dans son bureau, son élastique décrivant des tours et des tours entre ses doigts.
Tout marchait de travers!
Stupidement, Wilson avait fini par dire à Cameron et à Chase que House avait eu un gros problème de perte de contrôle de lui-même. Des hallucinations.
Chase avait tout de suite compris que l'hallucination portait sur leur nuit d'amour...
Sa femme avait eu un petit sourire surpris et satisfait. Et Cuddy lui aurait bien mis une baffe pour cela.
Chase était de plus en plus intéressant comme garçon, de plus en plus fiable et fin .Bien sûr Cameron s'était confiée à Foreman... Et Treize... Ben Treize avait tout deviné... Très intuitive cette fille.
Cameron était donc insupportable. Foreman se conduisait comme un gros con imbu de sa personne qui abusait de son poste aux dépens de Treize qui commençait à souffrir. Taub avait du mal à le supporter mais faisait son travail correctement. Un bon chirurgien décidément. A exploiter en collaboration avec Chase...
D'ailleurs, ce serait à refaire, elle mettrait Chase à la tête du service...
Encore qu'il avait du mal à prendre des décisions, avant...
Cameron... Aux urgences, ça passait... Mais psychologiquement, Cameron à la place de House, ça lui retournait complètement la cervelle!
Wilson qui passait de plus en plus de temps à vouloir sauver l'humanité, son frère, l'infirmière qui travaillait à l'hôpital de son frère, House... Elle... Rachel qui étouffait sous les jouets...
Et ce fichu docteur Nolan qui donnait des informations au compte-goutte. House qui venait d'être mis en isolement après avoir frappé un infirmier. A cause du traitement. Ou à cause de son caractère de merde!
Mais comment pouvait-elle être amoureuse depuis si longtemps de ce piège de bonhomme!

Parce qu'il la faisait rire. Parce qu'il la surprenait toujours. Parce qu'il avait des yeux incroyablement perçants et beaux. Parce qu'il savait même deviner à quel moment de son cycle elle était. Parce qu'il était le seul homme avec lequel elle pourrait communiquer sans parler. Parce qu'il avait un sourire renversant. Parce que ses mains étaient les plus belles mains de la terre entière. Parce qu'elle se souvenait de ses mains sur son corps. Parce qu'elle mourrait d'envie que ces mains la retouchent encore et encore. Qu'ils se serrent encore l'un contre l'autre. Qu'ils se cherchent et s'embrassent encore...
Merde! Dit-elle tout haut...
Il rentrerait dans le bureau maintenant, je lui sauterais dessus comme une chienne en chaleur! Je suis lamentable... dit-elle tout bas avec un petit rire...
T : Docteur Cuddy...
C : Pardon? Ah Treize...
Treize se tenait devant elle, les yeux agrandis de détresse, le teint livide...
T : Il m'a virée. Je viens vous en informer.
C : Asseyez-vous... Que s'est-il passé?
T : Non, je reste debout. Je ne peux pas m'asseoir sinon je vais rester écrasée comme une merde et je vais me mettre à pleurer, et je n'ai pas envie de perdre complètement ma dignité.
C : Vous avez raison. Restons debout et brandissons bien haut l'étendard de notre fierté d'être des femmes fortes !
Putain, tout va de travers en ce moment... Dit-elle désabusée...
T : Il m'a virée pour rien. J'ai donné le traitement au malade. Il a fait une réaction allergique, j'ai balancé l'adrénaline... Il est arrivé en pleine guerre, avec le malade qui convulsait, et il m'a traîtée d'incapable... Alors je lui ai dit qu'au lieu de m'insulter, il ferait mieux de trouver la maladie du patient!
Le tout devant la femme du patient, dit-elle en faisant une grimace...
Là, j'ai un peu perdu mes nerfs, je suis désolée...
Mais il est sur ma peau en permanence. Je n'en peux plus. Je lui ai rendu ses affaires hier, celles qui restaient chez moi.
C : C'est fini entre vous deux, si je comprends bien.
T : Oui, je crois. Ce n'est pas l'idée que je me faisais de la vie à deux. Dit-elle au bord des larmes.
Quand Kutner est mort, je suis allée le voir chez lui parce que je ne supportais pas l'idée d'être seule. C'est moi qui l'ai trouvé, et c'était tellement... brusque... tellement ...sanglant... triste... Et nous n'avons rien senti venir...
Nous étions tellement dans notre petite vie, dans notre petit travail, dans ma maladie... Foreman m'a jetée.
Il n'a pas voulu de moi.
Et, même si ça c'est arrangé après, je crois que ça a cassé quelque chose, des deux côtés. Il ne veut pas d'une femme malade. Il m'a peut-être prise par pitié...
C : Je ne pense pas, Remi. Vous êtes belle et intelligente, et brillante, et drôle... Vous êtes séduisante. Vous êtes peut-être trop dangereuse et trop forte pour lui...
Elles se sourirent tristement.
C : Je n'ai pas encore eu la visite de l'épouse du patient. On va voir ce qui se passe. Et le patient dans tout ça?
T : Je penche pour une maladie auto-immune, la polymyosite, parce qu'en plus des symptômes myalgiques, il a une fièvre, et des oedèmes musculaires. Et Foreman est complètement branché sur l'épidémie de grippe du porc couplée à un déficit neurologique pré-existant. Mais House dit toujours que le cumul, c'est rare...
Treize réalisa instantanément qu'elle aurait dû s'abstenir de parler de House... Et puis merde,pensa-t-elle...
T : Il vous manque... Vous êtes inquiète pour lui.
C : Je ne vais pas vous mentir. Après tout, vous avez été franche avec moi...
J'en crève de ne pas le voir! Ses vacheries, ses taquineries, ses conneries me manquent à un point que vous n'imaginez pas. J'étais tellement habituée à ses pitreries, à sa faculté d' avoir peur du bonheur, de la vie, des femmes, que je n'ai pas vu à quel point il s'était fragilisé.
La tête entre les mains.
C : Je m'en veux! Ce dernier soir... Quand il m'a insultée, qu'il a insulté ma fille, j'étais tellement fatiguée par toutes les emmerdes administratives de la journée que j'ai tout pris au premier degré... Je m'en veux tellement... Je vais vous dire, ce soir, je n'ai qu'une envie : me prendre une cuite et regarder un film romantique!
T : Je peux me joindre à vous si vous voulez...
C : «  Love actually « , ça vous va?
T : J'aime bien Rickman... Et pour...
Cuddy la regarda dans les yeux, pensive...
C : Je suis embêtée pour vous recaser quelque part, je ne vous le cache pas. Car de toute l'équipe de House, en tant qu'interniste, vous êtes celle qui est la plus spécialisée dans le diagnostic.
T : Je sais. Je n'ai pas envie de quitter ce service, mais de toute façon, tant qu'House n'est pas revenu, je ne peux plus exercer avec Lui...
Je n'ai pas très envie de quitter l'hôpital, non plus... J'aime travailler avec House, avec Taub... Et puis, là, je n'ai pas de solution de secours sous la main.
Sa voix partit vers le suraigü.
C : Je penserais peut-être à vous mettre comme adjointe de Cameron, aux urgences... Même si je sais que vous n'êtes pas les meilleures amies du monde... Ajouta-t-elle en voyant la mine déconfite de Treize... Nous n'avons pas trop le choix...
T : J'avais pensé que je pourrais m'occuper des consultations de façon un peu plus intensive, et peut-être en effet un peu d'urgences...
C : C'est vrai qu'on manque d'enthousiasme aux consult'... Ca serait tout de même bien que vous parliez avec Foreman à un moment donné...
Quand Treize quitta le bureau, apaisée, Cuddy dut s'avouer qu'elle aussi se sentait mieux. Elles allaient passer une soirée tranquille, à picoler un peu, à regarder un film qui se terminait bien, avec de l'amour...
Wilson entra comme... House dans le bureau...
W : Je viens de croiser Treize : elle vient de se faire virer par Foreman! Vous l'avez virée aussi?
C : Non... Je ne sais pas quoi en faire, mais non...
W : Foreman est un immonde gros con ! House est un mec adorable à côté de lui!
Dit-il en s'affalant dans le fauteuil... Comme House...
Décidément, il ne manquerait plus qu'il se mette à lui balancer des vannes sexuelles pourries pour compenser l'absence de son ami!
C : Elle lui a rendu ses affaires hier... Il l'a virée aujourd'hui...
W : Ils étaient ensemble?
C : Jaames... Vous n'aviez rien vu? Sérieusement? S'exclama-t-elle.
W : Ben, non... Elle est bien mignonne... Elle me fait penser à Amber, parfois... Je la drague gentiment quand je peux...
C : Wilson! Mais ma parole, vous ne pensez qu'à draguer toutes les filles que vous croisez! Et puis elle ne ressemble en rien à Amber!
W : Elles sont fortes et fragiles en même temps. Elles savent se battre. Comme vous...
En tout cas, draguer, ça vaut mieux que se terrer chez soi avec une pile de dossiers à éplucher après avoir couché un bébé qui ne dit encore pas un mot! Dit-il en la défiant du regard.
C : Chez moi, ce soir, je prends une cuite avec Treize, en regardant « love actually », vous savez, un amour qui se termine bien!!! Et toc!
W : Vous avez eu les nouvelles de House qui a tabassé un infirmier, vous!
C'était un problème de médication... Ou pas...
C : Il n'est pas prêt de sortir... Alors soit je bois, ce soir, soit je pleure toutes les larmes de mon corps!
W : Comme je suis un mec bien, et que Treize est une fille dangereuse pour vos hormones en folie, je viens, je défendrai votre corps envers et contre tout, pour le bien de mon meilleur ami!
C : Wilson, parfois, vous êtes aussi con que House!
W :Vous auriez dû vous en douter, depuis le temps...
C : Nous avions prévu une soirée de filles, avec un film pour filles...
W : Et des calins entre filles?... Quand House saura que j'ai passé la nuit entre vous deux, il sera fou!
Il réalisa ce qu'il venait de dire et éclata de rire.
Merde, il l'est déjà!
C : Si vous avez avalé un clown, je pense qu'on pourra vous accepter, au moins on ne pleurera pas.


CHAPITRE 8 :

N : Nous allons parler de vos hallucinations. Il est temps d'aborder les questions qui fâchent, n'est-ce pas?
H : Je suis en train de me demander si j'ai halluciné à cause de la vicodine...
N : Ah! Vous voulez mon avis ou vous pouvez vous en passer?
H : Vous êtes un professionnel. D'ailleurs, c'est étonnant que vous partagiez vos informations subitement. C'est parce que je vous fais peur, à vous aussi?
N : Je suis plus grand, plus fort et pas handicapé. Non, vous ne me faites pas peur.
H : C'est malsain de se moquer d'un boiteux à qui on a piqué sa canne!
N : Oui, je sais, c'est petit. J'aime bien profiter de mon pouvoir!
H : Vous me donnez un truc qui me fait ressembler à une carpette. Ca fait une semaine que je ne bande plus en me réveillant, ça me donne juste envie de me suicider!
N : Effets secondaires... C'est ça ou la sismothérapie... Vous êtes connement réactif aux molécules des neuroleptiques. J'ai le choix de continuer à vous rendre supportable vis-à-vis des autres, de vous enfermer sans médicaments, mais aussi sans psychothérapie, ou la sismo … Le précédent médicament avait pour avantage théorique de vous apaiser et de calmer vos douleurs. Manque de chance...
H : j'ai pété un cable, je continuais les hallucinations, j'avais par moments tellement mal que j'aurais tué...
N : Voilà... Vous souffrez, pour moi, de bouffées délirantes aiguës dues à l'accumulation conjuguée de fatigue, de décès brutaux et perturbants, de traumatismes crâniens, et d'une prise immodérée de dérivés morphiniques. Vous avouerez que cumuler une telle série de possibilités de perte de contrôle est assez rare.
En fait, quand on récapitule tout ce qui vous est arrivé en un an, il n'y a aucune étrangeté à ce que vous ayiez craqué.
H : En fait, je suis un type tout à fait dans la norme. Je peux sortir...
N : Vous êtes dangereux pour vous-même, et pour les autres aussi. Théoriquement, on doit vous shooter pour vous calmer, et discuter avec vous pour que vous essayiez de comprendre ce qui vous a amené à halluciner vos collègues morts. Vous auriez tout aussi bien pu halluciner votre père. Pourquoi eux? Surtout, Amber?
H : Moi, ce qui m'intéresse le plus, c'est la part «  vicodine » de mes délires...
N : je suppose que vous ne me parlerez pas tant que je ne vous aurai pas répondu...
H : Vous êtes psychologue comme mec...
N: Alors voilà... je pense que la vicodine a joué un rôle d'entremetteur. Pour moi, vous êtes un drogué, c'est une certitude. En même temps, vous devez vivre avec une douleur aiguë que personne ne peut nier. Il faut donc la calmer. Votre drogue y parvient plus ou moins. Personnellement, j'aurais choisi pour vous directement de la morphine en libération prolongée pour les crises douloureuses très aiguës, et un traitement anti-dépresseur tricyclique qui a fait ses preuves dans le traitement de la douleur chronique, allié à des antalgiques simples de type paracétamol.
H : Je suis d'accord pour la morphine, tout de suite, là, maintenant.
N : Je n'en doute pas. La vicodine a donc été votre mère maquerelle. D'une certaine façon, ce médicament vous a aidé à faire sortir d'un coup toute l'angoisse que vous recélez... Et vous en tenez une sacrée couche!
H : En tout cas, depuis ce matin, personne ne veut me donner de médicaments anti-douleurs! Ma pharmacie est vide, même pas un coup à boire! Et la conversation avec tous ces dingues, c'est d'un vide abyssal.
Et votre psy blonde qui ne veut plus me parler, je suppose...
N : Vous la verrez tout à l'heure. Vous continuerez la musique, je pense...
H : La môme au violoncelle, elle prend du tiapride aussi?
N : Non. Un autre neuroleptique. Pourquoi?
H : Ses symptômes me faisaient penser à ce que je vivais sous ce médicament. Elle a très chaud tout le temps. Elle bave. Elle transpire et est agressive. Je trouve sa démarche piétinante. Elle a des symptômes parkinsoniens. On dirait qu'ils sont juste localisés sur ses jambes, pas sur ses bras... Elle sent que quelque chose ne va pas. Avez-vous fait des examens en ce sens?
N : Non. Nous avons pensé à des bouffées délirantes comme les vôtres en fait, de par leur apparition brutale, de par son âge, de par le fait qu'elle a eu une enfance d'enfant génie de la musique qui n'a que peu côtoyé des enfants. Une vie autiste. Des parents seulement attirés par cette perspective d'enfant spectacle. La bouffée délirante vraisemblablement due à un organisateur de spectacle qu'on a retrouvé dans sa loge, assommé par elle, les vêtements en désordre... On pense à une tentative d'attouchements sexuels. On se tourne vers un diagnostic de schizophrénie vue la persistance des symptômes. La perspective que nous soyons passés à côté d'une maladie physiologique est effrayante, mais peut-être pourra-t-elle vivre un peu...
H : sans son violoncelle? Vous appelez ça une vie?...
Un parkinson aussi jeune, un YOP, ça laisse présager des années difficiles, et vraisemblablement un abandon progressif de la musique, qui est sa seule vie. Dans le même temps, le Parkinson à ces âges-là touche principalement les membres inférieurs, le pied en particuliers, et elle sera moins atteinte par des tremblements qui sont plus le signe d'un Parkinson sénior. Par contre, vous allez pouvoir continuer à soigner la dépression... L'inconvénient reste que la dopamine n'est pas toujours bien supportée..
N : Voudriez-vous aller lui expliquer que ce serait bien de faire les examens? Vous lui dites ce que vous voulez, elle aura confiance en vous...
H : Je vais aller en promenade alors?
N :On verra...
Et vous, comment envisagez-vous votre retour à la vie dehors, quand vous aurez arrêté de cogner tous ceux qui vous gênent?
H : Hôpital... Je n'ai plus l'âge de devenir concertiste international avec plein de jolies filles qui n'attendent que la faveur de mes faveurs...
N : Vous n'avez plus le droit d'exercer, pour le moment.
H : Je m'en doutais un peu...Je n'étais plus bon à rien,de toute façon...
House sentit son coeur se serrer dans sa poitrine.
N : Il ne tient qu'à vous de faire ce qu'il faut pour obtenir une revalidation de cette licence....
H : Une sorte de liberté surveillée? Cooooooool... Mais où, ma douce Lisa m'a viré...
N : La douce Lisa est vraiment très douce et trop faible avec vous... On dirait qu'elle a le béguin pour vous... Elle n'a pas signé votre licenciement. Elle m'a parlé de vous prendre comme consultant, en attendant...La mise à l'épreuve pourrait se passer là-bas...
H : Suuuper cooool... Je vais devoir lui manger dans la main aussi, la lécher comme un chien reconnaissant...
Devant l'air hilare du docteur Nolan...
H : Ca peut être intéressant, je suis d'accord avec vous...
N :Vous avez intérêt à être discret, sinon vous serez accusé de collusion, et, plus grave, elle aussi...
H : Adieu rêves érotiques...
Soupirs...
N : Vous fantasmez beaucoup sur elle ou aussi sur les autres?
H : Avant, je fantasmais sur tous les beaux culs, les beaux seins, sur les filles nues...
N : Et maintenant, Elle, avec un grand E...
H : oui.
N : Pourquoi?
H : J'ai toujours fantasmé sur elle. Elle vous a dit que nous avions baisé ensemble, pendant nos études?
N: Non... Et aviez-vous envie d'aller plus loin avec elle à cette période?
H : Non. Je la trouvais fascinante, tellement sérieuse, tellement travailleuse et brillante,mais surtout d'une beauté renversante. Je n'avais pas envie de me faire avaler par une mante religieuse. Il a fallu que je la fasse boire un peu pour la décoincer...
Dès le lendemain, elle a repris son allure distante, alors qu'au lit, c'était franchement une bombe!
N : Vous vous êtes perdus de vue, donc...
H : Non, j'ai toujours suivi son parcours professionnel. Quand je me suis fait virer pour cause de caractère un peu trop excessif,
N : Déjà...
H : M'interrompez pas, je vais faire un blocage... Je savais qu'elle venait de prendre la direction de l'hôpital, alors je suis allé la voir. Elle m'a pris... Je suis tombé amoureux de l'avocate de l'hôpital presque aussitôt.
N : Relation étrange ou pas?
H : Je n'ai pas envie d'en parler. C'est fini et bien fini.
N : Donc …
H : Ca y est, je suis bloqué.
N : Bon... Et le docteur Cameron? Vous êtes cerné par les femmes... Vous avez un sex appeal terrible!
H : Je dois me barricader le soir pour avoir la paix chez moi. Elles prennent un ticket pour réserver leur tour... Pourquoi Cameron?
N : Elle téléphone pour prendre de vos nouvelles.
H : C'est encore Wilson qui n'a pas su tenir sa langue!
Cameron? Elle faisait partie de mon équipe. Je l'ai formée... Elle est éblouie par ma personnalité, je dois être un papa de substitution, un peu incestueux...
N : Puisque nous mettons cartes sur table, je me dois de faire le parallèle entre les deux personnalités féminines. Le docteur Cuddy demande si vous allez bien, mieux; Le docteur Cameron demande si vous allez mal.
H : Elle veut sauver le pauvre mâle en détresse. Heureusement, je lui ai mis Chase dans les pattes, il est très bien pour elle, il la traite comme une femme, ça lui fait du bien. Elle est très jolie à regarder. Elle me surprend parfois. Mais elle ne me fait pas rire.
Alors que Cuddy est incroyablement pugnace verbalement. Il sourit an l'évoquant.
C'est du sexe oral avec elle! Comme Stacy! C'est très stimulant. On ne gagne jamais complètement. Sauf quand elles s'abandonnent...
House marqua une pause, douloureuse...
H : Mais bon, c'était en rêve...
N : Votre rêve vous a montré comment la séduire, comment la prendre... Vous savez que vous devez vous y prendre de cette façon et que ça se passera bien de cette façon. Votre problème est que vous ne voulez pas vous abandonner,vous.
Vous avez peur. D'où vient cette peur? De votre propre enfance, de votre expérience des femmes, de votre jambe...
H : Bon, ça suffit, j'en ai marre...
N : Oui, ça suffit, je n'ai pas que ça à faire non plus!
Allez jouer un peu, rendez-vous utile!


CHAPITRE 9 :

Quelqu'un frappait à la porte, un peu brutalement :
W : Oui, j'arrive!
Stupéfait, Wilson découvrit House à sa porte, avec une canne d'hôpital à la main. Le visage amaigri, les yeux toujours aussi perçants, un demi-sourire narquois aux lèvres.
Mais qu'est-ce que tu fais là?
H : Je passais, comme ça... Dit-il en entrant...
W : Tu es venu comment?
H : Je faisais passer une IRM à une patiente, alors j'ai négocié avec l'ambulancier, et je suis venu te voir. T'es mon meilleur ami. Après tout...
W : Tu as négocié comment? Tu n'as pas d'argent;
H : Non, mais je suis malin.
W : Tu lui as piqué l'ambulance?
H : Bien sûr...
W : Tu n'as pas fait ça? Mais ils ne vont jamais te laisser sortir si tu as fait ça!!! T'es con en plus d'être dingue!
H : Mais arrêêêtte, on dirait ma mère!
W : J'le crois pas.
Wilson se frappait la tête avec la main.
W : JE NE PEUX PAS CROIRE CA!!!
House, écroulé de rire...
H : Il est dehors, l'ambulancier, t'inquiète pas maman... Jimmy, viens boire une bière chez mon copain!
L'ambulancier crie :
J : Je dois rester à côté de l'ambulance, Greg! Ramène-moi la bière!
W : C'est tout à fait toi, ça, de pervertir tous ces pauvres bougres!!
Une bière plus tard...
H : Lisa, ça va pour elle?
W : Elle bosse. Elle a restructuré un peu ton équipe.
H : Quoi?
W : Un peu obligée. Foreman a viré Treize.
H : C'est sa meuf'... Il est encore pire que moi. Elle a fait quoi comme connerie?
W : Rien de spécial. A vrai dire elle n'a pas fait de connerie. C'est un con imbu de sa personne. Il est moins bon que toi. Il a encore besoin de son papa.
H : Qu'est-ce que t'as à regarder ta montre sans arrêt? Un rendez-vous?
House scruta son ami qui rougit.
W : En quelque sorte...
Une mini-Cooper noire venait d'arriver et de se garer juste à côté de l'ambulance. Une belle femme brune habillée d'un jean, de bottines plates rouges et d'une veste cintrée en cuir rouge en sortit.
Elle ouvrit la porte arrière, détacha son bébé du siège auto, agrippa de l'autre main un sac et vint vers l'appartement de Wilson tout en parlant à sa fille.
«  Rachel tu vas être bien sage avec Tonton Jimmy pendant que Maman va chez le docteur... Je reviens vite vite vite... «
Elle leva les yeux et s'arrêta net en voyant House, réalisa pour l'ambulance...
De la colère dans les yeux, elle s'écria: «  mais pourquoi ce con de Nolan ne m'a pas dit que vous sortiez! «
House, figé dans un premier temps,commençait à reprendre des couleurs...
W : Certainement parce qu'il n'en sait rien... House s'est arrangé avec l'ambulancier...
Lisa, blême de colère;
C : Mais vous n'allez jamais sortir avec vos conneries!
Rachel se mit à faire la lippe.
H : Calmez-vous! Vous allez la faire pleurer...
Cuddy jeta le sac dans l'entrée, et se concentra sur sa fille quelques secondes avant de la tendre à Wilson en prenant l'air le plus détendu possible, ce qui était totalement raté, puisqu'elle avait les larmes aux yeux...
C : Il y a tout dans le sac, James. Elle est propre, vous pouvez lui donner son biberon d'eau, un biscuit, elle a mal aux dents, elle va juste ruiner votre chemise en bavant...
Dit-elle d'une seule traite, sans respirer.
C : Je suis en retard, il faut que j'y aille...
Ses yeux en détresse brillaient. Et House l'observait, très calme en apparence.
Elle se pencha vers sa fille, l'embrassa en lui disant « maman revient très vite « , embrassa rapidement Wilson sur la joue avec un petit sourire désolé, et un « merci « , et, dans un élan, se mit sur la pointe des pieds et embrassa House au coin de la lèvre, mais encore sur la joue, très vite...Et elle partit en courant, dévalant les quelques marches vers la rue, s'engouffrant dans la voiture et démarrant rapidement, sans les regarder...
House était figé, tétanisé. Il n'osait pas regarder Wilson, il n'osait pas toucher l'endroit où elle l'avait embrassé, il se raccrocha aux yeux de l'enfant, qui le regardait, fascinée elle aussi par cet étrange personnage avec de la barbe, aux yeux tristes, aux cheveux bien trop courts.

H : Elle a de beaux yeux cette petite. Elle pourrait vraiment être la fille de Cuddy...
W : Oui. Ca va?
H : un peu secoué... Mais ça va... Elle est malade?
W : Gynéco...
H ; Aménorrhée...
W : Je pense.
H : Elle a perdu au moins 5 kg.
W : J'essaye de la remplumer, mais elle ne me pique pas mes frites comme toi. Treize va au cinéma avec elle. On se fait des soirées de célibataires... Je fais rempart de mon corps pour qu'elle ne se fasse pas agresser sexuellement par la belle Rémi, dit-il avec un petit rire...
H : Ne deviens pas trop proche, il ne me resterait plus de place...
Il marqua un temps d'arrêt. Il avait besoin de partir. Il avait besoin de réfléchir et de toucher le coin de sa lèvre, où elle l'avait embrassé. Ca lui faisait presque mal.
H :faut que j'y aille avant les problèmes...
W : je viens te voir dans deux jours, au fait.
Ils se firent un signe de la main... House s'en alla, avec sa canne d'hôpital, vers l'ambulancier.
J : Allez viens, faut rentrer récupérer la fille. J'espère que personne n'aura remarqué ton absence.
H : Ca devrait aller. Wilson te remboursera. J'ai oublié, là...
J : T'inquiète pas. C'était... ta copine la belle brune?
H : En quelque sorte, oui...
Et il se mua dans son silence, pensif...

Lisa était arrêtée au feu rouge, accrochée au volant. Elle l'avait embrassé. Il fallait qu'elle le touche. Il lui manquait. Tellement.


CHAPITRE 10 :

N : Alors depuis votre escapade, vous vous tenez à carreaux! Et tout le monde en est plutôt content!
H : Oui? C'est cela... Mais encore?
N : Je ne tire rien de vous. Vous allez mieux, mais vous ne dites quasiment rien. Vous savez que je dois vous aider, vous devez clarifier ce qui s'est passé. Pourquoi ces hallucinations, pourquoi Amber, Kutner, Lisa?
H : Je vais mieux, mais j'ai mal. Puisque vous voulez tout savoir, mon escapade m'a fait du bien. J'ai un peu clarifié ma situation. J'ai revu mon vieil ami.
N : Et votre dulcinée...
H : Et ma dulcinée...
N : Qui vous a embrassé.
H : Qui m'a embrassé.
N : Elle ne vous en veut pas.
H : C'est à vous qu'elle voulait faire la peau! Elle vous a traité de con.
N : C'est vrai? Je lui demanderai des explications à son prochain appel.
H : Elle est redoutable. Méfiez-vous. Elle va vous dire que tout est de ma faute.
Les deux médecins se regardaient en souriant. C'était plaisant pour Nolan de voir House ironique mais non amer... Elle avait réussi avec un simple petit baiser sur la joue à lui faire reprendre confiance en lui... Sacrée bonne femme!
H : J'ai encore quelques tests à faire, avant de pouvoir partir...
N : Mon cher confrère, pour votre départ, c'est tout de même moi qui décide un peu... Mais je suis heureux de vous voir dans de bonnes dispositions. Vous avez parlé un peu avec le docteur Wilson, je crois.
H : Vous savez que j'ai parlé à Wilson parce que Wilson ne sait pas tenir sa langue. Et pourtant vous n'êtes pas une blonde à forte poitrine. Ou bien je suis vraiment encore très atteint... Dites -moi, vous n'êtes pas une blonde à forte poitrine?
N : Je suis un brun à beaux pectoraux...
H : C'est le nouveau langage politiquement correct? Brun à la place de noir? Merde, j'étais noir avant, et je ne le savais pas!
N : Wilson et vous, avez-vous parlé d'Amber? Parlez-moi de ça...
H : Amber est morte et bien morte.
N : Mais encore.
H : Elle est morte et elle ne reviendra plus. J'en suis sûr. J'ai fait la paix avec Wilson. Vous savez d'où s'est parti, cette histoire avec Amber?
N : Non, racontez-moi...
H : Quand Wilson m'a avoué qu'il avait une relation amoureuse avec l'abominable garce...
N : Vous l'appeliez comme ça?Il ne me l'a pas dit...
H : Ne m'interrompez pas tout le temps, je vais me bloquer, bon sang, et après je vais redevenir mutique et obsessionnel!
Donc, l'abominable garce lui avait mis le grappin dessus! J'ai eu peur pour mon copain.
Devant l'air hilare du docteur Nolan, House s'écria:
H : Si, je vous assure, j'ai eu peur! Alors je lui ai expliqué comment elle était en réalite, tous ses défauts... Et là, nous en sommes arrivés à la conclusion que c'était moi au féminin... En fait, Wilson me veut, mais il n'assume pas. Donc, d'une certaine façon, c'est logique que Amber soit revenu me hanter, quand j'ai commencé à craquer. Elle était moi, abominable... Et moi j'étais bon... A ma façon... Je suppose. Une sorte d'association d'idées.
N : Pas mal déduit. Mais ça aurait pu être votre père aussi. Vous le détestiez, et pourtant il a fait de vous ce que vous êtes.
H : Ce n'était pas mon père, juste l'époux de ma mère.
N : Pas votre père biologique?
H : Pas mon père biologique. Définitivement et scientifiquement prouvé.
N : Vous l'avez su quand?
H : Tout de suite, certainement. Déduit vers 12 ans. Sûr à sa mort.
N : Vous avez cherché votre vrai père?
H : Non, je pense savoir qui c'était.
N : Votre mère?
H : Jamais questionné. C'est sa vie privée. Ca ne me regardait pas tant que ça. J'aurais préféré qu'elle s'en aille, elle ne l'a pas fait. Tant pis.
N : Elle a vécu dans le mensonge.
H : C'est son problème plus que le mien.
N : Vous auriez pu connaître votre vrai père, vous auriez pu voir votre mère heureuse et amoureuse, vous auriez pu avoir confiance. Au lieu de ça...
H : Tout le monde ment... Coupa House...
N : C'est votre devise?
H : En quelque sorte...
N : Si vous aimez votre mère mais la considérez comme une menteuse, comment pouvez-vous en effet avoir confiance en une femme?
H : J'ai vécu 5 ans avec Stacy.
N : Quel genre de rupture?
H : Ma jambe. Elle a pris la décision opératoire pendant mon coma thérapeutique. Elle savait que j'étais contre. Il fallait m'amputer, mais Cuddy a trouvé  une solution intermédiaire en retirant juste le muscle.
N : Cuddy déjà... Elles vous ont sauvé la vie malgré vous, donc ?
H : Si on veut. Je ne voulais pas de cette vie-là... Je suis un très mauvais malade; je ne supporte pas d'être enfermé, vous l'avez vu. Je ne veux pas d'entrave..
N : Vous considérez qu'elle vous a trompé, qu'elle a abusé de vous?
H : Oui. Mais je lui ai pardonné depuis. Et ce n'était pas la femme de ma vie. Elle était malheureuse avec moi. Je les rends malheureuses. Je suis mieux seul, pour leur bien...
N : Vous vous lamentez là...
H : Foutez-vous de moi!
N : C'est vous qui vous foutez de vous-même!
H : Alors c'est quoi la solution, puisque vous êtes si malin?
N : J'en sais rien. Vous détenez toutes les clés? À vous de les adapter à la serrure appropriée!
Vous avez eu des bouffées délirantes. Vous devez suivre une psychothérapie pour comprendre comment vous en êtes arrivé là afin d'éviter de rechuter plus tard. On parle du principe que vous saurez reconnaître les signaux d'alerte.
Bien sûr, maintenant, vous êtes sevré, au moins physiquement. Psychologiquement, vous resterez toute votre vie sensible aux drogues, plus facilement susceptible de retomber dans l'addiction. Il serait souhaitable que vous continuiez une thérapie, mais je pense que le jour où vous aurez récupéré votre licence, vous arrêterez...
H : Comment vais-je pouvoir récupérer ma licence?
N : Il faudra faire vos preuves. Stabilité émotionnelle. Non addiction aux drogues. Vous serez en liberté surveillée. Vous devrez être très très bon en diagnostic...
H : C'est quoi « stabilité émotionnelle « ?
N : Je vais vous donner une piste : Vous êtes amoureux du docteur Cuddy. Vous lui avez fait une grande déclaration au balcon de l'hôpital. Assumez!
H : je la mets dans mon lit, c'est ça?
N : Vous mettez une pute dans votre lit. Non, vous faites la cour à la délicieuse Lisa. Vous allez de toute façon habiter chez votre ami Wilson à votre sortie.
H : Ah bon? Je ne le savais pas. Il aurait pu m'en parler.
House commençait à ne plus supporter tous ces gens qui prenaient des décisions pour lui, qui lui dictaient quoi faire, quand le faire, comment le faire!!!
N : Je vois que vous êtes en colère. Vous avez gravement déconné, on ne va pas vous rendre la possibilité de vie ou de mort sur des patients sur un claquement de doigts ou des promesses d'un camé notoire!
H : Donc je vis chez Wilson et j'invite Cuddy au restau' en lui envoyant des roses rouges pour lui déclarer mon amour? Et je torche la môme... Et on se marie , et on consomme seulement après le mariage! Je vais peut-être décider de vivre de l'aide sociale, finalement!
N : Arrêtez d'être trop con! C'est sûr que si ça se terminait par un mariage, vous gagneriez à coup sûr votre licence. Mais ce serait dégueulasse pour la charmante Lisa!
H : C'est une grande fille! Vous me donnez de bonnes idées et ensuite vous me dites qu'elles sont mauvaises! Vous êtes pervers!
N : Je vous démontre que ce qui peut vous paraître insurmontable n'est rien les trois quarts du temps!
H : Mais mes pensées sont pures! Je suis comme l'agneau, ou la tourterelle...
Les deux docteurs se toisèrent. Nolan commençait à se demander si House n'était pas en train de lui prendre la main et de le manipuler. C'était étrange comme il avait récupéré ses facultés depuis quelques temps...


CHAPITRE 11 :

House s'apprêtait à partir de l'hôpital. Sa valise était prête? Ne manquait plus que Wilson.
Il descendit vers la bibliothèque. L'infirmier avait descendu ses affaires. Il retournait à la liberté. Liberté surveillée, certes, mais liberté. Il allait vivre chez Wilson.
Officiellement, il ne savait pas que Cuddy avait proposé de le prendre comme consultant à l'hôpital pour lui permettre de récupérer sa licence.
Officiellement, il allait mieux mais restait fragile.
Officiellement...
Il fut interrompu dans ses pensées par Margot. Elle s'approcha de lui, doucement.
M : Je sais que tu t'en vas aujourd'hui. Je voulais te dire merci.
H : Ce n'est pas la peine de me dire merci. J'ai fait mon métier.
M : Merci d'avoir pensé à moi avant de penser à toi.
H : Merci d'avoir remplacé une névrose par une maladie dégénérative?
M : Merci, c'est juste merci. Je vais mieux. Je peux jouer du violoncelle. Je suis jeune. Tu m'as expliqué que la maladie évoluait différemment chez les jeunes malades. Peut-être que je jouerai toute ma vie. Je m'en fous de mes jambes. Je supporte la dopamine. Et puis si ça se trouve, on va trouver quelque chose pour soigner ça...
H : Margot, puisque tu me remercies je voudrais te demander un grand service.
M : Oui?
H : Voudrais-tu m'embrasser sur la bouche? Un baiser d'amoureux...
M : Pourquoi?
H : Je voudrais savoir si je suis amoureux de l'amour, ou amoureux d'elle.
Margot s'approcha de lui, leva la tête. Il ferma les yeux. Elle avança ses lèvres, doucement, et l'embrassa, caressant ses cheveux avec douceur... Il répondit à son baiser, tendrement...
Ils se redressèrent tous les deux. Se sourirent.
H : Merci...
M : Tu as eu ta réponse ?
H : Oui, je crois...
Wilson entra dans la pièce avec le docteur Nolan et le docteur Beasley.
L'instant de grâce était fini. Il était temps de sortir.
Officiellement, il sortait.
Officiellement, il n'était pas guéri mais en sursis.
Officiellement, il était désintoxiqué.

CHAPITRE 12 :

House était affalé avec Wilson sur le canapé.
Ils regardaient tous les deux le soap opéra préféré de House en attendant son professeur de cuisine, celui qui allait l'occuper quelques heures par semaine. Le socialiser.
Le rendre lisse pour l'extérieur. Les inspecteurs, les valideurs... Les chieurs...
On sonna.
Wilson se leva et alla ouvrir.
W : Entre Lisa!
Merde, c'était elle, que venait-elle donc faire maintenant?
Il n'allait pas être obligé de suivre des cours de pouponnage aussi?
C : Bonjour Wilson.
H : Et moi, vous ne me dites pas bonjour?
Elle était ravissante. Habillée sobrement avec un manteau gris foncé qu'elle retira pour dévoiler une petite robe noire toute simple en laine. Elle retira son écharpe rose framboise qui mettait son teint clair en valeur, dévoilant un décolleté très sage mais terriblement tentant. Jambes gainées de collants noirs très fins, avec de très jolies chaussures à talons noires en daim qui mettaient très bien son pied en valeur...
C : Ca va, je vous plais? Bonjour House!
H : C'est tout... Je reviens de plusieurs mois d'enfer, et j'ai droit seulement à un petit «  bonjour »?
C : Vous voulez que je vous embrasse sauvagement et que je vous renverse sur le canapé? Comme ça, tout de suite ? Lui répondit-elle en souriant...
H : J'aimerais assez, mais il paraît que je dois me conduire en homme civilisé. Mais je ne me défendrai pas si vous m'agressez sexuellement. Je ne porterai pas plainte.
C : Je suis rassurée. J'aurai tellement peur de terminer au poste de police...
W : Faites comme si je n'étais pas là, surtout...
H : Tu n'es plus là, d'ailleurs... Tu dois aller acheter de la farine, pour que j'apprenne à faire des crêpes.
W : C'est charmant... Je me gave une série télévisée débile. Mon invité me pique les trois quarts de mon canapé et bouffe mes chips, et maintenant il me foutdehors pour draguer ma patronne.
H : Ton manteau est dans le placard de l'entrée, mon chéri!
Wilson partit en secouant la tête, l'air faussement accablé... Il lança à la cantonade :
W : Ne faites pas de saletés sur mon canapé ou dans mon lit!
H : Chuuuuuuuut, on pourrait t'entendre, les témoins de moralité et de stabilité émotionnelle! Voyons!
Ils éclatèrent tous les trois de rire...
Cuddy se décida à lui parler quand Wilson fut parti.
C : C'est votre patronne qui vient vous voir...
H : Vous m'avez viré.
C : Je n'ai pas eu le temps de signer vos papiers de licenciement.
H : Je suis toujours votre employé alors?
C : Officiellement... Vous êtes en arrêt maladie. Vous n'avez plus le droit d'exercer la médecine. Je vous propose de revenir à l'hôpital comme consultant. Expert.
H : Ca se passe comment pour la licence?
C : Ilsemblerait que vous soyez obligé de continuer une psychothérapie. Wilson veille à ce que vous preniez vos médicaments. Je vous mets en position de faire face à des malades sous la tutelle de Foreman, malheureusement...
H : C'est Foreman... Dur...
C : S'il n'y avait que Foreman... Mais il y a aussi une inspectrice, le docteur Carson, qui est une véritable harpie. Elle est horripilante. Une vieille fille coincée. Franchement, j'ai peur.
H : Vous avez peur pour moi? Comme c'est mignon...
Dit-il d'un air narquois.
C : Eh bien vous devriez me prendre au sérieux! Merde, House, je me bats pour vous et je sens que vous n'allez faire que des conneries!
Cria-t-elle éxcédée.
H : Rassurez-vous... Je vous taquine. Je vais être adorable. Je vais faire des efforts. Promis.
Il pencha la tête sur le côté et lui sourit.
H : Vous êtes très belle, Lisa. Vous m'avez beaucoup manqué.
Elle le regarda d'un air étonné. Il n'avait jamais cet air doux.
C : On vous donne quoi comme drogue? Vous ressemblez à un cocker... Les oreilles moins longues et moins de poils, mais les yeux, c'est tout à fait ça...
Il continuait de lui sourire...
C : House? Vous avez quoi en tête, là? Vous me faites un peu peur...
House s'approcha davantage d'elle, qui recula contre la porte. Il se pencha. Huma longuement son parfum dans le cou. Un nouveau parfum, très poudré.
C : House... dit-elle faiblement, que faites-vous?
Il l'embrassa délicatement à la naissance de l'oreille. Un peu plus haut, le long des cheveux, en savourant sa peau. Elle était paralysée, ne savait plus comment réagir, ses yeux se noyaient...Il continuait à l'embrasser doucement. Il ne la touchait pas encore de ses mains. Il arriva au coin de sa bouche, par petites touches. Les yeux de Lisa papillonnaient. Il lui prit doucement ses lèvres. Elle bougea ses mains vers son visage et lui caressa les joues puis le cou en gémissant entre les baisers...
C : Non...Il ne faut pas...
Il continuait les baisers, puis s'appuya davantage contre elle, ses mains partant de sa taille vers son cou, ses cheveux... Les baisers devinrent Le baiser, leurs langues se mêlèrent, leurs bouches se cherchaient, se trouvaient, se fondaient... Une des mains de House descendit sur sa hanche et remonta doucement la robe pour découvrir la chair laissée nue par le porte-jarretelle. Il lui souleva fermement la jambe en s'appuyant plus lourdement sur elle , lui caressant à pleine main la cuisse et la fesse... Lui faisant sentir son érection contre son ventre. Lisa était complètement dépassée, débordée, haletante, elle n'aurait plus su dire autre chose que oui...

La sonnerie de la porte retentit. Ils poussèrent tous les deux un gémissement de frustration...
H : Wilson, casse-toi... Grogna-t-il...
«  Je suis le professeur de cuisine, monsieur House! «
Ohhh, non...Gémirent-ils en choeur...
Ca allait être très dur, de récupérer cette licence!!!

FIN.
( OU PAS.)


3ème place

Cuddy31




Call Me, Kiss, Me, Love Me         
            
Hôpital Player Center:

Un homme assis sur un banc, dans un parc. Il était là. C’était comme un refuge où il n’avait pas besoin de voir ces fichus médecins ou infirmières. Des souvenirs refaisaient surface ; House repensa à certains évènements qui s’étaient passés depuis qu’il était ici. Son baiser avec Cuddy… Dieu qu’il avait aimé l’embrasser mais il aurait voulu goûter sa peau, la couvrir de baisers, lui faire découvrir à quel point elle méritait de se faire aimer comme une femme de son rang. Quand il l’avait lâchée, à bout de souffle, il aurait voulu rester. Au lieu de ça il avait pris la fuite. Le lendemain, elle l’avait remercié de ne pas en avoir profité. Il ne voulait pas profiter de quoique ce soit. Elle était mal, il était venu la voir. Qui aurait pu prédire qu’ils se seraient embrassés ? Le soir même il était allé chez elle, il s’était arrêté devant la fenêtre de son salon et l’avait observé puis était repartit. Il n’était pas encore prêt. De son côté, Cuddy  ne pensait qu’à House malgré la foule de paperasse qu’elle avait accumulé. Il lui manquait. Ses remarques sur ses décolletés, sur son physique,  le fait qu’il rechigne à faire ses heures de consultations,  les plaintes des patients dans son bureau et plein d’autres choses.

Flash Back :

Bureau de Cuddy :

House se dirigea dans le bureau de Cuddy il voulait comprendre pourquoi ça avait dégénéré aussi rapidement après la nuit qu’ils  avaient passé ensemble. C’était à n’y plus rien  comprendre, il voulait savoir  pourquoi.

Cuddy leva la tête : Je ne sais pas ce que vous voulez me dire mais faite vite.
House la fixa : Vous n’auriez pas de rouge à lèvres de la même couleur ; un qui aurait un agent fixateur et un autre sans ?
Cuddy le regarda avec un regard méchant : Comment est-ce possible que cette question ait un intérêt ?
House ne comprenait plus rien : Vous êtes sûre … Que vous n’êtes pas remontée à cause d’hier soir ?
Cuddy : D’accord, je suis très remontée. Elle se leva tout en lui disant : Vous vous êtes rarement privé de me balancer des horreurs  mais là vous êtes allé trop loin. Pour moi, c’est  une bonne chose qui m’a permis de me rendre compte que non seulement nous n’avons jamais été  proches, ni intime mais que c’était perdu d’avance.
House la regarda incrédule. Il ne comprenait plus rien : Quoi vous voulez dire que vous êtes remontée de quelque chose que je vous ai dit ?
 Cuddy : Vous m’avez insulté et je suis partie c’est tout, c’est arrivé tellement de fois depuis que l’on se connait.
Désorienté, il ne comprenait plus rien.
Il se remémora la scène.
House : Je démissionne.
Cuddy : Super ma nounou nous quitte à 19h30  alors votre semaine de vacances…
House ne la regarda pas et sortit, les yeux dans le vague : Vous pouvez rentrer allaiter la petite bâtarde qui vous permet de vous sentir bien dans votre peau.
A ce moment-là Cuddy le fixa : Je vous  emmerde…  et elle s’en alla sans lui jeter le moindre regard.
Tout cela était impossible à ses yeux.
Non … non ça ne s’est pas passé comme ça … ça … s’est passé autrement. Je vous ai dit que j’avais besoin de vous et vous vous êtes occupé de moi … dit-il en essayant de faire comprendre à Cuddy ce qu’il s’était réellement passé ce soir-là.
Cuddy ne le comprenait plus : Ca va ?
Il fouilla dans ses poches à la recherche de son rouge à lèvres mais ce qu’il trouva le désorienta encore plus. Sous le choc, il lâcha son tube de Vicodine. Ce n’est pas possible se dit-il. Cuddy arriva vers lui en essayant de comprendre.
Cuddy: Ca va ?
Toute cette pseudo histoire, la nuit où elle l’avait aidé, l’avait embrassé fougueusement, lui arrachant au passage des gémissements qui mouraient dans sa bouche…Ils avaient couché ensemble... Tout ça n’avait été qu’une hallucination. Comme il souffrait. Il y avait cru si fort! La chute fut douloureuse... Il avait déconné pour la énième fois.

Fin du Flash Back


Au lieu de tout ça, il se retrouvait ici, sur ce banc, dans cet hôpital. Il avait besoin de revoir Cuddy et son équipe, il lui tardait de sortir. Ca faisait 6mois qu’il était ici et la seule visite qu’il avait eu c’était Wilson. Cuddy lui manquait, un sourire s'étirât sur son visage terne. Tant de fois il avait pensé à elle, ses sourires, leurs discussions pour les autorisations, les cas,...  Tout ça lui manquait. Et elle lui manquait plus que tout. Il aurait voulu la voir, s’excuser pour lui avoir sorti tout ces choses affreuses qu'il ne pensait pas.
Il le n’avait pas entendu arriver, il ne pensait jamais la voir réellement. Tant de fois il avait espéré qu'elle viendrait...  Il fut sorti de pensées par un poids assis à côté de lui, quand il leva les yeux pour voir la personne qui se trouvait à côté de lui et dérangeait ses pensées, un fin sourire se posta sur son visage. Au combien ce visage lui avait manqué !!!
House surpris : Cuddy !!! Pourquoi vous êtes là ?
Cuddy fut sorti de ses pensées alors qu'elle observait paisiblement House : Je suis là parce que je me faisais du souci pour vous et que je voulais prendre des nouvelles de mon médecin préféré …. Mince c’est sortit tout seul il va se faire des idées maintenant songea-t-elle.
House : Ah oui, je pensais que ce cher Criquet vous disiez tout. Mais après, je peux me tromper, comme lorsque j’ai cru que l’on avait couché ensemble... Il avait ça dans un murmure à peine audible
Cuddy : Comment? Qu’est ce que vous avez dit?
House : Moi, je n'ai  rien dit du tout dit-il en se levant
A son tour, elle se redressa et se planta devant lui Cuddy : Vous n’en n'avez pas marre de fuir sans arrêt, de fuir, de faire semblant,...
House : Pour info, je ne fais pas semblant et de toute façon, qu’est ce que ça peux bien vous faire de savoir comment je vais ? Nous n'avons jamais été amis, c’est vous même qui l’avait dit!  Après tout, qui vous dit que j’ai envie de revenir travailler pour vous ? Qui voudrait d’un ancien médecin qui a fait un séjour en HP? Je ne dis pas ça pour vous personnellement, mais j’y pense et vous aussi.  Ne niait pas immédiatement, pensez-y  et prenez votre temps s’il vous plait.  Sinon à part ça, comment se débrouille Foreman?  Ya eu des morts?
Elle savait qu’elle devait réfléchir à ses paroles précédentes : Non, pas pour l’instant. Il se débrouille mais ce n’est pas vous ça c’est sur!!!  Au moins, je n’ai plus de plaintes au niveau des patients mais même ça, ça lui manquait plus qu’elle ne saurait le dire.
Il marcha jusqu’à se mettre un peu à l’écart du bâtiment, il voulait être un peu à l’écart pour reposer sa jambe et pouvoir discuter avec elle : Comment va Sac à crotte?  Elle a du grandir depuis la dernière fois, elle doit vous en faire voir de toute les couleurs.
Cuddy sourit : Non, pas comme vous. C’est difficile parfois mais ca va. Je fais du mieux que je peux et heureusement elle n’est pas comme vous.
Elle s’assied dans l’herbe un peu l’ombre, elle se sentait bien.

Flash Back :

House : Vous ne  me contrez pas pour raisons médicales, vous me contrez uniquement parce que vous craquez pour moi.
Cuddy tout en marchand vers lui : Et vous êtes toujours là parce que vous craquez pour moi
House : Démontrée par le fait que c’est moi qui est emménagé dans votre bureau.
Cuddy : C’est le plus grand bureau de l’hôpital et ce n’est pas moi qui est saccagé ...
House : Pourquoi vous vous habillez comme ça ? Pourquoi vous essayer d’attirer mon attention? Vous jouez avec moi.
Cuddy se rapprochant de lui : Et vous vous jouez avec moi.
House : ça dépend de votre réponse
Cuddy : Tout le monde sait que ça va nous mener quelque part … (cherchant le moindre signe qui pourrait tout déclencher) Je crois que l’on est sensés s’embrasser là
House : On l'a déjà fait (il posa sa main gauche sur mon cœur) logiquement l’étape suivante c’est ça
Cuddy : Vous croyez? Je me demande bien ce que j’ai bien pu espérer dit –elle en essayant de partir mais une main retenait sa poitrine et elle se retourna
House : Vous pouvez les laisser ici.

Fin du Flash Back

De son côté, il était heureux. Elle était belle comme ça, avec son pantacourt noir et son haut bleu ciel qui mettait en valeur ses courbes généreuses. Une sensation de bien-être se mit à l’envahir, il avait toujours rêvé qu’elle soit là. Peut-être pas exactement ici mais  c‘était déjà bien. Toutes ces fois où il l'avait observée sans qu’elle le sache. Faire capoter ses rendez-vous, il adorait faire ça. Un sourire se dessina sur son visage, aucun de ces hommes ne la méritait. Aucun de tous les hommes ne remarquait son intelligence, sa beauté. Il la fixa, laissant ses yeux la caresser à la place de ses mains.
Elle se retourna en sentant un regard  sur elle. Ce regard qu’elle affectionnait tant, qu’il lui manquait tant. Elle se surprit à vouloir passer sa main sur sa joue, elle sourit à cette pensée.
House : Qu’est ce qui vous fait sourire?
Cuddy : Rien de spécial, un souvenir
House : Quel genre de souvenir?
Cuddy : Vous vous rappelez quand on a partagé votre bureau. Il esquissa un sourire. Pourquoi avoir joué avec moi?
House : Je ne jouais pas avec vous
Cuddy : Alors pourquoi j’ai eu cette impression?
House : Qu’est ce qu’il vous fait penser ça ? Je n’ai jamais joué avec vous (il se redressa passant sa main contre sa joue) vous croyez toujours que je joue Cuddy? Vous me connaissez enfin je l’espère
Cuddy posa sa joue contre sa main : Certes je vous connais
House : j’ai une question: pourquoi m’avoir invité au rabat de votre fille puis après se désister ?
Cuddy : J’avais peur que vous gâchiez tout
House  enleva sa main : Je comprends mieux, je ne vous en veux pas. Mais sachez une chose, quand je suis rentré chez moi, je me suis installé devant mon piano et j'ai joué un morceau du sabbat de Rachel, je pensais à vous
Etonnée elle ne savait pas quoi dire comme si les mots mourraient dans sa gorge
House : Vous avez perdu votre langue dit-il en souriant
Elle reprit ses esprits : Non c’est juste … elle fut coupée par la sonnerie de son portable, c’était l’hôpital elle se leva
Cuddy : Oui allo
Donateur : Nous avons un problème
Cuddy: Quel genre de problème?
Donateur : Je voudrais discuter d’un problème concernant la subvention de votre hôpital, j’ai lu les rapports que vous m’avez envoyé et les dépenses du Centre de Diagnostique du Dr House sont faramineuses
 Cuddy: Oui mais ...
Donateur : Je voudrais fermer ce service
Cuddy : J’arrive d’ici ½ h, on se rejoint dans mon bureau pour parler de tout ça.
Donateur : Bien, dépêchez vous si vous voulez toujours avoir ma subvention pour faire construire votre nouvelle aile
Cuddy raccrocha
De son côté, il n’avait rien perdu de cet échange téléphonique. Son après midi avec elle se terminait, il se leva pour aller vers elle
House : Apparemment la fin d’après midi a sonnée. Qu’est ce qui se passe? Encore un de ces donateurs qui veut qui veut une promotion canapé demanda-t-il d’un ton sec
Elle rassembla ses affaires ne cherchant pas à discuter avec House. Elle se dirigea vers l’entrée du bâtiment. Comment pouvait-il être aussi bête? La seule femme qui tenait à lui partait, il fallait qu'il réagisse. Il la rattrapa tant bien que mal, avec sa jambe, lui attrapant le bras, la forçant à lui faire face. Elle se retourna sans même avoir eu le temps d’ouvrir sa bouche elle se retrouva dans les bras de House. Mon dieu qu’elle était bien !
House : Je suis désolé d’avoir été méchant.
Cuddy : Je sais mais pour une fois arrêtez d’être jaloux !!! Elle se nicha encore plus dans ses bras
Il lui caressa ses cheveux, ses mains se baladant le long de son corps, la faisant frissonner au passage.

Deux mois plus tard :

Rentrant d’une journée épuisante Cuddy ouvrit la porte de chez elle déposa les clefs sur un meuble. Quelle surprise quand elle entra dans le salon, une enveloppe avec son nom dessus elle l’ouvrit.
Un sourire se dessina immédiatement en reconnaissant l’écriture son écriture qu’elle adorait tant mais qu'elle ne voyait que rarement sauf pour écrire sur son tableau blanc.

Ma Cuddy,
Comme vous pouvez le voir je suis sorti, vous allez me dire pourquoi ne pas m’avoir prévenue parce que je ne voulait pas ça fait deux mois que ne vous ai pas vu le temps m’a parut long pendant ces deux mois j’ai fait le point sur moi même sur ce que je voulais, vous devez vous demander ce que je veux ça c’est une surprise que je vous réserve dans deux jours. Toute une journée rien que tout les deux c’est court comme délai, je sais que vous accepterez avec une joie non dissimulée... S’il vous plaît Cuddy, en échange je vous promets que je ferais une journée entière de consultations et vous pourrez même me faire surveiller par Brenda. Je passerai vous chercher à 21h30 tapante


PS : Là ou nous n’allons pas besoin de faire courbette tenue de tous les jours obligatoires


House
Elle sautait comme une gamine comme si elle avait son premier rencard avec le beau gosse pour le bal du lycée, c’était presque ça. Deux jours. Elle appela la nounou pour garder Rachel après avoir raccroché, elle alla voir Rachel pour voir si elle dormait, elle était heureuse d'avoir sa fille près d’elle il ne manquait plus que le papa mais elle avait déjà sa petite idée Rachel dormait elle était si mignonne elle lui expliqua que demain elle sera avec le futur papa après lui avoir dit bonne nuit, elle se fit couler un bain chaud et alla se coucher. Sa nuit fut peuplé de rêve. Deux jours plus tard :
House se dirigea chez Cuddy pour cette fameuse soirée avec elle. Il savait qu'il allait faire chaud aujourd’hui mais il allait tout faire pour lui faire passer une soirée dont elle se souviendrait longtemps. Il frappa à sa porte.
Cuddy termina de se mettre une touche de mascara quand elle enttendit quelqu’un frapper à la porte elle jeta un coup d’œil pour savoir qui c’était,  elle ouvrit la porte, laissant House rentrer, embrassa sa fille et dit à la nounou que si il y avait un souci qu’elle l’appelait.
De son côté House observa Cuddy. Elle était magnifique dans ce jeans blanc, son haut rouge et sa veste courte blanche sublime il était stressé. Il ne fallait pas qu’il foire tout, sinon bonjour le désastre. Il amena Cuddy dans un restaurant-bar, ils commandèrent un apéritif,  discutant de tout et de rien, parlant du séjour de House.
House : Si je suis allé là-bas c’est parce que j’ai trop abusé de la Vicodin et que ça m’avait fait halluciner une scène que j’ai cru réelle.
Cuddy : Quelle était cette scène ?
House : Vous vous souvenez du jour où j’ai dit devant tout le monde que j’avais couché avec vous ? C’était ça. Il était mal à l’aise tout en la regardant dans les yeux.
Etonnée qu’il ne lui en ai pas parlé plus tôt : je comprends mieux pourquoi Wilson voulait que je vienne vous voir pendant votre séjour. Elle lui prit la main, enlaçant ses doigts aux siens.
Le dîner se passa à merveille. L’atmosphère un peu gêné au départ se détendit tout le long de la soirée, après avoir mangé il ramena chez elle
Cuddy : J’ai passé une excellente soirée elle ne put finir sa phrase car House l’embrassa  fougueusement.
Elle y répondit a son baiser sans même un regard elle l’amena dans sa chambre ou House fit grimper Cuddy au Septième Ciel

Fin



4ème place

EM4EM




What now ?
        
     Il était revenu  à la vie normale depuis prés de six mois maintenant. Il revoyait sans cesse les scènes que son esprit avait créé pour lui. Chaque fois qu'il repensait à cette nuit imaginaire et pourtant si réelle il ne pouvait s'empêcher d'avoir ce ricanement amère. Il avait passer près de 30 ans à repousser les autres dans la craintes de souffrir comme avec son enfoiré de père et voilà que celui qui se sert de ses sentiments pour le faire souffrir se trouve être son propre subconscient. Il se souvient vaguement du thérapeute qui le suivait à Mayfield qui parlait de psychose à délire hallucinatoire et un truc sur son complexe d'œdipe.  Il se considérait comme un homme intelligent, en tout cas bien plus intelligent que la majorité des êtres humains qui peuplaient ce monde mais ces théories psycho-machinchouette lui passait complètement au-dessus de la tête. Tout ce qu'il voyait c'est qu'il ne ressemblait plus qu'à un pathétique drogué misanthrope hanté par des fantôme qui ont réduit tout ce qu'il avait à néant. Il avait perdu son modjo et avait avec du mal retrouvé son talent pour le diagnostic. Il avait aussi perdu « elle ». Non pas qu'il s'en souciait. Le seul intérêt qu'il trouvait à cette femme était son étonnante poitrine et son postérieur on ne peut plus excitant. Mais c'était tout. Un intérêt purement physique. Purement physique qui lui avait donné cette impression de voir son monde s'effondrer quand il avait su que ce Nous qu'il avait vécu n'était qu'un rêve.
Elle repensait à lui. Difficile de l'oublier, cet insupportable égocentrique. Ses yeux se ferment d'épuisement alors que sa tête bourdonne de pensée. Elle voit ses yeux gris vident de tous sentiments. Quelque chose s'est brisé ce jour où il a hurlé dans tout l'hôpital qu'ils couchaient ensemble. Son hospitalisation n'a pas sauver ce qui restait de son cœur au contraire. Bien sûr elle avait toujours pu voir cette pointe de douleur dans son regard chaque fois qu'elle le voyait mais il la couvrait avec ses délicieux sarcasme. Dieu que ses sarcasmes lui manquent. Elle serait prête à tous donner pour l'entendre au moins une dernière fois clopiner jusqu'à son bureau pour ouvrir brutalement la porte et demander une opération risquée et inutile. L'entendre crier aux consultations une répartie sexiste sur son physique. Elle le regarderait l'œil glaciale mais ils sauront tous deux que la remarque sera appréciée à sa juste valeur. Aujourd'hui il la fuit telle une paria. Ce qu'il a vu ce soir là qui n'était pas réel a complètement bouleversé House et leur relation à tous les deux. Il lui manquait. Ce qu'ils partageaient tous les deux lui manquait. Elle devait le voir. Savoir pourquoi tout a changé. Comprendre ce qu'il a vu qui l'a tellement chamboulé.

Elle se lève et se dirige tout droit vers le bureau du célèbre diagnosticien Grégory House.

Cuddy : House, je dois vous parler.
House : Docteur Cuddy, que puis-je faire pour vous?

Elle s'arrêta soudainement dans son élan par cette politesse inconnue chez House qui lui faisait froid dans le dos.

Cuddy : Que s'est-il passé durant votre hallucination?
House : Ce ne sont en aucun cas vos affaire
Cuddy : Je suis votre patronne. Je suis en droit de savoir.
House : Non, le fait de signer mon chèque à la fin du moi ne vous autorise pas à violer ma vie privée.
Cuddy : Parce que vous n'avez jamais violé la mienne peut-être?
House : Si c'est des excuses que vous attendez de moi, les voilà. « Excusez-moi docteur Cuddy de m'être comporté comme un sale con arrogant avec vous ces 20 dernières années ça ne se reproduira plus. »
Cuddy : Non, ce n'est pas ce que j'attends de vous. J'attends de vous voir vous comporter comme Grégory House et pas James Wilson.
House : Un problème avec Wilson?
Cuddy : Bon sang House vous ne voyez donc pas ce que vous êtes devenu?
House : Quoi? Qu'est-ce que je suis devenu? Un incapable? Un misérable perdant?
Cuddy l'air résignée : Non, non vous n'êtes juste plus aussi passionné qu'avant. Je... J'espérais avoir en face de moi l'insupportable salaud drogué. Et à la place j'ai un médecin poli et lisse.
House énervé : Ce n'est donc pas ce que tout le monde espéré de moi depuis tout ce temps. Vous détestiez le House d'avant. Maintenant vous avez un médecin sympathique qui ne provoque pas de décès ni de procès contre l'hôpital. Vous avez enfin la paix Cuddy.
Cuddy : Alors c'est ça? Vous avez décidé d'être une caricature de ce que vous pensez être ce qu'on attend de vous?
House : Oh je vous en prie!! Vous et moi savons très bien que le monde se porterai bien mieux sans moi!!
Cuddy : Je... Noooooooon! Non, je ne serai pas mieux sans vous, Wilson non plus, ni votre équipe, ni vos patients. Vous devez redevenir qui vous êtes vraiment.
House : Je n'en ai plus la force Cuddy, je n'ai plus la force de me battre contre vous, je n'ai plus la force de me comporter comme un con. Je suis fatigué Cuddy. Être House ne m'a rien apporté de bon, au contraire.
Cuddy : Comment ça?
House : Rien, je me suis juste mis à trop espérer de la vie. Vous savez, le karma.
Cuddy : Vous ne croyez pas au karma.
House : Il y a une première à tout.
Cuddy : Qu'est-ce que vous avez vu qui vous a retiré toutes votre personnalité?
House : La réalité, la réalité vous ouvre les yeux sur tout.
Cuddy : Ca a un rapport avec l'esclandre dont j'ai eu le droit avant votre départ?
House : Ca n'a pas d'importance, Rien n'a d'importance.
Cuddy : Qu'avez-vous vu ce soir là ? House va pour ouvrir la bouche. Et ne me dites pas rien!
House : J'ai vu l'histoire rêvée, le plus beau des rêves mais ce n'est qu'un rêve. Maintenant si vous voulez bien me permettre docteur Cuddy, ma journée est finie, je rentre chez moi.
Cuddy essayant de le provoquer : Pour retrouver quoi?
House : Rien, je n'ai rien. Passez une bonne soirée.

Il venait de passer la porte la tête remplie d'idée noire. Elle le regardait clopinait vers l'ascenseur  le regard triste et déboussolé. Elle ne saurait sans doute jamais ce qu'il a imaginé ce soir là mais elle aurait préféré qu'il ne revienne jamais à la réalité. Voir l'homme aimé perdre toute vie et tout espoir était la chose la plus difficile à laquelle elle devait faire face. Elle le sauverai de lui-même, même si elle devait en souffrir. Elle le sauverait. Après tout c'est ça l'amour : rendre l'autre heureux en dépit de son propre bonheur.

La voilà de nouveau au point de départ, dans son salon a tourné encore et encore le peu d'indices qu'elle avait. Elle allait devenir folle elle le savait à toujours chercher une réponse que seul un homme peu lui apportait et pour l'instant cet homme avait déserté. A la place elle devait se contenter d'un fantôme, d'un coquille vide, de l'ombre d'un homme qu'elle a aimé pendant vingt ans. Les journées, les semaines passaient et les mêmes questions tournent sans cesses, encore et encore, sans aucun répit. Qu'a-t-il vu de si destructeur? Comment le faire revenir?

Elle se réveilla, se dirigea devant la glace. Sa tête lui faisait peur. A force d'aimer un fantôme on finissait pas en devenir un soi-même. Elle n'avait plus jamais essayé d'obtenir des réponse de House. Son regard était vide, elle n'arrivait plus à percevoir ce que ses mots signifiaient réellement. Et elle commençait par croire qu'il avait perdu, sa hargne, sa colère. Ne restait-il vraiment que du vide de Grégory House? Elle priait pour qu'elle pense à tord parce que ça faisait vraiment trop mal à envisager.

Elle arriva à l'hôpital, et alors qu'elle se dirigeait vers son bureau elle entendit cette phrase qui lui glaçait le dos chaque jours depuis près de deux moi.

«  Bonjour, je suis le docteur Grégory House, je suis le médecin qui vais m'occuper de vous. »

Et c'était tout. Chaque fois cette phrase la renvoyait presque 6 ans en arrière lors de ses première heures de consultations et elle ne pouvait empêcher son cerveau de répéter les inepties qui avait suivit sa première présentation qui bien que exagérément théâtrale était très représentatif du médecin qu'il était. Et là, c'était le matin de trop. Plus tard, elle ne saura pas vraiment dire si ça provenait de la fatigue physique, morale, de l'énervement, de la culpabilité, de la colère, de la tristesse, sans doute tout ça à la fois mais en tout cas elle ne se contrôlait plus.

Cuddy :  ASSEZ!!!!!!!

Elle pouvait voir du coin de l'œil les infirmières, les médecins et les patients la fixer curieux, apeurés. Elle fixait le docteur House imperturbable, ses yeux lançaient des éclairs. Sans un regard pour la foule qui peuplait la clinique à cette heure-ci elle entra dans son bureau, verrouilla la porte et baissa les rideaux. Elle s'assit sur son fauteuil devant ce bureau qui lui rappelait ses années à la fac avec ce lunatique si intéressant. Ce génie de la médecine. Elle prit sa tête entre les mains, respira profondément. Elle alluma son ordinateur, ouvrit une page de traitement de texte et écrivit. Elle occulta les sonneries du téléphones, les dossiers sur son bureau, ses mails, son courrier. Tout ceci était ignoré. Elle entendait vaguement des coups portés à sa porte et les repoussait par un « Je suis occupée. Je ne veux surtout pas qu'on me dérange. » Elle imprima son texte et l'envoya à l'ensemble des membres du conseils. Elle prépara ses affaires et elle repartit comme elle était venue. Elle entendait le bourdonnement de la rumeur. Elle savait que se vie avait changeait à tout jamais. En réalité, sa vie avait déjà changé lorsqu'il y a six mois elle a dit à son employé, dans son bureau : « Allez vous faire foutre. » Et qu'elle a franchit cette porte sans se retournée. Elle se doutait que ses mots avaient tout bouleversé.

Il était en salle d'examen en train d'ausculter un enfant avec une otite. Il revoyait sa patronne le fixait furieuse. Il entendait son cri de rage provenant de nulle part. Il se doutait que son comportement trop lisse était la cause de sa crise. Mais il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il faisait ce qu'il y avait de mieux pour elle et lui. Elle s'habituerait à ce nouveau House. Les patients se suivaient. Il a cru que ça ne finirait jamais. Les patients de consultations l'empêchait de trop déprimer, ils ne faisaient pas trop réfléchir. Alors qu'il entrait dans le bureau de son meilleur ami le docteur James Wilson il remarqua le froncement contrarié de ses sourcils alors qu'il fixait l'écran.

House : Un gamin a une leucémie?
Wilson : Euh non, Cuddy vient d'envoyer un mail de démission.
House : Pardon? Elle a décidé de faire un gag? C'est le premier avril?
Wilson : Elle m'a l'air on ne peut plus sérieuse. Tu as du remarquer son air fatigué et j'ai entendu dire qu'elle avait hurlé au milieu de l'hôpital en te dévisageant. Sans doute qu'un hôpital, un bébé et un diagnositcien en institution c'était top à géré.

Il n'arrivait pas à y croire. Elle quittait l'hôpital. Elle avait tenue vingt ans avec un connard misanthrope et on la laisse 2 mois avec le médecin parfais elle faisait une crise de nerfs. Cette femme était pour le moins étrange.

Il avait quittait l'hôpital et ses patients pour avancer tout droit chez Cuddy. Il tapa sur la porte avec sa canne.

Elle était chez elle, dans son sofa, une tasse de thé à la mente dans une main, un magasine dans l'autre, perdue dans ses pensée. Un bruit de choc la sortit de ses réflexions. Une deuxième série de coups parvint à son oreille. Ce bruit semblait lui venir tout droit d'une autre époque. Que faisait House devant chez elle?

Cuddy : House qu'est-ce que vous faites devant chez moi au lieu d'être à l'hôpital?
House : Vous quittez?

Elle soupira.

Cuddy : Oui.
House : Juste comme ça?
Cuddy : Juste comme ça.
House : Je vous insupporte à ce point?
Cuddy : Oui.

Il s'attendait à la voir hésiter, soupirer, passer sa main dans ses cheveux, peut-être se mordre la lèvre inférieur mais pas cette brusque vérité.

Cuddy : Je ne peux plus restée à vos côté House. Pas à côté de ce semblant de vous. Avec vous, j'ai la sensation d'être enfermé dans une pièce en train d'étouffer et la porte et juste devant moi, je n'ai qu'à tourner la poignée pour sortir et respirer de nouveau, vivre de nouveau mais, je n'arrive jamais à atteindre la poignée devant moi. J'en suis incapable. Et c'est épuisant vous pouvez me croire. Alors c'est fini, j'abandonne.

Il n'aurait jamais envisagé que ses mots lui fassent aussi mal.

House : Qu'attendez-vous de moi? Que voulez-vous que je fasse?
Cuddy : Il n'y a plus rien à faire. Je vous laisse vivre votre vie.
House : Et si ce n'était pas ce que je voulais? Si j'avais besoin de vous pour vivre.
Cuddy : Vous et moi savons que ce n'est pas le cas. Vous n'avez jamais eu besoin de moi. J'ai tenté de me convaincre du contraire pendant des années mais la vérité est toute autre. Vous n'avez besoin de personne House et surtout pas de moi.
House : Je ne voulais pas vous faire fuir.
Cuddy : Alors qu'est-ce que vous vouliez?
House : Je ne sais pas.
Cuddy : C'est assez ironique qu'un homme qui passe tellement de temps à résoudre des mystères et trouver des réponses cale autant sur les réponses quand il s'agit de ce qu'il ressent. C'est pourtant pas si compliqué. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse?
House : Ne partez pas.
Cuddy : Je ne peux pas rester tant que vous restez l'ombre de vous-même.
House : Alors je vais arrêtez d'être un homme que je ne suis pas.
Cuddy : Ne faites pas de promesses que vous ne tiendrez pas.
House : Aidez-moi à redevenir l'homme que je suis vraiment.
Cuddy : Dites-moi ce que vous avez vu le soir où tout a changé pour vous, pour nous.
House : Je vous l'ai déjà dit : j'ai vu l'histoire rêvée, le plus beau de tous les rêves.
Cuddy : Et j'en faisais partie?
House : Oui.
Cuddy : En quoi je vous ai aidé ce soir là?
House : Comment ça?
Cuddy : Vous êtes venu dans mon bureau après que je vous ai renvoyé et vous avez dit que vous m'aviez demandé de l'aide et que je vous avez aidé. Comment?
House : Je pense qu'il faudrait mieux qu'on s'assoit si je dois vous raconter tout le film.

Elle lui indiqua son canapé de la main et elle s'assit à côté de lui. Une présence rassurante serait utile autant pour l'un que pour l'autre. En plus elle n'était pas sûre qu'elle supporterait son regard tout le long.

Cuddy : Alors quelle est votre version de la soirée?
House : Après que j'ai insulté Rachel, prononcer le nom de son enfant lui semblait toujours autant difficile, vous avez entrebâillé la porte pour sortir et je vous ai retenu en vous avouant que j'hallucinais à cause de la Vicodine et que j'avais besoin de votre soutient pour décrocher. C'était stupide j'aurai du comprendre qu'en une soirée je ne pouvais pas être désintoxiqué. Mais c'était tellement bon d'y croire. Vous avez passé la soirée à mes côté, à me soutenir. Vous avez éloigné la douleur et les hallucinations. Enfin en réalité pas vraiment mais ça je ne le savais pas. Le matin vous m'avez avoué n'avoir jamais fait partie du cours d'endocrinologie.
Cuddy : Si si, vous avez même copié sur moi aux examens.
House : Vous y étiez en auditeur libre.
Cuddy : Oh. Et je vous ai expliqué pourquoi.
House : Je vous plaisais déjà à l'époque.
Cuddy : Je vous l'ai dit.
House : Pardon?
Cuddy : Lors de notre première nuit ensemble. Vous vous êtes tout de suite endormi comme une masse et je vous ai observé dormir. J'ai dit que ça valait la peine de suivre ce cours en auditeur libre. Votre subconscient s'est sans doute souvenu de cette phrase. Ensuite que s'est il passé.
House : Vous alliez partir. J'étais envouté par votre beauté, par vos lèvres. Vous m'avez demandé si je voulais vous embrassé.
Cuddy : Et?
House : J'ai répondu la strict vérité. Je veux toujours vous embrasser. Et je l'ai fait, je vous ai embrassé. Ensuite il est arrivé ce qu'il arrive à deux adultes passionnés et frustrés comme nous. Nous avons couché ensemble. Et c'était exceptionnel. Je me suis réveillé j'ai cru que vous étiez partie comme une voleuse mais que vous m'aviez laissé votre rouge à lèvre.
Cuddy : Votre vicodine?

Il acquiesça le regard sombre.

House : Vous connaissez la suite. J'ai hurlé avoir couché avec vous. Vous m'avez viré. Et j'ai été interné.
Cuddy : Avant vous m'avez demandé de vivre avec vous. Vous vouliez vraiment qu'on continue à se voir?
House : Wilson m'a demandé si je voulait être l'homme avec Cuddy ou l'homme avec les réponses. Mon choix a était le plus risqué et le plus stupide.
Cuddy : Il n'avait rien de stupide. En réalité, je préfère votre version de l'histoire. La fin aurait été beaucoup plus joyeuse.
House : Comment ça?
Cuddy : Vous savez : « Ils vécurent heureux et n'eurent aucun enfants. » J'aurai accepté de vivre avec vous.
House : Et maintenant?
Cuddy : On peut commencer doucement. Par exemple par un sandwich à la cafétéria.
House : C'est que Jimmy risque d'être jaloux.

Elle sentait le monde recommencer à tourner rond et l'univers à retrouver sa place.

Cuddy : Vous paierez votre plat House.
House : Maiiiiiiis mamaaaaaaan!!!
Cuddy : Pas de mais, vous êtes un grand garçon, vous payez votre repas.
House : Vous porterez un décolleté pour moi?
Cuddy : Je ferai un effort.
House : J'aurai le droit de regarder à l'intérieur?
Cuddy : Vous n'avez jamais eu besoin de mon autorisation jusque là.
House : C'est qu'elles m'ont manqué. Elles ont du grandir depuis le temps. J'espère que papa leur a manqué aussi.
Cuddy : House, mes seins ne sont pas vos enfants, vous n'avez aucun droit sur eux.
House : Vous ne direz plus ça lorsque je vous aurez fait prendre un pied d'enfer.
Cuddy : Vous m'avez l'air bien sûr de vous.
House : J'ai réussi une fois, ça ne me sera pas difficile de recommencer.
Cuddy : C'était il y a vingt ans. Depuis j'ai eu de nombreux amants très doués.
House : Pas autant que moi, sinon vous ne voudriez pas encore de moi.
Cuddy : J'ai peut-être pitié de vous.
House : Ou vous ne pouvez pas résister à mon physique d'athlète et à mes yeux qui vous ensorcellent.
Cuddy : Ca peut aussi être une solution.

Ils arrêtèrent de parler, fixèrent leur regard l'un à l'autre et s'approchèrent inconsciemment l'un de l'autre. Ils n'étaient que deux aimants qui s'attirent et s'éloignent.

House : Cuddy, j'ai très envie de vous embrasser là.
Cuddy : Alors faites-le.

Il réduisit alors l'espace entre leurs lèvres au stricts minimum. Il effleura le visage de sa future compagne. Il faisait naître en elle une envie et une impatience qui lui était encore inconnue. Après un grognement de frustration, elle cessa le jeux du médecin en lui saisissant les lèvres. Bien que d'une intensité et d'une passion peu commune ce baiser était aussi tendre et amoureux. Ils se comportaient comme des automates, leur cerveau était totalement déconnecté, seul leur corps parlaient. Ils continuaient de s'embrasser encore et encore, puis la tentation fut trop fortes et leur mains partirent à la découverte du corps de l'autre dans un ballet aérien. Les vêtements se firent de trop, la chaleur se fit étouffante. Ils entreprirent alors de se dévêtir. Il lui embrassa les seins, elle lui griffa le dos. Il lui caressa les jambes elle lui mordilla le cou. Il étaient musicien sur sa peau brûlante, elle était magicienne et ensorcelait ses sens. Ils se goutèrent, se dégustèrent. Elle se sentit s'envoler vers de lointaine contrés juste en sentant ses mains et sa bouche sur son corps. Elle ne pouvait imaginer ce que serait de le sentir, si puissant, si fort en elle. Elle n'en pouvait plus.

Cuddy : Viens, maintenant.

Elle haletait et geignait, elle entendait son souffle roque tout contre son oreille. Enfin, se fut le début de sa libération, elle allait enfin atteindre le paradis. Il plongea doucement en elle, profita de cette sensation douce et étroite et la danse commença. Doucement d'abords, puis plus rapidement et plus violemment. Ils ne contrôlaient plus rien, c'était juste trop, trop fort, trop bon, trop puissant. Et ils atteignirent le nirvana, épuisés mais repus et satisfait. Il se retira d'elle, s'allongea à ses côté sur le canapé et les recouvrirent d'une couverture qui se trouvait sur le dossier. Il baissa les yeux pour la voir et elle souriait, bêtement heureuse, il souriait avec elle. Ils étaient bien, ensemble.

House : Alors, heureuse?

Elle ria tout contre son torse. Elle n'en attendait pas moins de lui cette phrase ridiculement présomptueuse pour alléger cet air lourd de tension sexuelle.

Cuddy : Je ne l'ai jamais autant été.

Elle sentit la fatigue l'envelopper et s'endormit contre son amant. Il écouta sa respiration se faire plus lente et plus calme et s'endormit lui aussi.

Fin


Encore un grand bravo, et merci à tous, félicitation aux gagnants, et pour les derniers, vous ferez mieux la prochaine fois : les grands auteurs se sont pas fait en 1 jour ;)

Et un grand merci à Mélanie pour avoir obligé Tritter à nous rendre les prix xD
   
   

__________________________




BO'NZ is HOT !


Ban' by Shadow


Dernière édition par Mew le Mer 2 Déc - 00:16 (2009); édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer 28 Oct - 23:10 (2009)    Sujet du message: Publicité
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MessagePosté le: Mer 28 Oct - 23:33 (2009)    Sujet du message: [Concours n°1] Résultats Répondre en citant
Han bah... merci (On n'y pensait meme plus ça fait tellement longtemps lol)
(Elle donne envie la récompense House15 La prochaine fois, on les gagne en "vrai"? lol)
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Margot57
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MessagePosté le: Dim 1 Nov - 14:43 (2009)    Sujet du message: [Concours n°1] Résultats Répondre en citant
Thannnxs c'est super chouette House16
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:13 (2018)    Sujet du message: [Concours n°1] Résultats
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